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En été, la montagne offre bien des refuges contre la chaleur. Il y a les forêts d’altitude, les bords de lacs et les cols balayés par le vent. Mais il existe un autre monde, plus secret encore : celui des gorges.

En Pays de Savoie, certaines rivières ont patiemment entaillé le calcaire pendant des milliers d’années, creusant des failles profondes où le soleil pénètre difficilement. On y marche au-dessus de torrents émeraude, entre des parois parfois hautes de plusieurs dizaines de mètres, dans une fraîcheur presque irréelle lorsque la plaine suffoque.

Les gorges du Pont du Diable, les gorges de la Diosaz, les gorges du Fier et les gorges du Sierroz ont chacune leur personnalité. Certaines évoquent des canyons secrets, d’autres de véritables cathédrales minérales ou des décors de légendes. Toutes ont un point commun : elles offrent l’une des plus belles façons de découvrir la montagne autrement, au plus près de l’eau, de la roche et du temps géologique.

Les gorges du Pont du Diable : un canyon mystérieux au cœur du Chablais

Trouver la fraîcheur aux gorges du Pont du Diable
Les gorges du Pont du Diable

Entre Thonon-les-Bains et Morzine, la route de la vallée d’Aulps traverse une succession de villages avant de pénétrer dans les forêts du Chablais. Rien ne laisse présager qu’à quelques mètres de la départementale se cache l’un des plus spectaculaires canyons de Haute-Savoie.

Les gorges du Pont du Diable sont nées à la fin de la dernière glaciation. La Dranse de Morzine, alimentée par la fonte des glaciers, a progressivement creusé un étroit passage dans le calcaire, sculptant un véritable gouffre dont certaines parois dépassent cinquante mètres de hauteur. Le site est classé depuis 1908 et fait aujourd’hui partie du Géoparc mondial UNESCO du Chablais.

La visite possède quelque chose de théâtral. Après avoir traversé une hêtraie fraîche et ombragée, le sentier plonge brusquement par de grands escaliers métalliques. L’air se refroidit immédiatement. Le grondement de la Dranse remonte du fond du canyon tandis que d’immenses blocs semblent suspendus entre les falaises. Les passerelles permettent d’observer de près le travail de l’eau : des marmites de géants, des cavités parfaitement circulaires et des parois polies comme de la pierre précieuse.

Le nom même du lieu nourrit l’imaginaire. Selon une légende locale, le Diable aurait construit ici un pont afin de s’emparer de l’âme du premier voyageur qui l’emprunterait. Les habitants, plus malins que lui, y auraient fait traverser un chat ou un chien, provoquant la colère du démon qui disparut dans les profondeurs du canyon.

La fraîcheur est permanente. Même lors des fortes chaleurs de juillet ou d’août, la température y reste étonnamment agréable grâce à l’humidité et à l’ombre permanente des falaises.

La visite dure environ une heure et demande de descendre puis de remonter quelque 120 mètres de dénivelé par des escaliers bien aménagés. Un parking gratuit se trouve à l’entrée du site, accessible depuis la D902. Il est également possible d’y venir en bus grâce à la ligne interurbaine Thonon-Morzine.

Les environs offrent de nombreuses idées de découvertes. À moins de quinze kilomètres se trouvent le lac du Jotty et son barrage, le village médiéval de Saint-Jean-d’Aulps, l’abbaye d’Aulps, le lac Léman ou encore Morzine et les Portes du Soleil. Les gorges constituent une excellente excursion si vous séjournez sur les rives du Léman ou dans les stations du Chablais.

Les gorges de la Diosaz : un défilé de cascades au pied du Mont-Blanc

Trouver la fraîcheur aux gorges de la Diosaz
Les gorges de la Diosaz

À Servoz, entre Passy et Chamonix, la vallée de l’Arve se rétrécit brusquement. Les grandes parois de granite du massif du Mont-Blanc se rapprochent et les torrents dévalent de partout. C’est ici que la Diosaz a creusé l’un des plus beaux canyons des Alpes françaises.

La visite débute au bord de la forêt. Très vite, le chemin se transforme en un parcours de passerelles suspendues, de ponts métalliques et d’escaliers accrochés à la roche. Le torrent bondit de cascade en cascade, disparaît dans des failles étroites, réapparaît dans des bassins d’eau émeraude puis s’engouffre de nouveau dans le canyon.

La Diosaz est différente des autres gorges savoyardes. Ici, tout est vertical. Les falaises de granite semblent se refermer au-dessus du visiteur tandis que l’eau tombe parfois de plusieurs dizaines de mètres dans un grondement permanent. L’ambiance est presque tropicale : mousses épaisses, fougères géantes, humidité constante et lumière tamisée.

Le site fut aménagé dès le XIXe siècle sous l’impulsion d’Achille Cazin, qui souhaitait permettre à tous de découvrir cette merveille naturelle. Aujourd’hui encore, le parcours conserve un côté aventure qui plaît autant aux enfants qu’aux adultes.

La promenade aller-retour représente environ 2,5 kilomètres et près de 600 marches. Comptez entre une heure et demie et deux heures pour profiter pleinement des lieux.

Le site des Gorges de la Diosaz est généralement ouvert de juin à septembre, sous réserve des conditions météorologiques. Un parking gratuit est aménagé à l’entrée des gorges. Servoz est également desservi par le Mont-Blanc Express, dont la gare se situe à une quinzaine de minutes à pied. Des lignes de bus de la vallée de Chamonix permettent également d’y accéder.

Les environs sont exceptionnels. À quelques kilomètres seulement, vous pouvez rejoindre Chamonix et l’Aiguille du Midi, le plateau d’Assy, le lac de Passy ou encore les villages des Houches et de Servoz, qui ont conservé une remarquable architecture montagnarde. Les gorges constituent une halte parfaite lors d’un séjour dans la vallée du Mont-Blanc.

Les gorges du Fier : un monde secret aux portes d’Annecy

Est-ce que les gorges du Fier sont profondes?
Passerelle le long des Gorges du Fier

Il est difficile de croire qu’à dix minutes d’Annecy se cache un canyon aussi spectaculaire.

Depuis le petit village de Lovagny, un sentier forestier conduit vers les gorges. Soudain, le sol semble se dérober. Une faille profonde s’ouvre entre deux parois calcaires et le Fier apparaît, trente mètres plus bas, dans un vacarme d’écume et de tourbillons.

Les gorges du Fier mesurent environ 250 mètres de longueur et présentent par endroits une largeur de quelques mètres seulement. Les falaises atteignent une cinquantaine de mètres de hauteur et créent une atmosphère presque irréelle.

La découverte se fait grâce à une passerelle métallique fixée directement dans la roche depuis plus de cent cinquante ans. On avance lentement, suspendu au-dessus du torrent, tandis que l’eau a sculpté des formes étonnantes : marmites de géants, vagues de pierre, cavités et reliefs qui semblent parfois dessiner des visages.

Le lieu est empreint de mystère. Les légendes locales évoquent des fées, des esprits ou encore des amours tragiques liées au château voisin de Montrottier. Lorsque la lumière se fait plus douce en fin de journée et que le grondement de l’eau résonne dans les parois, l’imagination travaille facilement.

La visite est courte, environ une heure, et parfaitement adaptée aux familles. Un parking gratuit se trouve à l’entrée du site. Les gorges du Fier sont ouvertes du printemps jusqu’à la mi-octobre.

Leur situation est idéale pour compléter une journée autour du lac d’Annecy. À quelques minutes se trouvent le château de Montrottier, la vieille ville d’Annecy, les plages du lac ou encore le Semnoz. Les gorges constituent probablement l’une des excursions les plus originales à faire lors de vacances autour d’Annecy.

Les gorges du Sierroz : le canyon romantique d’Aix-les-Bains

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Les gorges du Sierroz

Le lac du Bourget évoque spontanément les plages, les bateaux et les couchers de soleil. On oublie souvent qu’à quelques kilomètres seulement du rivage se cache un autre univers.

À Grésy-sur-Aix, le Sierroz a creusé au fil des siècles un canyon spectaculaire dans les calcaires savoyards. Les gorges furent l’une des grandes attractions touristiques de la Belle Époque. Les curistes d’Aix-les-Bains venaient y chercher fraîcheur et émotions après leurs soins thermaux.

Le lieu est même entré dans l’histoire littéraire française. C’est ici qu’Alphonse de Lamartine aurait vécu l’un des épisodes marquants de sa relation avec Julie Charles, immortalisée ensuite dans son célèbre poème Le Lac.

Aujourd’hui, la promenade permet de redécouvrir ce site romantique. Le chemin aménagé descend progressivement vers le fond des gorges du Sierroz. Les falaises se rapprochent, la lumière devient plus tamisée et l’on retrouve cette sensation de fraîcheur qui faisait autrefois la réputation du lieu.

Le Sierroz bondit entre les rochers, forme des cascades et des vasques d’eau claire. La végétation est abondante : mousses, fougères et grands arbres créent une ambiance presque secrète, à quelques minutes seulement de l’agitation d’Aix-les-Bains.

La visite des gorges est facile et particulièrement agréable en famille. Elle dure environ une heure. Un parking permet de rejoindre directement l’entrée des gorges.

À moins de quinze kilomètres, les idées de découvertes ne manquent pas : Aix-les-Bains et ses thermes, l’esplanade du lac du Bourget, le belvédère du Revard, le village de Brison-Saint-Innocent ou encore l’abbaye d’Hautecombe.

Les gorges du Sierroz constituent sans doute l’une des plus belles surprises du bassin aixois : un petit canyon romantique où l’on vient autant chercher un peu de fraîcheur qu’une parenthèse de nature et de poésie à proximité du plus grand lac naturel de France.

Crédit Photos

Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/74/Gorges_du_Pont_du_Diable_%2869%29.jpg

Christophe Jacquet, CC BY-SA 2.5 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5, via Wikimedia Commons//https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cb/Gorges_de_la_Diosaz.jpg

Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons//https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6d/Gorges_du_Sierroz_en_milieu_de_journ%C3%A9e_%28%C3%A9t%C3%A9_2021%29_1.JPG

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