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Il est trois heures de l’après-midi et la ville semble s’être arrêtée. Le soleil frappe les façades, le bitume renvoie la chaleur accumulée depuis le matin et les terrasses, pourtant pleines quelques heures plus tôt, se sont vidées. On marche à l’ombre des immeubles en espérant un courant d’air qui ne vient pas. Dans les appartements, les volets sont fermés depuis midi, les ventilateurs brassent un air devenu tiède et les fenêtres resteront closes jusqu’à la nuit. Une nuit dont on sait déjà qu’elle ne rafraîchira presque rien.

Les étés sont devenus plus difficiles à supporter dans les plaines et les grandes vallées. Lorsque les températures dépassent 35 °C plusieurs jours de suite, la chaleur s’accumule dans les murs, les rues et les sols. Les nuits tropicales se multiplient, particulièrement dans les villes, et le thermomètre peine parfois à redescendre sous les 25 °C avant le lever du jour. On cherche l’ombre, on rêve de pouvoir ouvrir les fenêtres chez soi. Parfois on en vient à espérer l’orage.

À quelques dizaines de kilomètres seulement, les Alpes offrent pourtant d’autres étés.

Il suffit parfois de prendre de l’altitude, de remonter une vallée, de franchir un col ou de s’installer au bord d’un torrent pour changer complètement d’atmosphère. Là-haut, le soleil reste puissant et les journées peuvent être chaudes, mais l’air circule davantage, les soirées refroidissent rapidement et les nuits permettent souvent de retrouver le plaisir d’une couverture légère sur le lit.

Il n’existe cependant pas un lieu unique où trouver la fraîcheur. Certaines stations doivent leur climat estival à leur altitude, d’autres à leur situation sur un versant ou un plateau bien ventilé. Les cols profitent du brassage permanent des masses d’air, les lacs et les torrents modèrent localement les températures, les forêts offrent une ombre précieuse et certaines vallées se trouvent protégées du soleil de fin de journée par de hautes montagnes.

Pour choisir son refuge estival dans les Alpes, mieux vaut donc comprendre ce qui fait réellement la fraîcheur d’un lieu.

Prendre de l’altitude pour retrouver les nuits fraîches de l’été alpin

Le premier réflexe consiste évidemment à monter.

Dans l’atmosphère libre, la température diminue en moyenne d’environ 0,6 à 0,7 °C tous les cent mètres. Entre une ville située à 300 ou 400 mètres d’altitude et une station installée vers 1 800 ou 2 000 mètres, l’écart peut donc atteindre une dizaine de degrés en journée, parfois davantage selon les situations météorologiques. Mais c’est surtout la nuit que la différence devient spectaculaire. L’air plus sec, le rayonnement nocturne et l’absence d’îlot de chaleur urbain permettent souvent au thermomètre de redescendre rapidement après le coucher du soleil. La méteo de la montagne a ses particularités !

À Val d’Isère, le village se trouve à 1 850 mètres d’altitude, au fond de la haute vallée de la Tarentaise. Même lorsque la chaleur s’installe sur Chambéry, Grenoble ou Lyon, les soirées y retrouvent rapidement une fraîcheur montagnarde. Les sommets qui dépassent 3 000 mètres, les torrents descendant du parc national de la Vanoise et les possibilités de gagner encore plusieurs centaines de mètres d’altitude grâce aux remontées mécaniques en font une destination particulièrement adaptée aux périodes de canicule.

De l’autre côté des Alpes, Livigno occupe une longue vallée perchée autour de 1 800 mètres, entre les massifs de l’Ortles et de la Bernina. Son altitude élevée, son climat relativement sec et l’ouverture de la vallée favorisent des journées lumineuses et des nuits fraîches. Le lac, les pistes cyclables et les sentiers qui montent vers les vallons latéraux permettent de profiter d’un été alpin particulièrement agréable.

À Montgenèvre, on vit directement sur un col, à 1 860 mètres d’altitude. La station bénéficie à la fois de l’altitude et de la circulation de l’air entre la vallée de la Durance et le val de Suse. Le soleil des Alpes du Sud est généreux, mais les soirées restent généralement agréables et les forêts de mélèzes offrent de nombreuses possibilités de promenades à l’ombre.

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Le Cervin Matterhorn

Plus haut encore, Sestrière s’étend autour de 2 035 mètres sur un vaste col ouvert entre le val Chisone et la haute vallée de Suse. Ici, le paysage est celui des grandes étendues d’altitude. L’air circule librement, les nuits peuvent devenir franchement fraîches et il n’est pas rare de devoir enfiler une veste dès que le soleil disparaît derrière les montagnes.

Au pied du Cervin, Breuil-Cervinia occupe une large cuvette située à environ 2 050 mètres. Les glaciers et les sommets de plus de 4 000 mètres dominent directement le village. Malgré un excellent ensoleillement, l’environnement de haute montagne et l’altitude garantissent des températures nocturnes généralement bien inférieures à celles des grandes vallées.

De l’autre côté du Cervin, Zermatt, installée à 1 620 mètres, est légèrement moins élevée. Mais la possibilité de monter rapidement vers Sunnegga, le Gornergrat ou les alpages situés au-dessus de 2 000 mètres permet de passer les heures les plus chaudes en altitude. Le village sans voitures et les nombreux torrents descendant des glaciers contribuent également à une atmosphère estivale différente de celle des grandes agglomérations.

À Saas-Fee, le village se trouve à environ 1 800 mètres, au fond d’un cirque entouré de sommets dépassant 4 000 mètres. Les glaciers occupent encore une place considérable dans le paysage. Les journées ensoleillées peuvent être douces, mais les soirées refroidissent rapidement, notamment lorsque l’air descend des hautes vallées glaciaires.

Saint-Moritz profite d’une situation particulièrement favorable, à 1 800 mètres d’altitude dans la haute Engadine. La vallée est large, lumineuse, parsemée de lacs et régulièrement parcourue par les vents. Même pendant les épisodes de chaleur qui touchent les basses vallées suisses et italiennes, les nuits restent souvent confortables.

Dans le Queyras, Saint-Véran, l’un des plus hauts villages habités d’Europe, s’étage autour de 2 000 mètres. Le climat sec des Alpes du Sud permet de profiter d’un soleil généreux sans subir les températures nocturnes des plaines provençales. Lorsque le soleil disparaît derrière les sommets, la température chute rapidement.

Même dans les Alpes-Maritimes, l’altitude permet d’échapper à la chaleur méditerranéenne. À Isola 2000, les hébergements se trouvent entre 1 800 et 2 000 mètres, à proximité immédiate de la frontière italienne. Alors que Nice et la Côte d’Azur connaissent parfois des nuits étouffantes, on retrouve ici des soirées fraîches et un véritable climat de montagne.

Choisir un versant ou un balcon plutôt que le fond d’une vallée pour rester au frais

L’altitude ne suffit pourtant pas à expliquer le confort estival d’un lieu. La topographie joue un rôle tout aussi important.

Au fond d’une vallée encaissée, l’air peut devenir immobile et la chaleur s’accumuler pendant la journée. Sur un versant ou un plateau suspendu au-dessus de la vallée, l’air circule davantage et les températures nocturnes baissent plus rapidement.

Avoriaz en offre l’un des meilleurs exemples. Construite à 1 800 mètres d’altitude sur un vaste plateau dominant la vallée de Morzine, la station profite d’un environnement largement ouvert. Les falaises, les alpages et la proximité du massif des Hauts-Forts composent un paysage spectaculaire, tandis que l’absence de voitures et les nombreux sentiers facilitent les déplacements à pied.

En Suisse, Crans-Montana s’étend sur un immense balcon dominant la vallée du Rhône. L’exposition est très ensoleillée, mais la situation en altitude, autour de 1 500 mètres, et l’ouverture du plateau permettent une circulation de l’air bien supérieure à celle du fond de vallée, où les températures estivales peuvent devenir très élevées.

Les différents villages des Arcs occupent eux aussi les pentes dominant la Tarentaise. Arc 1600, Arc 1800 et Arc 1950 permettent de gagner rapidement plusieurs degrés par rapport à Bourg-Saint-Maurice. Les forêts, les sentiers en balcon et les remontées mécaniques donnant accès aux secteurs d’altitude offrent de nombreuses possibilités pour organiser les journées en fonction de la chaleur.

À Puy-Saint-Vincent, les villages et les stations s’étagent entre 1 400 et 1 800 mètres sur un versant dominant la vallée de la Vallouise. L’environnement forestier, l’altitude et la proximité du massif des Écrins créent un cadre particulièrement agréable en été.

Pra-Loup bénéficie d’une situation comparable au-dessus de la vallée de l’Ubaye. Installée sur les pentes dominant Barcelonnette, la station profite d’un climat sec et lumineux, tandis que les forêts et l’altitude permettent de rechercher facilement l’ombre et la fraîcheur.

Dans le val d’Aoste, Chamois est un véritable village suspendu. Accessible uniquement par téléphérique ou à pied, il se trouve sur un balcon situé à plus de 1 800 mètres au-dessus de la vallée de Valtournenche. L’absence de circulation automobile et la présence des alpages renforcent encore cette sensation de calme et de fraîcheur.

Dans l’Oberland bernois, Wengen et Mürren occupent deux terrasses naturelles dominant la vallée de Lauterbrunnen. À plus de 1 200 mètres pour la première et 1 600 mètres pour la seconde, les deux villages profitent de l’air qui circule le long des versants. Mürren, face aux glaciers de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, offre un environnement particulièrement spectaculaire pour échapper aux fortes chaleurs.

Les cols, ces grands couloirs d’air des Alpes

Il suffit parfois de franchir un col pour sentir immédiatement la différence. L’air accélère entre les montagnes, les masses d’air se mélangent et les brises deviennent plus régulières.

Aux Saisies, le village s’étend sur un col situé autour de 1 650 mètres entre le Beaufortain et le val d’Arly. Les paysages sont largement ouverts, avec le massif du Mont-Blanc en toile de fond, et les vastes tourbières du plateau contribuent à créer une atmosphère bien différente des vallées voisines.

Montgenèvre cumule tous les avantages. Altitude élevée, col ouvert, forêts de mélèzes et influence des Alpes du Sud expliquent son confort estival.

En Suisse, Les Mosses occupent un col situé à près de 1 450 mètres entre le Pays-d’Enhaut et la vallée des Ormonts. Les prairies, les zones humides et les forêts donnent au paysage une fraîcheur naturelle particulièrement appréciable.

À Sestrière, enfin, la situation sur un vaste col à plus de 2 000 mètres accentue encore l’effet de l’altitude. Même au cœur de l’été, les soirées rappellent que l’on se trouve dans un environnement de haute montagne.

Dormir près d’un lac ou écouter couler un torrent en profitant de la fraîcheur de l’eau

L’eau ne fait pas toujours baisser fortement la température de l’air, mais elle transforme profondément la manière dont on ressent l’été. La proximité d’un lac, d’une rivière ou d’un torrent crée des microclimats, favorise localement les brises et offre surtout des espaces où l’on peut marcher, se baigner ou simplement rester à l’ombre au bord de l’eau.

Au pied des Dolomites de Brenta, Molveno s’étend au bord d’un grand lac situé à plus de 800 mètres d’altitude. Les montagnes plongent directement vers l’eau et les forêts couvrent une grande partie des rives. Les baignades, les promenades et les sentiers montant vers les plateaux d’altitude permettent d’adapter facilement les journées aux températures.

Dans les Dolomites, Dobbiaco bénéficie de la proximité de plusieurs lacs, dont celui qui porte son nom, mais aussi d’un vaste environnement forestier. À plus de 1 200 mètres, entre la haute vallée de la Drave et les sommets dolomitiques, le village constitue une excellente base estivale.

En Engadine, Silvaplana profite de la présence de son lac et du célèbre vent de Maloja, qui se lève régulièrement pendant les après-midi d’été. À 1 815 mètres d’altitude, le village combine ainsi eau, altitude et circulation de l’air.

À Curon Venosta, le lac de Resia occupe un vaste plateau situé à près de 1 500 mètres. Le célèbre clocher émergeant de l’eau attire les visiteurs, mais le véritable intérêt est ailleurs : les vents réguliers, les montagnes environnantes et l’altitude créent un environnement estival particulièrement agréable.

Davos, installé autour de 1 560 mètres, possède également son lac. Les forêts, les vallées latérales et la possibilité de monter rapidement vers les alpages permettent de rechercher la fraîcheur tout au long de la journée.

Il ne faut pas non plus oublier les villages traversés par les grandes rivières alpines et les torrents. Dans la vallée de Gressoney, le Lys descend directement des glaciers du Mont Rose. Les villages de Gressoney-Saint-Jean et Gressoney-La-Trinité vivent au rythme de cette eau froide qui traverse les forêts et les prairies.

Plus bas dans les vallées, dormir près d’un torrent peut parfois offrir un confort supérieur à celui d’un village plus élevé mais installé sur un versant sec et très exposé au soleil.

Lacs de l'Engadine
Les lacs de l’Engadine

Chercher l’ombre fraîche des grandes forêts alpines

Lorsqu’il fait chaud, la forêt devient un refuge.

Sous les épicéas, les sapins et les mélèzes, le rayonnement solaire est fortement réduit. L’humidité des sols et l’évapotranspiration des arbres contribuent également à créer une ambiance plus fraîche.

La haute Engadine possède de magnifiques forêts de mélèzes et d’aroles. Autour de Saint-Moritz, Pontresina ou Sils, il est possible de marcher pendant des heures à l’ombre avant de rejoindre les lacs ou les vallées d’altitude.

Dans l’Oberland bernois, les forêts couvrent une grande partie des versants. Autour de Grindelwald, Lauterbrunnen, Kandersteg ou Meiringen, les chemins pénètrent rapidement sous les arbres et longent souvent des torrents ou des cascades.

La vallée de Chamonix profite elle aussi de vastes secteurs boisés. Les sentiers du Petit Balcon Nord et du Petit Balcon Sud permettent de marcher sous les arbres tout en profitant régulièrement de vues sur le massif du Mont-Blanc.

À Serre Chevalier, les forêts de mélèzes constituent l’une des grandes richesses de la vallée. Elles permettent de randonner à l’ombre entre Briançon et Le Monêtier-les-Bains, avant de gagner les alpages et les lacs d’altitude.

Le val d’Abondance, plus humide, offre un paysage encore différent. Les forêts, les prairies et les torrents créent une ambiance verdoyante qui contraste avec les vallées plus sèches des Alpes internes.

Dans le Tyrol et le Sud-Tyrol, de nombreuses vallées associent forêts profondes, torrents et villages d’altitude. Le Zillertal, l’Ötztal, le Val Pusteria ou les vallées autour de Merano permettent de rejoindre rapidement des secteurs boisés lorsque la chaleur devient trop forte dans les fonds de vallée.

Vacances dans le Parc du Grand Paradis
Cogne

Profiter de l’ombre des montagnes

Il existe enfin un critère souvent oublié : l’heure à laquelle le soleil disparaît.

Une vallée entourée de hautes montagnes à l’ouest peut perdre le soleil plusieurs heures avant une plaine ouverte. Dès que l’ombre gagne les maisons et les rues, les surfaces cessent d’accumuler de la chaleur et l’air commence à se refroidir.

À Kranjska Gora, les sommets des Alpes juliennes dominent directement la vallée. Les forêts et les hautes parois du Triglav créent de vastes zones ombragées, particulièrement agréables en fin de journée.

À Cogne, la vallée s’enfonce profondément dans le massif du Grand-Paradis. Les montagnes dépassant 3 000 et 4 000 mètres entourent le village et accélèrent l’arrivée de l’ombre en soirée. Les torrents, les forêts et les prairies d’altitude complètent ce climat montagnard.

À Courmayeur, le choix du quartier peut même avoir son importance. Le centre-ville profite d’un bon ensoleillement, mais Dolonne et surtout Entrèves se trouvent directement sous les immenses versants du massif du Mont-Blanc. En fin d’après-midi, l’ombre descend rapidement sur certains secteurs et les températures deviennent plus agréables.

Dans les Alpes, quelques kilomètres, quelques centaines de mètres d’altitude ou une simple différence d’exposition peuvent donc modifier profondément la sensation de chaleur.

Séjour à la montagne en Haute-Savoie
Chamonix et sa vallée

La proximité des glaciers : quand la haute montagne envoie son air froid vers les vallées

Il existe enfin un phénomène particulièrement sensible dans les vallées dominées par de grands massifs glaciaires. Pendant la journée, le soleil réchauffe les versants rocheux et met l’air en mouvement, mais dès que l’ombre gagne les sommets et que le rayonnement solaire diminue, l’air froid, plus dense, formé au contact des glaciers et des névés commence à descendre le long des pentes. Ces vents catabatiques s’écoulent dans les vallons, suivent les torrents glaciaires et peuvent atteindre les villages situés plusieurs centaines, voire plus de mille mètres en contrebas. On ressent alors très concrètement la présence des glaciers : en quelques dizaines de minutes, l’atmosphère change, un souffle frais parcourt la vallée et la température baisse rapidement, même après une journée très ensoleillée.

C’est particulièrement perceptible dans les vallées du massif du Mont-Blanc.

À Chamonix-Mont-Blanc, l’air froid descend des glaciers d’Argentière, du Tour, des Bossons ou de la Mer de Glace et contribue au refroidissement nocturne de la vallée, avec des différences sensibles selon les quartiers et leur proximité avec les couloirs glaciaires. À Courmayeur, les vallées de Ferret et de Vény s’enfoncent profondément entre les glaciers du versant italien du Mont-Blanc et constituent de magnifiques refuges pendant les journées chaudes.

Le même phénomène accompagne les soirées à Zermatt, dominée par l’immense système glaciaire du Mont Rose, à Saas-Fee, entourée d’une couronne de sommets de plus de 4 000 mètres, ou dans la vallée de Gressoney, où les eaux froides du Lys descendent directement des glaciers du Mont Rose.

À Cogne, les vallons de Valnontey et de Lillaz conduisent eux aussi vers les glaciers du Grand-Paradis et produisent, le soir venu, cette sensation caractéristique des grandes vallées glaciaires : alors que le soleil vient à peine de disparaître derrière les sommets, on ferme la terrasse, on remet une veste et l’on comprend que, dans certaines régions des Alpes, la fraîcheur estivale ne dépend pas seulement de l’altitude, mais aussi de cette immense réserve de froid suspendue au-dessus des villages.

Parc Naturel dans les Dolomites: Panneveggio e Pale di san Martino
Lago Welsperg

Trouver la fraîcheur pendant l’été alpin

Chercher la fraîcheur ne consiste pas nécessairement à trouver le village le plus haut des Alpes.

Il faut regarder une carte, observer l’altitude, comprendre l’orientation des vallées, repérer les forêts, les lacs, les torrents et les cols. Il faut se demander à quelle heure le soleil disparaît derrière les montagnes, si l’air circule pendant la journée et si les nuits permettent réellement aux maisons de se rafraîchir.

Un village situé à 1 500 mètres au bord d’un torrent et entouré de forêts peut offrir un meilleur confort qu’une station plus haute installée sur un versant minéral exposé au soleil jusqu’à vingt et une heures. Un plateau ventilé peut être plus agréable qu’un fond de vallée encaissé. Un village dominé par une haute chaîne montagneuse à l’ouest peut retrouver la fraîcheur plusieurs heures avant une station pourtant située à la même altitude.

C’est toute la richesse des Alpes.

Il n’existe pas une destination idéale, mais une multitude de refuges possibles.

Lorsque les villes étouffent, que le bitume reste chaud longtemps après le coucher du soleil et que les nuits ne permettent plus de récupérer, il suffit parfois de remonter une vallée ou de se rapprocher d’un des grands lacs alpins.

La route traverse les derniers villages de plaine, s’élève entre les forêts, franchit les mille mètres, puis les mille cinq cents. Les fenêtres s’ouvrent. L’air devient plus léger. Un torrent apparaît au bord de la route. Les sommets se rapprochent.

Et lorsque l’on arrive enfin, le soleil brille encore.

Mais il suffit d’attendre quelques heures.

L’ombre descend progressivement des montagnes, l’air se rafraîchit, les fenêtres restent ouvertes et, quelque part au milieu de la nuit, on se réveille presque surpris d’avoir froid.

C’est peut-être cela, aujourd’hui, le véritable luxe d’un été dans les Alpes.

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