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Il suffit de quelques kilomètres pour avoir l’impression de changer de région.

Depuis Chambéry, la route quitte rapidement les quartiers de Bassens et de Saint-Alban-Leysse. Elle commence à grimper en direction des premiers contreforts du massif des Bauges. Les maisons s’espacent progressivement, les prés réapparaissent, les forêts se rapprochent et l’horizon s’ouvre sur les montagnes. En une vingtaine de minutes à peine, on quitte la ville pour entrer dans un autre rythme.

Bienvenue à Curienne.

Perché autour de 700 mètres d’altitude sur un vaste balcon du massif des Bauges, le village possède quelque chose de particulier. Il est suffisamment haut pour vivre pleinement les saisons de la montagne, mais suffisamment proche de Chambéry pour ne jamais avoir le sentiment d’être isolé.

L’hiver y est souvent blanc alors que la plaine est simplement grise. Les printemps y sont plus tardifs et explosent soudainement dans les prairies. L’été y est plus frais et les soirées se prolongent agréablement sur les terrasses. Quant à l’automne, il embrase les hêtraies des Bauges de couleurs flamboyantes.

À Curienne, on ne vient habiter un village et vivre un certain rapport au temps et à la montagne.

Un balcon suspendu entre Chambéry et les Bauges

Curienne appartient au Parc naturel régional du Massif des Bauges. La commune s’étend sur un plateau à l’abri des vents d’ouest et du soleil infini des soirs d’été. La vue sur les sommets proches des Bauges donne à la fois de la hauteur et de l’espace.

Cette situation géographique est extrêmement agréable dans le contexte actuel d’augmentation des températures.

Au Nord le mont Peney et le Margeriaz ferment l’horizon. A l’Est, la pointe de la Galoppaz.

Vers l’ouest, la forêt remonte les pentes du Mont Saint Michel (et oui, il y en a un aussi en Savoie).

Cette géographie explique aussi le climat.

À près de 900 mètres d’altitude, les températures sont sensiblement plus fraîches qu’en plaine. Lors des épisodes de canicule, quelques degrés de moins font une différence très sensible. L’air y est plus sec, les nuits restent agréables et les premières neiges arrivent généralement plusieurs semaines avant Chambéry.

On comprend alors pourquoi de nombreuses familles ont choisi de s’installer ici.

Curienne, la montagne à deux pas de Chambéry
Paysage autour de Curienne

Une histoire de montagne discrète mais ancienne

Curienne n’est pas un village qui cherche à impressionner. Son histoire se découvre lentement, au fil des chemins et des hameaux.

Le territoire est occupé depuis longtemps. Sa situation de passage entre les premiers reliefs des Bauges et la vallée de Chambéry a favorisé une présence humaine ancienne, essentiellement tournée vers l’agriculture et l’élevage.

Quelques éléments rappellent encore aujourd’hui cette histoire.

L’ancienne tour de Curienne constitue l’un des témoignages les plus singuliers du passé local. Cette tour médiévale, dont subsistent plusieurs vestiges, rappelle que le village se trouvait autrefois dans un territoire organisé et surveillé, à proximité des voies de circulation reliant la cluse de Chambéry aux vallées intérieures des Bauges.

Mais l’histoire de Curienne est surtout celle d’une montagne habitée.

Pendant des siècles, les habitants ont vécu de la polyculture et de l’élevage. Les prés étaient soigneusement entretenus, les forêts exploitées pour le chauffage et la construction, et chaque parcelle de terrain possédait sa fonction précise. Un ancien four est là pour rappeler cette coutume de la cuisson du pain dans un lieu commun.

Cette histoire est encore parfaitement lisible aujourd’hui.

Les hameaux s’égrènent sur le versant sans véritable concentration urbaine. Les anciennes fermes en pierre côtoient des maisons plus récentes, mais l’ensemble a conservé une échelle humaine particulièrement agréable.

Une des plus belles vues sur Chambéry: la chapelle du Mont Saint Michel

Saint-Michel : le sommet qui veille sur Curienne

S’il existe un lieu qui résume l’esprit de Curienne, c’est sans doute le Mont Saint-Michel.

Ce promontoire domine la commune et constitue l’une des plus belles destinations de promenade de tout le bassin chambérien.

La montée débute dans les prés avant de pénétrer dans une belle forêt de feuillus. Le sentier prend progressivement de la hauteur sans difficulté particulière.

Puis le paysage s’ouvre brusquement.

La petite chapelle Saint-Michel apparaît au sommet de sa butte herbeuse. L’endroit possède quelque chose d’intemporel. Depuis des siècles, cette modeste chapelle veille sur les villages environnants. C’est certes une vieille chapelle qui semble complètement désaffectée, mais les ruines, à quelques dizaines de mètres de l’ancienne chapelle, dont on ne distingue plus que quelques pans de mur et l’emplacement de l’autel dans la forêt donnent un côté mystique aux lieux.

Le panorama est immense.

Le regard balaie toute la cluse de Chambéry, le lac du Bourget, le massif de la Chartreuse, la chaîne de l’Épine et les pentes au nord du massif de Belledonne, enneigées une grande partie de l’année..

Autour de la chapelle s’étendent également de remarquables pelouses sèches. Ce milieu naturel, relativement rare en montagne, accueille une flore particulièrement riche où s’épanouissent de nombreuses orchidées sauvages au printemps.

On comprend rapidement pourquoi ce sommet est si apprécié des habitants. Il est à la fois un lieu de promenade, de contemplation et de mémoire.

Paysage de la Combe de Savoie depuis Saint Michel
Combe de Savoie depuis Saint Michel

La Thuile : une autre montagne commence

En poursuivant la route au-delà de Curienne, on atteint rapidement La Thuile.

Le paysage change progressivement. Les espaces ouverts deviennent plus vastes, les forêts plus présentes, les prairies plus montagnardes. On a véritablement le sentiment de pénétrer plus profondément dans le massif des Bauges.

La Thuile possède un charme particulier. Le village s’organise autour de quelques maisons, de fermes et de prés qui semblent installés là depuis toujours. C’est un petit hameau à presque 900 mètres d’altitude en bordure d’un petit lac rafraîchissant.

L’hiver y est souvent plus rigoureux qu’à Curienne. La neige s’y maintient davantage et les paysages prennent rapidement des allures de carte postale alpine.

L’été, au contraire, les alpages et les clairières offrent une sensation de calme et de fraîcheur particulièrement agréable.

La Thuile constitue aussi un excellent point de départ vers plusieurs itinéraires de randonnée du massif des Bauges. Le sentier du Col du Mont qui mène à la Roche du Guet, en aplomb de la Combe de Savoie, offre de belles vues panoramiques sur le massif de Belledonne, la Lauzière et au loin, le sommet du Mont Blanc.

Cinq belles randonnées autour de Curienne

Le Mont Saint-Michel reste naturellement la randonnée emblématique de la commune. Comptez environ deux heures aller-retour pour rejoindre la chapelle et profiter de l’un des plus beaux panoramas de l’agglomération chambérienne.

Le Sentier des Planètes constitue une autre promenade remarquable. Cet itinéraire original transforme la randonnée en voyage astronomique. Chaque portion du parcours représente les distances entre les planètes du système solaire à une échelle réduite. Les enfants comme les adultes apprécient cette manière ludique de marcher tout en découvrant l’univers.

Les marcheurs peuvent également rejoindre le Mont Peney. Cette longue crête forestière offre plusieurs points de vue exceptionnels sur la vallée de Chambéry et la chaîne de Belledonne.

Depuis Curienne, il est aussi possible de gagner les premiers plateaux de la Féclaz. Les sentiers traversent des forêts de hêtres et de sapins avant de déboucher progressivement sur les grandes clairières du plateau.

Enfin, plusieurs boucles relient les différents hameaux de Curienne et de La Thuile. Ces itinéraires sont particulièrement agréables au printemps ou en automne. Ils permettent de découvrir une montagne douce, habitée, où les paysages alternent constamment entre forêts, prairies et points de vue ouverts, comme celui de la Roche du Guet.

L’un des grands plaisirs de ces randonnées est précisément leur diversité. Ici, la montagne se laisse découvrir progressivement. Elle n’est jamais brutale.

Lac de la Thuile près de Curienne
Lac de la Thuile près de Curienne

Une porte d’entrée vers les Bauges touristiques

Curienne constitue également un remarquable camp de base pour découvrir l’ensemble du massif.

En quinze minutes à peine, on rejoint les plateaux de la Féclaz et de Savoie Grand Revard. L’hiver, plus de 150 kilomètres de pistes de ski nordique y sont entretenus. L’été, ces mêmes plateaux deviennent un immense terrain de randonnée et de VTT.

En poursuivant vers le sud-est, la route conduit aux Aillons-Margeriaz.

Cette station familiale des Bauges possède une personnalité très différente du Revard. Les grandes falaises calcaires du Margeriaz dominent le paysage et donnent davantage l’impression d’une montagne alpine plus affirmée.

Les randonnées y sont nombreuses, tout comme les itinéraires de raquettes et de ski de fond en hiver.

Cette proximité immédiate avec les principaux sites touristiques des Bauges constitue l’un des grands atouts de Curienne.

On peut vivre à la montagne sans jamais manquer d’idées de balades ou d’activités.

Vivre à la montagne près de Chambéry à Curienne
Curienne en hiver

Pourquoi il fait bon vivre à Curienne

La réponse tient finalement en quelques minutes de route.

En descendant vers la vallée, le centre commercial de Bassens se rejoint en quinze à vingt minutes selon les conditions de circulation. Chambéry et ses services sont à peine plus loin.

Et pourtant, lorsqu’on remonte le soir à Curienne, on a réellement l’impression de rentrer en montagne.

La différence est particulièrement sensible en hiver.

La neige apparaît parfois dès les premiers lacets, après Barby. Les toits blanchissent rapidement, les prés se couvrent d’un manteau neigeux et l’ambiance change complètement.

L’été apporte le contraste inverse. Lorsque la chaleur s’installe dans la cuvette chambérienne, Curienne bénéficie de températures plus agréables et de soirées remarquablement fraîches.

La commune dispose des principaux services du quotidien et bénéficie de la proximité immédiate de l’ensemble de l’agglomération chambérienne.

La vie associative y est active et la présence permanente de la nature offre un cadre particulièrement apprécié des familles.

Les amateurs de gastronomie trouvent également plusieurs bonnes adresses dans les environs immédiats, entre tables traditionnelles des Bauges et restaurants de Chambéry accessibles en quelques minutes.

Mais ce qui séduit le plus reste sans doute cette sensation de respiration.

À Curienne, les départs de randonnée commencent souvent au bout de la rue. Les forêts sont accessibles à pied. Les enfants grandissent dans un environnement où l’on connaît encore les saisons, les premières neiges, les foins de juin et les couleurs flamboyantes de l’automne.

Finalement, Curienne n’est ni un village-dortoir de Chambéry ni une commune isolée du massif des Bauges.

C’est un entre-deux particulièrement réussi. Un village qui vit pleinement au rythme de la montagne, avec ses saisons, sa lumière et ses paysages, tout en gardant la ville à portée de main.

Et c’est peut-être cette alliance, devenue rare aujourd’hui, qui explique pourquoi l’on vient souvent à Curienne par curiosité… et pourquoi beaucoup finissent par avoir envie d’y rester.

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