À l’extrémité orientale du Südtirol/Alto Adige, la Val Pusteria/Pustertal s’élève doucement vers la frontière autrichienne avant de rencontrer les premières grandes murailles des Dolomites. La vallée est encore large, tapissée de prés et de forêts sombres, mais les reliefs changent déjà de visage. Au sud, les cimes calcaires surgissent au-dessus des épicéas ; leurs tours pâles accrochent la lumière du matin, rosissent en fin de journée et découpent dans le ciel l’une des silhouettes les plus reconnaissables des Alpes. C’est ici, entre environ 1 200 et 1 300 mètres d’altitude, que se succèdent trois villages qui permettent d’approcher les Dolomites de trois manières différentes : Dobbiaco/Toblach, carrefour de vallées, de lacs et de routes historiques ; San Candido/Innichen, petite cité marchande au patrimoine religieux exceptionnel ; et Sesto/Sexten, village de montagne blotti au pied d’un cadran solaire naturel formé par les sommets.
Ils ne sont séparés que par quelques kilomètres, reliés par le train, la route et une piste cyclable, mais chacun possède une identité immédiatement perceptible. Dobbiaco/Toblach respire l’espace : le regard y file vers la Val di Landro/Höhlensteintal, les pâturages et le lac, tandis que les trains glissent dans le fond de la vallée et que les skieurs de fond se retrouvent à la Nordic Arena. San Candido/Innichen concentre autour de ses ruelles, de ses façades colorées et de sa collégiale romane une densité historique presque inattendue à cette altitude. Sesto/Sexten, enfin, appartient déjà pleinement aux Dolomites : les montagnes s’y rapprochent, la vallée devient plus intime et la Val Fiscalina/Fischleintal ouvre une voie spectaculaire vers le parc naturel Tre Cime/Drei Zinnen.
Découvrir ces trois villages, c’est parcourir une transition. Celle qui mène de la large vallée alpine vers les hautes parois minérales, du monde agricole du Südtirol aux sentiers d’altitude, des clochers baroques aux refuges posés au pied des Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen. L’été, on marche au bord des lacs, sous les mélèzes et dans les vallées où l’odeur de la résine se mêle à celle des prairies fraîchement coupées. L’hiver, le froid saisit dès la sortie du train, la neige étouffe les bruits et les pistes de fond relient les villages sous un ciel souvent d’un bleu intense.
Le climat de la Haute Val Pusteria/Hochpustertal : altitude, lumière et grands écarts de température
Un haut plateau alpin soumis à des hivers rigoureux
La Haute Val Pusteria/Hochpustertal se situe déjà nettement au-dessus de 1 100 mètres d’altitude. Dobbiaco/Toblach s’étend autour de 1 200 mètres, San Candido/Innichen se trouve à environ 1 175 mètres et le centre de Sesto/Sexten atteint approximativement 1 310 mètres. Cette altitude, associée à la position orientale et relativement continentale de la vallée, explique des hivers plus froids que dans de nombreuses autres destinations des Dolomites.
Les nuits hivernales peuvent être particulièrement rigoureuses. Par temps calme et dégagé, l’air froid descend des versants et s’accumule dans les fonds de vallée, provoquant des inversions thermiques marquées. Le matin, les prés, les toits et les branches sont parfois recouverts d’un givre épais qui scintille dès que le soleil dépasse les crêtes. Le froid sec pique le visage, la neige crisse sous les chaussures et la fumée des cheminées reste suspendue au-dessus des maisons avant de se dissiper dans la lumière.
Cette fraîcheur durable favorise les activités nordiques. La région de Dobbiaco/Toblach, San Candido/Innichen et Sesto/Sexten forme l’un des principaux territoires de ski de fond du Südtirol, avec des pistes qui relient les villages, empruntent la Val di Landro/Höhlensteintal et rejoignent, selon les itinéraires, la Val Fiscalina/Fischleintal ou la frontière autrichienne. La Nordic Arena de Dobbiaco accueille régulièrement des compétitions internationales, tandis que le domaine alpin 3 Zinnen Dolomites propose actuellement 115 kilomètres de pistes répartis sur cinq montagnes reliées.

Des étés lumineux, mais rarement étouffants
En été, l’altitude tempère fortement la chaleur. Les journées peuvent être chaudes sous le soleil de juillet ou d’août, mais l’air reste généralement plus respirable que dans les vallées basses du Südtirol et les soirées se rafraîchissent rapidement. Après le coucher du soleil, une veste devient souvent nécessaire, même lorsqu’il a fait chaud l’après-midi.
Cette amplitude thermique donne aux paysages une netteté particulière. Le matin, les cimes sont souvent parfaitement découpées dans une lumière froide ; plus tard, les forêts prennent des teintes profondes et les prairies diffusent l’odeur sucrée du foin. Les orages d’été peuvent se former rapidement en montagne, surtout dans l’après-midi, ce qui incite à partir tôt pour les longues randonnées vers les refuges ou les Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen.
L’automne est l’une des saisons les plus séduisantes. Les mélèzes jaunissent, les sous-bois sentent la terre humide et les premières neiges viennent parfois poudrer les sommets bien avant le fond de vallée. Au printemps, en revanche, les conditions sont très variables : les sentiers bas peuvent déjà être praticables tandis que les hauts cols et les itinéraires d’altitude restent encore enneigés.
Des microclimats différents entre les trois villages
Malgré leur proximité, les trois villages ne ressentent pas exactement la montagne de la même manière. Dobbiaco/Toblach se trouve dans un vaste bassin, à la rencontre de la Val Pusteria/Pustertal et de la Val di Landro/Höhlensteintal. L’horizon y est plus ouvert, le vent circule plus facilement et les masses d’air froid peuvent stagner dans les prairies autour du lac.
San Candido/Innichen, légèrement plus bas et plus proche du couloir qui mène vers l’Autriche, profite d’une atmosphère un peu plus urbaine et abritée dans son centre. Sesto/Sexten, installé dans une vallée latérale orientée vers les Dolomites, reçoit davantage l’influence immédiate des versants et des hauts sommets. Les ombres y gagnent plus tôt certains quartiers en hiver, tandis que les parois du cadran solaire naturel (voir plus bas) captent longuement les couleurs du couchant.
Dobbiaco/Toblach, le carrefour des lacs, des vallées et de la musique
Une géographie stratégique au seuil des Dolomites
Dobbiaco/Toblach occupe une position géographique exceptionnelle. Le village se situe dans le large bassin de la Haute Val Pusteria/Hochpustertal, à environ 1 200 mètres d’altitude, là où s’ouvre vers le sud la Val di Landro/Höhlensteintal. Cette vallée relie la Val Pusteria aux environs de Cortina d’Ampezzo et constitue l’une des grandes voies d’accès aux Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen, au lac de Misurina et aux Dolomites orientales.
Le territoire de Dobbiaco se partage entre deux noyaux. Dobbiaco Vecchia/Alttoblach, légèrement surélevée sur le versant, conserve le caractère ancien du village autour de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. Dobbiaco Nuova/Neutoblach s’est développée plus bas, près de la gare, du centre culturel, de la Nordic Arena et de la route conduisant au lac.
Cette séparation est particulièrement lisible lorsque l’on arrive en train. À la sortie de la gare, le paysage paraît immense : les rails traversent le bassin, les prairies s’étendent vers les forêts et les montagnes se dressent à distance, suffisamment proches pour imposer leur présence sans enfermer encore l’horizon. La Cima Nove/Neunerkofel, la Rocca dei Baranci/Haunoldgruppe et les sommets de la Val di Landro/Höhlensteintal composent une toile de fond qui change constamment avec la lumière.
Dobbiaco/Toblach est également proche d’une ligne de partage des eaux importante. Dans ce secteur, les eaux se répartissent entre le bassin de l’Adriatique, par la Rienza/Rienz, et celui de la mer Noire, par la Drava/Drau. Cette situation de seuil géographique renforce le sentiment d’être dans un lieu de passage entre plusieurs mondes alpins.

Une histoire liée aux routes, au chemin de fer et au tourisme alpin
Le développement moderne de Dobbiaco/Toblach est étroitement associé à sa situation sur la route de la Val Pusteria et à l’arrivée du chemin de fer au XIXe siècle. La ligne ferroviaire a facilité la venue des premiers voyageurs, des alpinistes et de la clientèle aisée de l’Empire austro-hongrois. De grands hôtels furent construits près de la gare, dans le secteur de Dobbiaco Nuova/Neutoblach, transformant progressivement le village en lieu de villégiature.
Le Grand Hotel, vaste édifice situé près de la gare, témoigne encore de cette période. Il abrite aujourd’hui le centre culturel Euregio Gustav Mahler et le centre d’accueil du parc naturel Tre Cime/Drei Zinnen. Celui-ci présente la géologie des Dolomites, leur formation, leurs milieux naturels et les enjeux de protection de ce territoire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’entrée au centre des visiteurs est annoncée comme gratuite.
Dobbiaco/Toblach reste aussi lié à la mémoire de la Première Guerre mondiale. La Val di Landro/Höhlensteintal conduisait vers une zone de front particulièrement disputée. Le Monte Piana, situé plus au sud, conserve des tranchées, des positions et des chemins militaires aménagés en musée en plein air. Cette dimension historique accompagne de nombreux itinéraires de randonnée et rappelle que les paysages aujourd’hui silencieux furent autrefois traversés par les combats.

Gustav Mahler et la cabane de composition
Entre 1908 et 1910, le compositeur Gustav Mahler passa ses étés près de Dobbiaco/Toblach. Il travaillait dans une petite cabane construite à l’écart, au milieu des prés et des arbres, afin de pouvoir composer dans le calme. Il y élabora notamment des parties de Das Lied von der Erde, de la Neuvième Symphonie et de la Dixième, restée inachevée.
Le site se rejoint par une promenade facile depuis le secteur de Dobbiaco Nuova/Neutoblach. Le chemin traverse des paysages paisibles où l’on entend le bruissement des feuilles, les cloches des troupeaux et, au loin, le passage des trains. Cette atmosphère permet de comprendre ce que Mahler venait chercher ici : non pas un silence absolu, mais une succession de sons naturels, de mouvements d’air et de rythmes qui semblent élargir l’espace.
Les Semaines musicales Gustav Mahler perpétuent aujourd’hui ce lien entre Dobbiaco et le compositeur. La région officielle des Tre Cime/Drei Zinnen présente d’ailleurs la musique de Mahler, le lac et la Nordic Arena comme trois éléments majeurs de l’identité actuelle du village.
Le lac de Dobbiaco/Toblacher See, miroir au seuil de la Val di Landro
À environ trois kilomètres au sud du village, le lac de Dobbiaco/Toblacher See occupe une dépression naturelle à l’entrée de la Val di Landro/Höhlensteintal. Il se trouve à près de 1 260 mètres d’altitude et reçoit les eaux de la Rienza/Rienz.
Le lac n’est pas immense, mais son environnement lui donne une présence remarquable. Les roselières bordent certaines rives, les forêts descendent jusqu’à l’eau et les montagnes ferment progressivement la vallée vers le sud. Par temps calme, les arbres et les cimes se reflètent à la surface ; lorsqu’une brise se lève, l’eau devient sombre et métallique, striée de petites vagues.
Un sentier facile permet d’en faire le tour. Il faut compter environ une heure à une heure trente selon les arrêts. Des panneaux présentent les milieux naturels, les oiseaux et les zones humides. La promenade convient aux familles et prend une beauté particulière tôt le matin, lorsque la brume flotte encore au-dessus de l’eau, ou en fin d’après-midi, quand le soleil descend derrière les arbres.
En hiver, le lac se transforme en paysage presque monochrome. La neige recouvre les berges, les roseaux figés émergent de la glace et le silence n’est interrompu que par les pas des promeneurs ou le passage lointain des skieurs de fond. Les conditions sur la glace doivent cependant toujours être respectées : l’aspect gelé de la surface ne garantit pas qu’elle soit praticable.

La Val di Landro/Höhlensteintal, du lac de Dobbiaco aux Tre Cime
La route et la piste cyclable poursuivent au sud du lac dans la Val di Landro/Höhlensteintal. Cette longue vallée constitue l’un des plus beaux corridors paysagers des Dolomites orientales.
Après le lac de Dobbiaco/Toblacher See, on rejoint le lac de Landro/Dürrensee, connu pour ses eaux vertes et sa vue ouverte sur le groupe du Cristallo. Le site officiel de la région associe ces deux lacs aux grandes promenades et excursions à vélo autour de Dobbiaco.
Un peu plus loin, un belvédère permet d’apercevoir les faces nord des Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen. La vision est lointaine mais spectaculaire : les trois tours rocheuses apparaissent entre les versants, comme posées au fond d’une immense perspective minérale.
La Val di Landro se parcourt très agréablement à vélo. L’ancienne voie ferrée des Dolomites a été transformée en itinéraire cyclable vers Cortina d’Ampezzo. La pente reste généralement modérée, mais la distance et l’altitude demandent tout de même une bonne condition physique si l’on souhaite effectuer l’aller-retour sans assistance électrique.

Les balcons de Dobbiaco/Toblach : Santa Maria/Aufkirchen, Monte Rota/Ratsberg et San Silvestro/Wahlen
Pour découvrir un autre visage de Dobbiaco/Toblach, il faut quitter le fond de vallée et prendre de la hauteur sur son versant nord, là où les prairies, les fermes et les lisières de forêt forment de véritables balcons au-dessus de la Haute Val Pusteria/Hochpustertal. Depuis l’église paroissiale de Dobbiaco Vecchia/Alttoblach, une belle boucle monte d’abord vers Santa Maria/Aufkirchen, petit hameau installé autour de son sanctuaire, puis gagne Monte Rota/Ratsberg, à un peu plus de 1 600 mètres d’altitude. De là, le regard embrasse Dobbiaco, le lac de Dobbiaco/Toblacher See, le lac de Landro/Dürrensee et toute la perspective de la Val di Landro/Höhlensteintal jusqu’aux sommets qui ferment la vallée. L’itinéraire redescend ensuite par Fienili/Stadlern et San Silvestro/Wahlen, autre ensemble de fermes et de maisons dispersées dans les prés, avant de revenir au village. Cette boucle représente environ 8,9 kilomètres, 441 mètres de dénivelé positif et près de quatre heures de marche, sans difficulté technique particulière mais avec une montée régulière à travers la forêt. Elle permet de passer progressivement du patrimoine religieux aux paysages agricoles, puis à un belvédère très ouvert sur les Dolomites. En hiver, ces mêmes versants ensoleillés restent appréciés pour la randonnée et les raquettes : le secteur de Monte Rota/Ratsberg offre alors une vue particulièrement nette sur la vallée enneigée, tandis qu’un itinéraire monte depuis San Silvestro/Wahlen vers la Lachwiesenhütte, au milieu des prés blancs et des bois silencieux.

Promenades et randonnées à proximité immédiate de Dobbiaco
La promenade autour du lac constitue l’itinéraire le plus simple, mais Dobbiaco/Toblach offre de nombreuses autres possibilités sans nécessiter une grande course en montagne. On peut relier Dobbiaco Vecchia/Alttoblach au secteur du Grand Hotel, poursuivre vers la cabane de Gustav Mahler ou suivre les chemins agricoles qui dominent le bassin.
Pour une randonnée plus longue, la Val di Landro/Höhlensteintal ouvre l’accès au Monte Piana, aux alentours du lac de Landro/Dürrensee et à plusieurs itinéraires vers les refuges. Les marcheurs doivent toutefois tenir compte des distances et de l’ensoleillement, car les vallées peuvent sembler faciles alors que les départs se trouvent déjà à plus de 1 200 mètres d’altitude.
Dobbiaco constitue également le principal point de départ des bus vers le Rifugio Auronzo, au pied des Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen, pendant la saison estivale. De là, la boucle classique autour des Tre Cime représente approximativement 10 kilomètres, avec un dénivelé modéré mais une fréquentation très importante en haute saison.

Dobbiaco/Toblach, capitale du ski de fond
L’hiver révèle l’une des principales identités sportives de Dobbiaco. La Nordic Arena est un centre majeur du ski de fond international. Les pistes s’étendent dans le bassin, rejoignent San Candido/Innichen et Sesto/Sexten, ou remontent vers la Val di Landro/Höhlensteintal. Une liaison officielle relie notamment le stade de Dobbiaco au secteur de Monte Baranci/Haunold à San Candido, puis aux réseaux menant vers Sesto ou vers Sillian en Autriche.
Les itinéraires conviennent aussi bien aux pratiquants expérimentés qu’aux skieurs de loisir, mais certaines portions présentent des montées et descentes plus exigeantes qu’un simple parcours de fond de vallée. Les paysages varient sans cesse : vastes prairies autour de Dobbiaco, passages forestiers, vues sur les Dolomites et longs corridors enneigés dans la Val di Landro.
Pour le ski alpin, Dobbiaco n’est pas directement au pied du grand domaine relié, mais la gare permet d’emprunter le Ski Pustertal Express vers Versciaco/Vierschach, porte d’entrée du Monte Elmo/Helm, ou vers le Plan de Corones/Kronplatz dans l’autre direction. Le village constitue donc une base intéressante pour ceux qui souhaitent combiner ski nordique, excursions et plusieurs domaines alpins.

San Candido/Innichen, la petite cité romane au pied du Monte Baranci
Un bourg historique à 1 175 mètres d’altitude
San Candido/Innichen possède une physionomie très différente de celle de Dobbiaco. Le centre est plus compact, plus urbain et organisé autour de rues piétonnes où se succèdent maisons colorées, boutiques, hôtels, cafés et édifices religieux. À 1 175 mètres d’altitude, la petite ville reste entourée de montagnes, mais elle donne moins l’impression d’un village dispersé que d’un ancien bourg alpin ayant conservé sa fonction commerciale.
La silhouette de la Rocca dei Baranci/Haunold domine le sud. Ses aiguilles claires et déchiquetées surgissent au-dessus des forêts avec une verticalité impressionnante. Le matin, leurs parois restent longtemps dans une lumière froide ; le soir, elles prennent parfois des teintes orangées qui contrastent avec les toits sombres du centre.
La Drava/Drau prend sa source dans les environs et poursuit ensuite son cours vers l’Autriche, la Slovénie, la Croatie et le Danube. San Candido/Innichen appartient ainsi à un bassin hydrographique orienté vers l’Europe centrale, ce qui reflète bien son histoire et ses relations anciennes avec le monde bavarois et tyrolien.
Des origines monastiques remontant au VIIIe siècle
L’histoire de San Candido est exceptionnellement ancienne pour une localité alpine de cette altitude. En 769, le duc bavarois Tassilon III fonda un monastère bénédictin afin de favoriser la christianisation des populations slaves présentes plus à l’est. Cette fondation fit de San Candido un centre religieux et culturel majeur de la vallée.
Le monastère évolua ensuite en collégiale, autour de laquelle se développa le bourg. Le droit de tenir marché renforça progressivement son rôle économique. La position sur la route reliant le Tyrol à la Carinthie facilita les échanges, même si les guerres, les incendies et les transformations politiques marquèrent régulièrement son histoire.
Cette profondeur historique est encore visible lorsque l’on se promène dans le centre. Les rues ne sont pas seulement agréables ou pittoresques : elles s’organisent autour d’un ensemble religieux qui raconte plus de douze siècles de présence humaine et spirituelle dans la haute vallée.

La collégiale, chef-d’œuvre roman des Alpes orientales
La collégiale de San Candido/Stiftskirche Innichen est l’édifice majeur du village. Reconstruite à partir du XIIe siècle après un incendie, elle est considérée comme l’un des exemples les plus importants de l’architecture romane dans l’espace alpin. Le site touristique officiel la présente comme l’un des grands monuments sacrés romans des Alpes. (Drei Zinnen)
De l’extérieur, l’édifice frappe par la sobriété et la puissance de ses volumes. Le clocher massif, les murs épais et la pierre claire donnent à l’ensemble une présence presque fortifiée. À l’intérieur, la lumière est plus retenue. Les voûtes, la crypte et le grand crucifix roman créent une atmosphère dense, très éloignée de la légèreté des églises baroques que l’on rencontre ailleurs dans le Südtirol.
À proximité se trouve l’église paroissiale Saint-Michel, remaniée en style baroque. Le contraste entre les deux édifices permet de lire plusieurs siècles d’histoire artistique en quelques dizaines de mètres.
Le centre conserve également des chapelles et des édifices religieux plus discrets. La chapelle Saint-Sylvestre, la chapelle du Saint-Sépulcre et les traces de l’ancien ensemble monastique enrichissent une promenade qui mérite d’être faite lentement, en prenant le temps d’entrer dans les églises et d’observer les détails des façades.

Les rues de San Candido : couleurs, cafés et culture alpine
Après la solennité de la collégiale, le centre retrouve une atmosphère animée. Les maisons sont peintes dans des tons pastel, les enseignes alternent l’italien et l’allemand et les terrasses se remplissent aux heures ensoleillées. On entend le bruit des tasses, le roulement des vélos sur les pavés et les conversations dans les deux langues de la province.
Cette vitalité ne transforme pas San Candido en simple station touristique. La ville reste un centre de services pour les habitants de la Haute Val Pusteria. Les commerces, les écoles, les événements culturels et la proximité de la gare maintiennent une vie quotidienne qui se poursuit en dehors des saisons de vacances.
Les spécialités locales mêlent traditions tyroliennes et cuisine italienne : canederli, goulasch, polenta, fromages d’alpage, strudel et pâtisseries aux graines de pavot apparaissent sur les cartes. L’odeur du café se mêle souvent à celle du bois chauffé et des boulangeries, surtout en hiver lorsque l’air extérieur est sec et glacial.

Le Monte Baranci/Haunold, montagne familiale juste au-dessus du village
Le Monte Baranci/Haunold constitue la montagne de proximité de San Candido. Les remontées mécaniques partent presque directement du village et conduisent vers un plateau situé autour de 1 500 mètres d’altitude.
En été, le secteur est particulièrement adapté aux familles. Des promenades faciles permettent de rejoindre les refuges et les prairies au pied des aiguilles de la Rocca dei Baranci/Haunoldgruppe. Le Funbob, présenté comme la plus longue luge sur rails estivale du Südtirol, descend depuis environ 1 500 mètres et peut atteindre 40 km/h, la vitesse restant contrôlée par l’utilisateur.
Pour une marche plus paisible, il est possible de monter en télésiège puis de redescendre vers les Bagni di San Candido/Innichner Wildbad, ancien établissement thermal aujourd’hui en partie ruiné, situé dans la forêt. Une randonnée hivernale officielle entre la station supérieure du Monte Baranci et San Candido par les anciens bains représente environ 5,5 kilomètres, avec quelque 310 mètres de descente.
La chapelle San Salvatore et les anciens bains
À environ une heure de marche de San Candido se trouve la chapelle San Salvatore, accessible uniquement à pied. L’édifice actuel fut consacré à la fin du XVIe siècle, mais le lieu aurait accueilli un sanctuaire plus ancien et pourrait avoir été fréquenté dès l’époque préchrétienne.
Le sentier traverse des bois où le sol est couvert d’aiguilles, de mousse et de racines. Par temps humide, l’odeur de la terre et des résineux devient particulièrement forte. Le site offre une excursion facile, intéressante pour ceux qui souhaitent associer marche, patrimoine et atmosphère forestière sans entreprendre une randonnée d’altitude.
Les Bagni di San Candido/Innichner Wildbad rappellent quant à eux la tradition des séjours thermaux alpins. Les sources minérales attirèrent autrefois une clientèle en quête de soins et de repos. Les bâtiments, aujourd’hui silencieux, donnent au lieu une tonalité romantique, presque mélancolique, renforcée par les forêts et les parois rocheuses environnantes.
La piste cyclable de la Drava/Drau vers l’Autriche
San Candido est le point de départ de l’une des excursions cyclables les plus populaires des Alpes : la piste de la Drava/Drau vers Lienz, en Autriche. L’itinéraire suit globalement une pente descendante et permet de rejoindre la ville autrichienne en longeant la rivière, les prairies et les villages de frontière.
Le parcours convient à un large public, même si la distance impose un minimum d’endurance. De nombreux cyclistes effectuent l’aller à vélo et reviennent en train. La réservation d’un emplacement pour le vélo peut être nécessaire lors des périodes très fréquentées, et les règles de transport doivent être vérifiées avant le départ.
Vers l’ouest, une autre piste relie San Candido à Dobbiaco, puis permet de poursuivre dans la Val di Landro vers Cortina. Le village constitue ainsi un véritable nœud cyclable entre l’Italie et l’Autriche.

Monte Baranci en hiver : ski, luge et soirées sous les projecteurs
Le secteur du Monte Baranci forme un domaine skiable de proximité particulièrement apprécié des familles. Il compte 23 kilomètres de pistes et cinq remontées mécaniques, ainsi que quatre refuges. Une piste éclairée permet de skier en soirée à certaines dates.
Le domaine est relié au reste de 3 Zinnen Dolomites par les transports et les liaisons régionales, mais il conserve une atmosphère distincte, plus compacte et immédiatement accessible depuis le centre.
La luge occupe également une place importante. La piste familiale mesure environ 2,1 kilomètres pendant la journée, tandis qu’un parcours nocturne d’environ trois kilomètres est proposé certains soirs. Pour la saison 2025-2026, le ski et la luge nocturnes étaient annoncés deux fois par semaine, les mardis et vendredis. Les jours et horaires changent d’une saison à l’autre et doivent donc être vérifiés avant le séjour.
Sesto/Sexten, au pied du cadran solaire des Dolomites
Une vallée latérale qui pénètre au cœur de la montagne
Depuis San Candido/Innichen, la route quitte la Val Pusteria/Pustertal et remonte vers le sud-est dans la Valle di Sesto/Sextental. Le relief se resserre progressivement, les forêts gagnent les versants et les sommets deviennent plus proches, plus verticaux, presque théâtraux.
Le centre de Sesto/Sexten se trouve autour de 1 310 mètres d’altitude. Plus haut et plus au sud s’étend Moso/Moos, à l’entrée de la Val Fiscalina/Fischleintal et au pied des secteurs de Croda Rossa/Rotwand et du Passo Monte Croce Comelico/Kreuzbergpass.
Sesto ne possède pas la densité urbaine de San Candido ni l’ouverture de Dobbiaco. Le village se disperse dans une vallée habitée de fermes, de maisons, d’églises et d’hôtels, avec les montagnes toujours présentes au-dessus des toits. Les cloches résonnent contre les versants, l’ombre descend rapidement en hiver et les falaises semblent changer de forme à mesure que l’on avance dans la vallée.
Le site touristique officiel décrit Sesto comme l’un des berceaux de l’alpinisme dans les Dolomites, avec une tradition de plus de 150 ans étroitement liée aux sports de montagne.

Le cadran solaire de Sesto/Sextner Sonnenuhr
La grande particularité paysagère du village est son cadran solaire naturel. Plusieurs sommets portent des noms correspondant aux heures : Cima Nove/Neuner, Cima Dieci/Zehner, Cima Undici/Elfer, Cima Dodici/Zwölfer et Cima Uno/Einser. Depuis certains points de la vallée, la position du soleil au-dessus de ces montagnes permettait autrefois d’estimer l’heure.
Ce cadran solaire n’est pas un objet parfaitement régulier ni un instrument au sens moderne, mais une lecture populaire du paysage. Il révèle la relation intime entre les habitants et les montagnes : celles-ci n’étaient pas seulement admirées, elles servaient de repères pour organiser les journées, les travaux et les déplacements.
Par temps clair, la silhouette est particulièrement spectaculaire en fin de journée. Les sommets prennent d’abord une teinte dorée, puis rose et rouge sombre, tandis que le fond de vallée passe déjà dans l’ombre. Le site officiel présente la succession Neuner, Zehner, Elfer, Zwölfer et Einser comme l’une des silhouettes les plus remarquables des Dolomites. (Drei Zinnen)

Un village marqué par l’alpinisme et la Première Guerre mondiale
La proximité immédiate des Dolomites a fait de Sesto un centre important de l’alpinisme. Les guides locaux accompagnèrent très tôt les voyageurs vers les sommets, les tours rocheuses et les refuges. Les Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen, la Cima Tre Scarperi/Dreischusterspitze, le Monte Paterno/Paternkofel et la Croda dei Toni/Zwölferkofel constituent quelques-uns des grands objectifs de ce territoire.
La vallée fut aussi durement touchée pendant la Première Guerre mondiale. La frontière entre l’Italie et l’Empire austro-hongrois traversait les montagnes voisines. Des villages furent évacués ou endommagés et les combats laissèrent des galeries, tranchées et ouvrages encore visibles sur plusieurs itinéraires d’altitude.
Le cimetière de guerre de Sesto, les monuments et les sentiers historiques rappellent cette période. Dans le silence actuel des vallées, il est parfois difficile d’imaginer le bruit des explosions, les transports militaires et les conditions de vie extrêmes sur les crêtes. Pourtant, les traces demeurent inscrites dans la roche.
L’église et le cimetière de Sesto
L’église paroissiale Saints-Pierre-et-Paul domine une partie du village. Détruite pendant la Première Guerre mondiale puis reconstruite, elle témoigne de l’histoire mouvementée de Sesto. On y retrouve des sépultures de soldats italiens et austro-hongrois.
Le cimetière qui l’entoure mérite une visite attentive. Ses croix, ses sculptures et ses monuments sont intégrés dans un paysage ouvert sur les montagnes. Les œuvres de l’artiste local Rudolf Stolz, ainsi que le musée qui lui est consacré, rappellent la vitalité artistique de la vallée.
Cette association entre art, mémoire et paysage donne au centre de Sesto une profondeur que l’on ne perçoit pas toujours au premier regard. Le village est avant tout connu pour ses montagnes, mais celles-ci ont façonné une culture, une sensibilité et une iconographie très particulières.

La Val Fiscalina/Fischleintal, l’une des plus belles vallées des Dolomites
Depuis Moso/Moos, une route à faible pente gagne la Val Fiscalina/Fischleintal. Cette vallée glaciaire s’enfonce sur quelques kilomètres entre les forêts, les prairies et les grandes parois des Dolomites de Sesto/Sextner Dolomiten.
Le fond de vallée est relativement plat dans sa première partie. Depuis le parking de Fischleinboden, une route d’environ 4,5 kilomètres conduit jusqu’au Rifugio Fondo Valle/Talschlusshütte. La promenade est accessible, même si la distance aller-retour finit par représenter une vraie marche.
L’expérience est profondément sensorielle. Le torrent accompagne le chemin, les cloches des vaches résonnent dans les prairies et l’air garde une fraîcheur humide sous les arbres. À mesure que l’on avance, les parois se rapprochent et la vallée semble se refermer dans un cirque de tours rocheuses.
En automne, les mélèzes deviennent dorés et les ombres accentuent encore le relief. En hiver, le paysage est presque silencieux. Une randonnée hivernale officielle entre Sesto et le Rifugio Fondo Valle représente environ 5,8 kilomètres dans un sens, 215 mètres de montée et près de 1 h 40 de marche ; une boucle plus courte ou un aller-retour peuvent être adaptés aux conditions.
De la Val Fiscalina aux Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen
La randonnée la plus célèbre depuis la Val Fiscalina conduit au Rifugio Locatelli/Drei-Zinnen-Hütte, à 2 405 mètres, face aux Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen.
L’itinéraire commence doucement jusqu’au Rifugio Fondo Valle/Talschlusshütte, puis la pente se redresse nettement. Le sentier gagne les paysages minéraux du parc naturel, traverse des pierriers et rejoint progressivement le plateau où apparaissent les faces nord des Tre Cime.
Selon le point de départ et la variante, il faut compter environ 11 à 14 kilomètres, 4 à 6 heures de marche et 900 à 1 000 mètres de dénivelé positif. Le parcours est exigeant et ne doit pas être confondu avec une simple promenade de fond de vallée.
Une autre approche part de la Val Campo di Dentro/Innerfeldtal. L’itinéraire officiel vers le Rifugio Locatelli indique environ 12 kilomètres, 4 h 30 de marche, avec un point haut à 2 405 mètres et un départ autour de 1 507 mètres.
Ces randonnées doivent être entreprises par météo stable, avec de bonnes chaussures et suffisamment d’eau. La neige peut persister en début de saison, et les orages rendent les parties hautes particulièrement exposées.
Monte Elmo/Helm, Croda Rossa/Rotwand et le domaine 3 Zinnen Dolomites
Sesto/Sexten se trouve au cœur du domaine skiable 3 Zinnen Dolomites. Les principales montagnes reliées comprennent le Monte Elmo/Helm, Stiergarten, Croda Rossa/Rotwand, le Passo Monte Croce/Kreuzbergpass et le secteur du Monte Baranci/Haunold à San Candido.
Le domaine annonce 115 kilomètres de pistes sur cinq montagnes interconnectées, avec un mélange de pistes bleues, rouges et noires.
Le Monte Elmo/Helm est accessible depuis Sesto et depuis Versciaco/Vierschach. Ses pentes ouvertes et relativement ensoleillées offrent de longues descentes et de grands panoramas sur la Val Pusteria et les Dolomites.
La Croda Rossa/Rotwand possède une ambiance plus encaissée, dominée par les falaises. Le secteur est connu pour ses pistes, ses sentiers hivernaux et sa piste de luge longue de cinq kilomètres, qui descend environ 600 mètres de dénivelé jusqu’à la station inférieure.
Le Giro delle Cime permet de parcourir les cinq montagnes du domaine en une journée, en combinant pistes et liaisons. Il s’adresse à des skieurs suffisamment autonomes pour suivre l’itinéraire et gérer leur temps, car la fermeture des remontées impose de ne pas entreprendre la boucle trop tard.

Au-delà de Sesto/Sexten, l’ouverture vers le Comelico
Sesto/Sexten n’est pas seulement un fond de vallée tourné vers les Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen : il constitue aussi une porte naturelle vers le Comelico, sur le versant vénitien des Dolomites. La route poursuit au-delà de Moso/Moos jusqu’au Passo Monte Croce Comelico/Kreuzbergpass, à 1 636 mètres d’altitude, qui relie la Valle di Sesto/Sextental à Padola et à la Val Comelico. Le paysage change subtilement au passage du col : les forêts restent profondes, mais l’architecture, la langue et l’organisation des villages annoncent déjà la province de Belluno. Cette ouverture peut se découvrir à pied grâce à l’itinéraire transfrontalier reliant Padola au col, une randonnée de 11,6 kilomètres, environ 4 h 55, avec 976 mètres de montée et un point culminant à 1 933 mètres. D’autres sentiers suivent les anciens chemins de contrebande entre les alpages de Klammbach et de Nemes et le Passo Monte Croce. En hiver, le lien devient également sportif : le domaine 3 Zinnen Dolomites se prolonge vers le secteur skiable du Val Comelico, intégré au Giro delle Cime, une boucle d’environ 35 kilomètres qui traverse les montagnes entre Versciaco/Vierschach et le versant bellunais. Cette continuité rappelle que Sesto se trouve moins à l’extrémité d’un territoire qu’au contact de deux mondes dolomitiques, l’un sud-tyrolien, l’autre cadorin et comelien.

Ski de fond, raquettes et randonnées hivernales
Sesto possède également un important réseau de ski de fond. Les pistes traversent le fond de vallée, passent à proximité des villages et permettent de rejoindre San Candido et Dobbiaco. La petite boucle de Waldheim, longue de deux kilomètres et presque plate, convient aux débutants ; elle offre une vue dégagée sur le cadran solaire et peut être éclairée certains soirs.
Pour les marcheurs, la Val Fiscalina constitue l’itinéraire emblématique. D’autres chemins conduisent vers les alpages du Monte Elmo, le Passo Monte Croce ou les forêts de Moso. Les itinéraires plus élevés exigent une vérification attentive des conditions d’enneigement et du risque d’avalanche.
Comment rejoindre Dobbiaco/Toblach, San Candido/Innichen et Sesto/Sexten ?
Arriver en train depuis Bolzano, Innsbruck, Venise ou Vérone
Dobbiaco/Toblach et San Candido/Innichen se trouvent sur la ligne ferroviaire de la Val Pusteria/Pustertal. Celle-ci est reliée à l’axe du Brenner à Fortezza/Franzensfeste.
Depuis Bolzano/Bozen, le trajet demande généralement entre 2 heures et 2 h 30, avec une correspondance à Fortezza/Franzensfeste. Depuis Bressanone/Brixen, il faut compter approximativement 1 h 30 à 1 h 50. Depuis Innsbruck, les trajets passent également par Fortezza et demandent en général entre 2 h 30 et 3 h 30, selon les correspondances. Cette même liaison ferroviaire passe par Brunico/Bruneck, jolie petite ville et chef-lieu historique et culturel de la val Pusteria/Pustertal.
Depuis Venise, l’itinéraire ferroviaire le plus simple n’est pas toujours direct. On peut passer par Vérone et l’axe du Brenner, ce qui représente souvent plus de cinq heures, ou combiner le train et les bus via Cortina d’Ampezzo selon la saison. Depuis Vérone, le voyage ferroviaire vers San Candido ou Dobbiaco demande généralement autour de quatre heures, avec changement à Fortezza.
Les billets des trains nationaux italiens s’achètent auprès de Trenitalia, sur le site, l’application ou aux distributeurs. Les trajets régionaux du Südtirol peuvent être planifiés et achetés avec l’application südtirolmobil/altoadigemobilità, qui fournit également les horaires actualisés des bus. Le site officiel rassemble l’ensemble des horaires ferroviaires et routiers du réseau.
Certains hébergements remettent à leurs clients le Südtirol Guest Pass, qui inclut une grande partie des transports publics régionaux. Les services touristiques particuliers, notamment certains bus vers les Tre Cime ou le lac de Braies, peuvent toutefois être exclus ou soumis à réservation. Le service 444 vers le Rifugio Auronzo figure explicitement parmi les liaisons ayant des conditions spécifiques.
De Dobbiaco à San Candido et Sesto en bus
La ligne principale pour parcourir les trois villages est le bus 446. Elle relie Dobbiaco/Toblach, San Candido/Innichen, Sesto/Sexten et le Passo Monte Croce Comelico/Kreuzbergpass. Selon les courses et la période, elle dessert également les principaux arrêts liés aux remontées mécaniques et aux accès des vallées.
Le trajet entre Dobbiaco et San Candido dure généralement autour de 15 minutes. Pour rejoindre Sesto depuis San Candido, il faut compter approximativement 20 à 25 minutes, et environ 40 à 50 minutes depuis Dobbiaco, selon les arrêts. Le Passo Monte Croce se rejoint en une vingtaine de minutes supplémentaires depuis Sesto.
Les horaires changent entre la saison hivernale, l’intersaison et l’été. Pour l’été 2026, le réseau annonce notamment la ligne 446 entre Passo Monte Croce, Sesto, San Candido et Dobbiaco du 14 juin au 12 décembre.
Rejoindre la Val Fiscalina et la Val Campo di Dentro
Pour accéder à la Val Fiscalina/Fischleintal sans voiture, il faut rejoindre Sesto ou le secteur de la télécabine du Monte Elmo, puis emprunter la navette locale en fonction de la saison. Le réseau recommande la ligne 446 pour arriver à Sesto depuis Dobbiaco ou San Candido, avec correspondance vers la vallée.
La Val Campo di Dentro/Innerfeldtal est desservie en saison par le bus 449, qui relie la bifurcation de la vallée aux principaux points d’accès intérieurs. Les horaires sont coordonnés avec certaines arrivées de la ligne 446, mais les correspondances doivent être vérifiées le jour du déplacement.
Aller aux Tre Cime, à Misurina ou à Cortina
Depuis Dobbiaco, le bus 444 dessert en été les Tre Cime di Lavaredo/Drei Zinnen et le Rifugio Auronzo. Pour 2026, le service est annoncé du 31 mai au 11 octobre. La réservation est généralement nécessaire pendant la haute saison, et cette liaison peut ne pas être incluse dans les cartes de transport habituelles.
Le bus 445 relie Dobbiaco à Misurina et Cortina d’Ampezzo. Il dessert la Val di Landro/Höhlensteintal et constitue une solution intéressante pour les randonneurs qui souhaitent effectuer une traversée sans revenir à leur point de départ en voiture. Pour l’été et l’automne 2026, la ligne figure dans les horaires du réseau du 14 juin au 12 décembre.
Venir en voiture
Depuis Bolzano/Bozen, il faut suivre l’autoroute A22 jusqu’à la sortie Bressanone–Val Pusteria/Brixen–Pustertal, puis la SS49 vers Brunico/Bruneck et San Candido/Innichen. Le trajet jusqu’à Dobbiaco demande environ 1 h 45 à 2 heures depuis Bolzano, selon la circulation, puis une dizaine de minutes supplémentaires pour San Candido.
Depuis Innsbruck, l’itinéraire passe par le Brenner et Fortezza. Il faut compter généralement autour de 2 h 15 à 2 h 45 jusqu’à Dobbiaco.
Depuis Venise, l’accès routier peut se faire par l’A27, Belluno, Cortina d’Ampezzo et la Val di Landro. Le trajet demande approximativement 2 h 45 à 3 h 30, hors embouteillages. Depuis Cortina, Dobbiaco se rejoint en environ 35 à 45 minutes.
Sesto/Sexten se trouve à environ 15 kilomètres de Dobbiaco et 8 kilomètres de San Candido. La route est facile, mais les conditions hivernales peuvent exiger des équipements adaptés. Les parkings de la Val Fiscalina, des remontées mécaniques et des principaux sites naturels deviennent rapidement complets en haute saison ; le bus constitue alors une alternative plus sereine.

Trois villages pour trois manières d’approcher les Dolomites
Dobbiaco/Toblach, San Candido/Innichen et Sesto/Sexten forment un ensemble géographique cohérent, mais le voyageur ne garde pas de chacun la même image.
Dobbiaco est une respiration. On y pense au large bassin parcouru par les trains et les pistes de fond, au lac immobile sous les arbres, à la Val di Landro qui conduit le regard vers les Tre Cime et à la petite cabane où Gustav Mahler cherchait le calme nécessaire à la composition.
San Candido est une rencontre entre montagne et histoire. La collégiale romane impose son architecture au centre du village, les façades colorées animent les rues et les aiguilles de la Rocca dei Baranci rappellent à chaque détour que les Dolomites ne sont jamais loin. Le matin, on peut visiter la crypte ; l’après-midi, monter au Monte Baranci ; le soir, retrouver les cafés et les lumières du centre.
Sesto est une immersion. La vallée se resserre, les sommets deviennent des repères horaires, la Val Fiscalina entraîne le marcheur vers les refuges et les hautes parois. En hiver, les pistes du Monte Elmo et de la Croda Rossa parcourent un décor minéral ; en été, les sentiers quittent les prairies et gagnent progressivement le monde de la roche.
Ces trois villages permettent ainsi de découvrir les Dolomites sans les réduire à un seul panorama. Elles apparaissent d’abord au loin, au-dessus des lacs et des forêts de Dobbiaco. Elles accompagnent ensuite les rues et les monuments de San Candido. À Sesto, enfin, elles occupent tout l’horizon.
C’est peut-être ce qui rend la Haute Val Pusteria/Hochpustertal si attachante. La montagne ne se dévoile pas d’un seul coup. Elle s’approche progressivement, par le bruit d’un torrent, l’ombre d’une forêt, la couleur d’une paroi ou le froid qui descend dans la vallée au crépuscule. Puis, un matin, depuis une prairie de Sesto ou le bord du lac de Dobbiaco, on lève les yeux et l’on comprend que l’on est déjà entré au cœur des Dolomites.
Crédit Photos
San Candido église: Luca Mazzio (Luca83), CC BY-SA 2.5 IT https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5/it/deed.en, via Wikimedia Commons// https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0c/San_Candido-parrocchiale_di_San_Michele_%283%29.JPG
Prato alla Drava: Llorenzi, CC BY-SA 3.0 http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/, via Wikimedia Commons// https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/19/Chiesapratodrava.JPG
San Candido centre: Manuel Velazquez, CC BY 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/19/Plaza_de_Innichen_-_panoramio.jpg
Dobbiaco plaine Cima nove: Llorenzi, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Sella_di_Dobbiaco_con_Cima_Nove_01.jpg
Dobbiaco Mahler: NH53, CC BY 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by/2.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/68/Youth_Hostel_in_Toblach_Dobbiaco.jpg
Dobbiaco: Luca Lorenzi (user:Llorenzi) (Uploaded first to Italian Wikipedia), CC BY-SA 3.0 http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/, via Wikimedia Commons// https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f4/Dobbiaco.JPG
Dobbiaco église: Wolfgang Sauber, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/ae/Toblach_-Pfarrkirche_1-_Fassade.jpg
Moso: Steinsplitter, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/95/Sexten_Moos.JPG
Sesto: 2015 Michael 2015, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/05/Sexten_2021-10-28.jpg
Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
Val Badia, un porte d’entrée discrète vers les Dolomites
Parmi les vallées qui pénètrent les Dolomites, il y a la Val Badia, discrète, pittoresque, authentique et également au top de l’accueil.
7 vallées pittoresques à découvrir autour de Brunico, en Val Pusteria
Il suffit d’observer une carte du nord-est du Südtirol pour comprendre ce qui fait de Brunico un point de départ aussi intéressant pour découvrir la montagne. La ville occupe une position de carrefour au cœur de la Val Pusteria, à 835 mètres d’altitude, mais les…
Découvrez San Martino di Castrozza, pépite cachée des Dolomites
Découvrez San Martino di Castrozza, pépites des Dolomites : Pale di San Martino, Passo Rolle, Val Venegia, Val Canali et lacs de montagne.
Les 9 lieux à voir dans les Dolomites autour de Cortina
Découvrez les paysages mythiques des Dolomites de la région de Cortina d’Ampezzo à travers neufs merveilleuses promenades
Que faire à Cortina d’Ampezzo, reine des Dolomites
Découvrez Cortina d’Ampezzo, Reine des Dolomites : randonnées, ski, patrimoine ladin, panoramas d’altitude et esprit olympique au cœur des montagnes.
Les 7 plus beaux lacs des Dolomites et leurs légendes
De vallée en vallée, à l’écoute des légendes tout en profitant de la beauté des plus beaux lacs au coeur des Dolomites
Ces quatre vallées à voir dans le Tyrol
Quatre vallées du Tyrol à découvrir pour tous les amoureux des Alpes: Paznauntal, Pitztal, Tannheimertal et Alpbachtal.
Cinq choses à voir absolument à Innsbruck, « Capitale des Alpes »
Innsbruck est assurément la Capitale des Alpes: une ville monumentale, des montagnes monumentales et une histoire monumentale!
La Zillertal, une des plus belles vallées du Tyrol
La Zillertal est réputée pour son activité économique et touristique autour du monde de la montagne. Eté ou hiver, les Alpes authentiques.
Mayrhofen: itinéraires d’exception au cœur du Tyrol
Mayrhofen, dans la Zillertal, au coeur du Tyrol est le point de départ pour visiter les vallées internes – Inneren Gründe – dont la Tuxertal.
Parcourir la Stubaital, tout près d’Innsbruck
La Stubaital est une vallée du Tyrol proche d’Innsbruck, idéalement située pour admirer les villages, les glaciers et le lifestyle du Tyrol.
La Wipptal, d’Innsbruck à Vipiteno/Sterzing par le Brenner
On appelle Wipptal aussi bien la vallée entre Innsbruck et le Brenner que celle, dans le Südtirol entre le Brenner et Vipiteno. En route!
Découvrir l’Ötztal et ses magnifiques paysages du Tyrol
L’Ötztal, au coeur des Alpes en Autriche est une longue vallée qui vous fera découvrir tous les paysages typiques de la région du Tyrol.
La Sellraintal, dans le Tyrol, et ses villages d’alpinisme
Entre Innsbruck et Kühtai, station de ski à 2000 mètres d’altitude, on traverse la Sellraintal, véritable havre de paix et de silence.
Où aller skier tout près d’Innsbruck en train ou en bus?
Capitale du Tyrol et des Alpes, Innsbruck est aussi la capitale du ski. De nombreuses stations sont facilement accessibles en train et en bus
Que voir dans la région du Trentin et ses Dolomites?
Vallées préservées, Dolomites, traditions bien ancrées et stations de ski de renommée internationale, voici le Trentin.
Découvrir les Alpes de Vénétie et les Dolomites
Les montagnes de Vénétie riment avec Dolomites. Elles servent de toiles de fond à Cortina, la station chic des Italiens, et au Cadore.
Les plus beaux villages et paysages du Südtirol et de ses Dolomites
Le Südtirol est une terre de contrastes. Géographiques, culturels, historiques et gastronomiques. C’est aussi le royaume des Dolomites.
Où aller en vacances dans le Tyrol et le Vorarlberg?
Le Tyrol, ses montagnes, ses villages et ses paysages de carte postale. Un enchantement pour les amoureux des Alpes.
Alpes Italiennes: nature sauvage et villages d’exception
De grands lacs, des glaciers, des villages typiques et une gastronomie raffinée font le charme des Alpes Italiennes
Les desserts de Noël dans les Alpes
Découvrez les desserts servis sur les tables à Noël dans les Alpes. Du sucre mais beaucoup de symboles aussi!
Les traditions de Noël dans les Alpes
Les riches traditions de Noël dans les Alpes de Saint Nicolas à la Befana en passant par les Krampus et les Perchten…
Où peut-on faire du ski dans les Alpes en novembre ?
Skier dès le mois de novembre dans les Alpes, c’est possible! AlpAddict vous présente les stations de ski ouvertes.
Trois bonnes raisons de découvrir les Alpes Autrichiennes
Les Alpes autrichiennes, les lacs, les marchés de Noël et les Strudel et surtout le pays de la culture alpine. Découverte avec AlpAddict.
Trois bonnes raisons de découvrir le Südtirol
La montagne comme on l’aime: habitée à l’année, vivante, riche de ses traditions, avec des paysages à couper le souffle.
Les cinq meilleurs paysages des Alpes
Dans cette deuxième partie consacrée aux plus beaux panoramas des Alpes, AlpAddict vous fait découvrir cinq nouveaux belvédères
Découverte de la Val di Fassa, cœur des Dolomites
Passer des vacances dans les Dolomites dans la Val di Fassa, c’est découvrir son identité ladine, son art de vivre. et ses paysages.
Les cinq plus beaux villages et sites de la Val Pusteria ou Pustertal
Les vacances dans les Dolomites en Val Pusteria, atmosphère du Sudtirol, pâturages, forêts et lacs se partagent le paysage
5 sites incontournables autour de la Val Gardena, dans les Dolomites
Vos vacances dans les Dolomites: découvrir la Val Gardena, les cols, l’Alpe di Siusi et la Val di Funes. Les plus beaux paysages.
Que faire en hiver à Nauders au Tyrol ?
Nauders, dans le Tyrol Autrichien mais à la frontière avec la Suisse et l’Italie offre une large palette d’activités et d’escapades. En route avec AlpAddict.



























