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Pourquoi dit-on que San Martino di Castrozza est une destination confidentielle des Dolomites ?

Quand on pense aux Dolomites, on imagine volontiers les falaises des Tre Cime di Lavaredo, les prairies de l’Alpe di Siusi ou les élégants villages du val Gardena. Les grands noms des Dolomites se succèdent comme autant de cartes postales. Pourtant, au sud du massif, il existe un territoire qui semble avoir été volontairement oublié des grands itinéraires touristiques. Un territoire de forêts, de vallées secrètes et de montagnes monumentales où l’on ne vient jamais par hasard. Ce territoire, c’est celui de San Martino di Castrozza.

La première particularité de San Martino di Castrozza est précisément sa situation géographique. Contrairement à Cortina d’Ampezzo, installée sur l’un des grands axes des Dolomites orientales, ou au val Gardena, facilement accessible depuis l’autoroute du Brenner, San Martino di Castrozza se cache au bout de routes de montagne qui obligent à ralentir, à traverser des villages et à s’enfoncer progressivement dans les reliefs.

On pourrait presque parler d’un monde à part.

Cette impression apparaît dès que l’on quitte la vallée de l’Adige ou la plaine de Vénétie. Les paysages changent peu à peu. Les collines se redressent, les forêts deviennent plus denses et, soudain, surgissent à l’horizon des murailles rocheuses d’une ampleur inattendue. La route continue de monter, de contourner des vallons, de franchir quelques cols. Puis apparaît enfin San Martino di Castrozza, posé à près de 1 500 mètres d’altitude, au pied de l’un des plus extraordinaires amphithéâtres de pierre de toutes les Dolomites.

Devant lui se dressent les Pale di San Martino.

Le spectacle est saisissant. Les maisons du village paraissent minuscules face aux parois du Cimon della Pala, du Sass Maor ou de la Cima della Madonna. La montagne est partout. Elle semble presque entrer dans le village. Le regard ne sait plus où se poser tant les reliefs sont spectaculaires.

Et pourtant, malgré la beauté exceptionnelle de son environnement, San Martino di Castrozza demeure relativement préservée du tourisme de masse.

C’est une des grandes surprises des Dolomites.

San Martino di Castrozza, un village enclavé entre Trentin et Vénétie

Ces impressions de confidentialité et de discrétion tiennent beaucoup à la géographie.

San Martino di Castrozza appartient au Trentin, mais se trouve à quelques kilomètres seulement de la Vénétie. Historiquement, cette position a façonné l’identité de toute la région du Primiero. Pendant des siècles, les habitants ont vécu à la frontière de plusieurs mondes : celui des Alpes orientales, celui de la République de Venise et celui du Tyrol.

L’enclavement a longtemps constitué une réalité quotidienne.

Les échanges se faisaient principalement à travers les cols environnants : le Passo Rolle vers la vallée de Fiemme et Fassa, le Passo Cereda vers Feltre et Belluno, ou encore les passages permettant de rejoindre les vallées du Vanoi et du Biois. L’hiver, les déplacements devenaient difficiles et certaines communautés vivaient pratiquement en autarcie.

Aujourd’hui encore, on ressent quelque chose de cette géographie particulière.

Les montagnes entourent littéralement le territoire. Au nord se dressent les Pale di San Martino. Plus loin à l’ouest s’étendent les reliefs du Lagorai. Au sud apparaissent les premières montagnes préalpines. L’impression est celle d’un vaste bassin montagnard protégé de toutes parts.

Cette situation explique aussi pourquoi les paysages ont conservé une grande authenticité. Les villages sont restés relativement modestes. Les alpages sont toujours exploités. Les forêts couvrent d’immenses superficies et les vallées les plus reculées donnent encore le sentiment de pénétrer dans une nature largement intacte.

Où se trouve San Martino di Castrozza
San Martino di Castrozza en été, vue aérienne

Comment rejoindre San Martino di Castrozza depuis Trente ou Venise ?

L’accès fait partie intégrante du voyage.

Depuis Trente, il faut compter environ une heure et quarante-cinq minutes de route pour rejoindre San Martino di Castrozza. L’itinéraire emprunte d’abord la Valsugana jusqu’à Primolano avant de remonter la vallée du Primiero en passant par Fiera di Primiero. Les paysages évoluent constamment. Après les vallées relativement ouvertes de la Valsugana apparaissent progressivement des montagnes plus hautes, des forêts de conifères et les premiers sommets dolomitiques.

L’arrivée dans le Primiero est particulièrement belle. La vallée s’élargit soudain et laisse apparaître des villages entourés de prairies, avec, au loin, les imposantes silhouettes des Pale di San Martino.

Depuis Venise, le trajet demande environ deux heures et quinze minutes. Après avoir quitté la plaine vénitienne, on rejoint Belluno puis Feltre avant de remonter vers le Trentin en passant le Passo Cereda ou la vallée du Cismon selon l’itinéraire choisi.

Là encore, le voyage est magnifique.

Les montagnes se rapprochent progressivement. Les routes deviennent plus sinueuses. On traverse des villages paisibles, des forêts de sapins et des clairières où apparaissent de vieilles fermes de montagne. Puis, après un dernier virage, les Pale di San Martino surgissent brusquement devant le voyageur.

Il existe également des liaisons en bus depuis Trente et Feltre, notamment pendant la saison touristique, mais la voiture reste le moyen le plus pratique pour explorer la région et profiter des nombreux cols, vallées et points de vue.

Et c’est peut-être là l’un des charmes de San Martino di Castrozza : la destination se mérite.

Le trajet lui-même prépare le voyageur à découvrir une autre facette des Dolomites.

Venir skier à San Martino di castrozza
San Martino di Castrozza en hiver

Le charme d’une station alpine à taille humaine

À première vue, San Martino di Castrozza pourrait ressembler à d’autres stations des Alpes italiennes.

Mais l’impression est trompeuse.

Le village possède une personnalité particulière qui tient autant à son histoire qu’à son environnement exceptionnel.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, il ne s’agissait que d’un petit hameau installé à proximité d’un ancien hospice destiné aux voyageurs franchissant les cols voisins. À cette époque, les grandes parois des Pale di San Martino étaient encore presque inconnues des voyageurs européens.

Tout changea avec l’arrivée des premiers alpinistes britanniques, allemands et autrichiens.

Comme dans de nombreuses régions des Dolomites, ils furent fascinés par les formes extraordinaires de ces montagnes. Des guides locaux commencèrent à accompagner les premières ascensions. Les voyageurs fortunés suivirent bientôt les alpinistes.

Des hôtels furent construits.

À la fin du XIXe siècle, San Martino di Castrozza était déjà devenue l’une des stations de montagne les plus renommées de l’Empire austro-hongrois.

Aujourd’hui, le village a su conserver une dimension humaine.

Les constructions restent relativement discrètes. Les grands arbres occupent encore une place importante. Les hôtels alternent avec les chalets et les petites résidences. Surtout, la montagne demeure omniprésente.

Peu de villages des Dolomites offrent une telle proximité avec leurs sommets.

À certaines heures de la journée, les parois semblent presque toucher les premières maisons.

Le soir, lorsque la lumière décline, les Pale de San Martino s’embrasent progressivement. Les falaises prennent des couleurs roses, puis orangées et enfin rouge profond.

Ce phénomène, que les Ladins appellent l’enrosadira, constitue l’un des plus beaux spectacles naturels des Dolomites.

Il suffit alors de s’installer sur un banc ou à la terrasse d’un café pour comprendre pourquoi tant de voyageurs tombent amoureux de San Martino di Castrozza.

A quoi ressemble San Martino di Castrozza
Le village de San Martino di Castrozza et son église

À la découverte du Primiero, cœur historique des Dolomites du sud

Découvrir San Martino di Castrozza, c’est aussi découvrir le Primiero.

Cette petite région historique constitue l’un des territoires les plus attachants du Trentin.

Contrairement à certaines vallées plus fréquentées des Dolomites, le Primiero conserve une véritable personnalité rurale et alpine. Ici, les paysages alternent entre forêts profondes, vastes pâturages et villages qui semblent avoir grandi en parfaite harmonie avec leur environnement.

Le cœur de la vallée est occupé par plusieurs localités qui forment presque une seule petite ville : Fiera di Primiero, Transacqua, Tonadico et Siror.

Ces villages méritent que l’on y consacre quelques heures.

Leurs ruelles étroites, leurs maisons anciennes, leurs fontaines et leurs petites places racontent une histoire de montagne faite de commerce, d’élevage et de relations constantes avec les vallées voisines.

Pendant des siècles, le Primiero a constitué un territoire de passage.

La vallée de Fiera di Primiero vue de San Silvestro
La vallée de Fiera di Primiero vue de San Silvestro

Les influences du monde vénitien, du Tyrol et du Trentin s’y sont mêlées pour former une identité culturelle particulièrement riche.

L’architecture témoigne de ces influences multiples. Certaines demeures rappellent les villes du nord de l’Italie tandis que d’autres évoquent davantage le monde alpin germanique.

L’art et les traditions occupent également une place essentielle.

Les églises du Primiero abritent de belles œuvres religieuses et l’artisanat du bois demeure particulièrement vivant. Les fêtes locales continuent de célébrer le rythme des saisons, l’élevage et la vie des alpages.

La gastronomie participe elle aussi à cette identité.

Les menus des refuges et des auberges racontent l’histoire de la vallée : polenta, fromages de montagne, charcuteries, champignons des forêts environnantes et desserts hérités de la tradition austro-hongroise composent une cuisine généreuse, profondément enracinée dans la culture alpine.

Mais le plus beau patrimoine du Primiero reste sans doute son paysage.

Depuis les villages de la vallée, le regard est constamment attiré vers les montagnes. Au-dessus des prairies surgissent les grandes murailles des Pale di San Martino.

C’est précisément cette rencontre entre un monde rural encore très vivant et l’un des plus extraordinaires décors minéraux des Alpes qui rend le Primiero si singulier. Ici, les Dolomites ne sont pas seulement un paysage. Elles constituent une véritable manière de vivre.

Le Primiero, porte d'entrée des Dolomites du sud
Le village de Fiera di Primiero

Les Pale di San Martino, l’un des plus grands spectacles des Dolomites

Si San Martino di Castrozza exerce une telle fascination sur les voyageurs, c’est avant tout parce qu’elle vit dans l’ombre d’un géant. Devant le village se déploient les Pale di San Martino, l’un des plus vastes groupes montagneux des Dolomites et certainement l’un des plus impressionnants. Sur plus de deux cents kilomètres carrés s’étendent des falaises, des tours rocheuses, des plateaux d’altitude et des vallées suspendues qui composent un paysage d’une extraordinaire puissance.

Tout comme d’autres massifs dolomitiques, les Pale de San Martino frappent par leur caractère monumental. Les montagnes semblent jaillir d’un seul élan au-dessus des forêts et des alpages. Le contraste est saisissant. Les prairies du Primiero s’étendent paisiblement autour des villages tandis que, quelques kilomètres plus loin, se dressent des murailles de plus de mille mètres de hauteur.

Parmi ces sommets, le Cimon della Pala occupe une place à part. Culminant à 3 184 mètres d’altitude, il est souvent considéré comme l’une des plus belles montagnes des Alpes. Son profil effilé et sa silhouette presque parfaite lui ont valu le surnom de « Cervin des Dolomites ». Depuis le Passo Rolle ou la Val Venegia, sa pyramide rocheuse paraît littéralement flotter au-dessus des alpages, offrant l’une des images les plus emblématiques de toute la chaîne dolomitique.

Autour du Cimon della Pala se dressent d’autres géants aux noms évocateurs : la Vezzana, point culminant du massif avec ses 3 192 mètres, le Sass Maor, la Cima della Madonna ou encore le Pala di San Martino. Ces sommets forment un ensemble d’une rare cohérence esthétique. Peu importe l’endroit où l’on se trouve dans le Primiero, ils semblent toujours occuper l’horizon et donner leur identité à tout le territoire.

La magie des lieux tient également à la lumière. Au lever du jour, les premiers rayons du soleil viennent progressivement caresser les falaises. Le gris pâle de la dolomie se transforme alors en nuances rosées puis orangées. Le soir, le spectacle devient encore plus saisissant. Les parois prennent une couleur rouge profond avant de s’éteindre lentement dans des teintes violettes. Cette transformation quotidienne, appelée enrosadira dans la tradition des Dolomites, suffit à justifier un séjour dans la région.

Vue sur les Pale di San Martino
Vue sur les Pale di San Martino

Le plateau des Pale, un désert minéral suspendu au-dessus des vallées

L’un des aspects les plus étonnants du massif reste pourtant invisible depuis le fond de vallée. Derrière les grandes falaises se cache un immense plateau d’altitude qui constitue l’un des paysages les plus singuliers des Alpes.

Grâce aux téléphériques de Colverde et de Rosetta, il est possible de rejoindre en quelques minutes des altitudes supérieures à 2 500 mètres. Le changement de décor est spectaculaire. Les forêts de sapins et les alpages disparaissent progressivement pour laisser place à un univers presque minéral.

Le plateau des Pale di San Martino est souvent comparé à un paysage lunaire. L’image peut sembler excessive, mais elle traduit assez fidèlement l’impression ressentie lorsqu’on y arrive. Des étendues de roche claire se succèdent à perte de vue, ponctuées de dépressions, de lapiaz et de formations calcaires aux formes parfois étonnantes. Les repères habituels disparaissent et le regard peine à mesurer les distances.

Ce décor est le résultat d’une longue histoire géologique. Il y a plus de deux cents millions d’années, cette partie des Dolomites était occupée par une mer tropicale où se développèrent d’immenses récifs coralliens. Les mouvements tectoniques et l’érosion ont progressivement donné naissance aux reliefs actuels. Marcher aujourd’hui sur le plateau des Pale revient en quelque sorte à se promener sur les vestiges d’un ancien monde marin porté à plus de deux mille mètres d’altitude.

Les possibilités de randonnée y sont nombreuses. Les marcheurs expérimentés peuvent rejoindre le refuge Pradidali ou entreprendre de longues traversées vers le refuge Pedrotti alla Rosetta et le refuge Velo della Madonna. Les itinéraires plus faciles permettent simplement de découvrir quelques portions du plateau et d’admirer des panoramas d’une ampleur exceptionnelle sur le Trentin, les Dolomites de Fassa et, par temps clair, jusqu’aux Alpes autrichiennes.

Même pour les visiteurs qui ne souhaitent pas entreprendre de longues marches, l’expérience mérite le détour. Peu d’endroits dans les Alpes procurent une telle impression d’espace et de dépaysement.

Qu'est-ce que l'Enrosadira
Enrosadira sur les Pale di San Martino

La Val Venegia, l’une des plus belles vallées des Dolomites

S’il fallait choisir une seule promenade pour comprendre l’âme de San Martino di Castrozza, la Val Venegia s’imposerait probablement comme une évidence.

Depuis le Passo Rolle, cette vallée descend doucement au cœur des alpages en direction des grandes falaises du Cimon della Pala et de la Vezzana. Dès les premiers pas, le paysage semble avoir été composé pour illustrer l’idée même que l’on se fait des Dolomites. Les prairies ondulent doucement entre des bosquets de mélèzes, les torrents dessinent des méandres dans les pâturages et, au loin, les sommets apparaissent comme des remparts gigantesques.

La beauté de la Val Venegia tient à son équilibre. Rien n’y paraît excessif. Les montagnes sont imposantes sans être écrasantes, les pâturages immenses sans donner une impression de vide et les forêts suffisamment présentes pour apporter profondeur et diversité aux paysages.

La randonnée qui remonte la vallée est accessible à un large public. En famille ou entre amis, on progresse tranquillement au milieu des alpages en traversant quelques petits ponts et en longeant les cours d’eau qui descendent des montagnes. À mesure que l’on avance, le décor devient de plus en plus spectaculaire. Le Cimon della Pala semble grandir à chaque pas et finit par occuper tout l’horizon.

Au printemps, les prairies se couvrent de fleurs alpines. En été, les troupeaux rejoignent les alpages et les cloches des vaches résonnent doucement dans la vallée. En automne, les mélèzes prennent des couleurs dorées qui transforment complètement l’ambiance du lieu.

L’impression qui domine reste celle d’une extraordinaire sérénité. Même pendant la haute saison, il suffit de s’écarter légèrement des horaires les plus fréquentés pour retrouver le silence et profiter pleinement de ce paysage exceptionnel.

Le Passo Rolle, un balcon sur le Cimon della Pala

À près de 2 000 mètres d’altitude, le Passo Rolle est bien davantage qu’un simple col routier reliant le Primiero à la vallée de Fiemme et de là à la Val di Fassa, au coeur des Dolomites. C’est l’un des grands belvédères naturels des Dolomites méridionales.

Dès l’arrivée au col, le regard est immédiatement capté par le profil extraordinaire du Cimon della Pala. Peu de sommets des Alpes possèdent une telle présence. Sa silhouette semble presque irréelle, comme dessinée au-dessus des forêts et des prairies alpines.

L’histoire du Passo Rolle est étroitement liée à celle du tourisme alpin. Dès la fin du XIXe siècle, les voyageurs qui fréquentaient San Martino di Castrozza venaient déjà admirer le panorama depuis le col. De nombreux peintres, écrivains et photographes ont célébré la beauté des lieux et contribué à faire connaître ces paysages bien au-delà des frontières italiennes.

Aujourd’hui encore, le Passo Rolle demeure l’un des plus beaux endroits des Dolomites pour observer le lever ou le coucher du soleil. Lorsque les premières lueurs du matin apparaissent derrière les montagnes, les falaises s’illuminent progressivement et prennent des teintes délicates de rose et d’or. Le soir, le spectacle est encore plus saisissant. Les dernières lumières de la journée viennent embraser les parois avant que celles-ci ne s’assombrissent lentement dans des nuances bleutées.

À quelques minutes du col se trouve également la Baita Segantini, probablement l’un des lieux les plus photographiés des Dolomites. Installé dans les alpages à plus de 2 100 mètres d’altitude, ce refuge bénéficie d’une vue absolument exceptionnelle sur le Cimon della Pala et la Vezzana. Le petit étang situé à proximité reflète souvent les montagnes et compose un décor d’une beauté presque irréelle.En hiver aussi, un tracé pour les randonnées en raquettes rend la Baita Segantini facilement accessible depuis le Passo Rolle.

Il est difficile de trouver un endroit qui résume aussi bien l’esprit des Dolomites : des alpages paisibles, quelques bâtiments traditionnels et, en arrière-plan, certaines des plus belles montagnes des Alpes.

La Val Canali, un écrin de nature au pied des grandes parois dolomitiques

Si la Val Venegia évoque les grands espaces ouverts et les vastes alpages dominés par le Cimon della Pala, la Val Canali dévoile une tout autre personnalité. Plus secrète, plus boisée et plus intime, elle constitue l’un des plus beaux visages du parc naturel Paneveggio-Pale di San Martino et offre une immersion remarquable dans les paysages les plus préservés du Primiero.

Depuis le fond de la vallée, une route étroite s’élève progressivement entre les prairies et les forêts de conifères. Les villages et l’animation du Primiero semblent rapidement s’éloigner. Peu à peu, le décor se referme. Les sapins deviennent plus nombreux, les clairières se succèdent et, au détour d’un virage, apparaissent soudain les impressionnantes falaises du Sass Maor et de la Cima della Madonna.

Le contraste est spectaculaire. Ces montagnes semblent surgir directement des prairies. Leurs parois presque verticales dominent de plusieurs centaines de mètres les forêts et donnent au paysage une profondeur saisissante. À certaines heures de la journée, lorsque les nuages accrochent les sommets ou que la lumière de fin d’après-midi vient éclairer les falaises, l’ambiance devient presque irréelle.

La Val Canali est souvent considérée comme l’un des paysages les plus romantiques des Dolomites méridionales. Cette réputation tient beaucoup à l’harmonie qui règne ici entre les différents éléments du décor. Les alpages, les forêts, les torrents et les grandes parois rocheuses semblent avoir trouvé un équilibre parfait.

La vallée constitue également l’une des principales portes d’entrée du parc naturel Paneveggio-Pale di San Martino, créé afin de préserver les écosystèmes exceptionnels de cette partie des Dolomites. La faune y est particulièrement riche. Les chamois fréquentent régulièrement les pentes herbeuses, les cerfs peuplent les forêts et de nombreuses espèces d’oiseaux trouvent refuge dans ces milieux préservés.

Au cœur de la vallée se trouve l’un de ses lieux emblématiques : la Villa Welsperg. Cette élégante demeure du XIXe siècle, entourée de prairies et de petits plans d’eau, abrite aujourd’hui le siège du parc naturel. Son environnement est remarquable. Les montagnes semblent l’entourer de toutes parts et l’ensemble compose un paysage d’une rare élégance.

Même sans entreprendre de longues randonnées, la Val Canali mérite largement le détour. Une promenade dans le fond de vallée, un pique-nique dans les prairies ou simplement quelques instants passés à contempler les grandes falaises du Sass Maor suffisent à comprendre pourquoi ce lieu figure parmi les plus beaux paysages du Trentin.

Parc Naturel dans les Dolomites: Panneveggio e Pale di san Martino
Lago Welsperg

Les lacs de Calaita et de Welsperg, deux parenthèses de douceur dans les Dolomites

Les Dolomites sont souvent associées à leurs falaises spectaculaires et à leurs sommets imposants. Pourtant, autour de San Martino di Castrozza, l’eau joue également un rôle essentiel dans les paysages.

Le lac de Calaita est sans doute l’un des endroits les plus attachants de toute la région. Situé à environ 1 600 mètres d’altitude, au-dessus du Primiero, il se découvre après avoir traversé des forêts et des pâturages qui semblent déjà annoncer une autre montagne, plus douce et plus pastorale.

La première vision du lac est toujours saisissante.

Ses eaux tranquilles reflètent les silhouettes des Pale di San Martino, qui se dressent au loin comme une immense muraille minérale. Les prairies descendent presque jusqu’au bord de l’eau et quelques chalets d’alpage complètent ce décor d’une remarquable sérénité.

Le lac de Calaita est particulièrement beau au lever et au coucher du soleil. Lorsque l’air est parfaitement calme, les montagnes se reflètent dans l’eau avec une précision étonnante. Les falaises prennent alors les teintes rosées de l’enrosadira tandis que le lac se transforme en un immense miroir.

L’endroit invite naturellement à ralentir. On y vient moins pour pratiquer une activité particulière que pour s’accorder un moment de contemplation, observer les jeux de lumière sur les montagnes ou simplement profiter du silence.

Plus discret, le petit lac de Welsperg possède lui aussi un charme particulier. Situé à proximité de la Villa Welsperg, au cœur de la Val Canali, il se découvre dans un environnement plus forestier et plus intime.

Ici, le paysage se fait plus secret. Les arbres se reflètent dans l’eau, les montagnes apparaissent entre les branches et l’atmosphère évoque davantage les lacs des Alpes centrales que les grands panoramas ouverts auxquels les Dolomites nous ont habitués.

Ces deux lacs rappellent parfaitement la diversité des paysages de San Martino di Castrozza. À quelques kilomètres seulement des grandes parois dolomitiques, ils offrent des ambiances plus paisibles et plus contemplatives qui participent pleinement au charme du territoire.

Les plus beaux points de vue accessibles autour de San Martino di Castrozza

L’une des grandes qualités de la région est de permettre l’accès à des panoramas exceptionnels sans exiger nécessairement de longues randonnées.

Le Passo Rolle constitue évidemment le premier de ces belvédères. À près de 2 000 mètres d’altitude, il offre l’une des plus belles vues sur le Cimon della Pala et les principaux sommets des Pale di San Martino. Les alpages qui entourent le col et les petites zones humides qui ponctuent le paysage apportent une remarquable profondeur à la scène.

À quelques minutes de marche du col, la Baita Segantini demeure probablement le point de vue le plus célèbre de toute la région. Son petit étang reflétant les grandes montagnes est devenu une véritable icône des Dolomites.

Le plateau de Rosetta constitue une autre expérience spectaculaire. Grâce aux téléphériques de Colverde et de Rosetta, il est possible de gagner rapidement les hautes altitudes et de profiter de panoramas immenses sur le Trentin, les Dolomites de Fassa, le massif du Lagorai et, par temps clair, jusqu’aux Alpes autrichiennes.

Le lac de Calaita figure lui aussi parmi les grands points de vue de la région. Son panorama plus éloigné sur les Pale de San Martino lui confère une atmosphère particulièrement poétique.

Enfin, plusieurs routes secondaires du Primiero offrent de magnifiques perspectives sur les montagnes. Les prairies qui entourent Siror, Tonadico ou Transacqua permettent souvent d’admirer les sommets dans des conditions remarquables, particulièrement au lever du soleil lorsque les premières lumières viennent progressivement illuminer les falaises.

L’un des plaisirs de San Martino di Castrozza consiste précisément à multiplier ces haltes improvisées, à s’arrêter quelques minutes au bord d’une route ou dans un pré pour contempler les montagnes et observer leurs couleurs évoluer au fil des heures.

La randonnée facile à la Baita Segantini au pied du Cimon della Pala
Baita Segantini

Quelles randonnées faire autour de San Martino di Castrozza ?

La région constitue un véritable paradis pour les amateurs de marche.

L’une des randonnées les plus accessibles et les plus spectaculaires reste celle de la Val Venegia. Depuis le Passo Rolle, un itinéraire facile permet de remonter la vallée au milieu des pâturages jusqu’aux anciens alpages de Malga Venegia et de Malga Venegiota. Comptez environ deux heures de marche aller-retour pour profiter pleinement du paysage.

Les familles apprécient également les promenades aménagées de la Val Canali. Plusieurs sentiers traversent les prairies et les forêts et permettent d’approcher les grandes falaises du Sass Maor sans difficulté particulière.

Pour découvrir les hautes altitudes, le plateau de Rosetta constitue une excellente option. L’utilisation des remontées mécaniques permet de rejoindre directement les paysages minéraux des Pale di San Martino et d’effectuer plusieurs boucles de difficulté modérée.

Les randonneurs plus expérimentés disposent d’un terrain de jeu exceptionnel. Le refuge Pedrotti alla Rosetta, le refuge Pradidali ou le refuge Velo della Madonna constituent de magnifiques objectifs de randonnée. Certains itinéraires empruntent également des via ferrata historiques, héritées de l’époque où ces montagnes se trouvaient sur la ligne de front entre l’Italie et l’Empire austro-hongrois pendant la Première Guerre mondiale.

L’intérêt de la région tient aussi à l’extraordinaire diversité de ses paysages. Il est possible, dans une même journée, de traverser des forêts de sapins, de marcher au milieu des alpages et de découvrir des décors minéraux évoquant un autre monde.

Peu de régions des Dolomites offrent une telle variété de paysages dans un espace aussi réduit.

Un magnifique circuit de cols pour découvrir les Dolomites méridionales

Les Dolomites sont faites pour être parcourues lentement. On peut bien sûr y venir pour gravir un sommet, entreprendre une longue randonnée ou passer quelques jours dans un village de montagne. Mais il existe aussi une autre manière de les découvrir : prendre la route et se laisser guider de col en col, de vallée en vallée, en s’arrêtant dès qu’un paysage attire le regard.

San Martino di Castrozza se prête admirablement à cet exercice. Sa position géographique, à la frontière entre le Trentin et la Vénétie, en fait une excellente base pour explorer les Dolomites méridionales et composer de magnifiques itinéraires en voiture.

Le premier circuit, sans doute le plus accessible, consiste à rejoindre le Passo Rolle puis à poursuivre vers la vallée de Fiemme. Depuis San Martino di Castrozza, la route s’élève rapidement au milieu des forêts de conifères avant de déboucher sur les grands espaces du col. L’arrivée est spectaculaire. Les prairies alpines s’ouvrent brusquement et le Cimon della Pala apparaît dans toute sa splendeur.

On comprend immédiatement pourquoi de nombreux voyageurs considèrent le Passo Rolle comme l’un des plus beaux cols des Dolomites.

La route redescend ensuite vers Predazzo et la vallée de Fiemme en traversant de vastes forêts de sapins et de pins cembro, arbre emblématique des Dolomites. Les paysages deviennent plus ouverts, plus pastoraux, avant de rejoindre les villages de la vallée.

Il est alors possible de revenir vers San Martino di Castrozza en empruntant le Passo Valles et la vallée du Biois. Cette boucle offre une succession remarquable de paysages : hauts pâturages, forêts profondes, villages de montagne et grands panoramas dolomitiques.

Un autre itinéraire particulièrement séduisant consiste à rejoindre Feltre par le Passo Cereda. Ce col, moins spectaculaire que le Passo Rolle mais infiniment plus confidentiel, traverse des paysages d’une grande douceur. Les forêts y sont omniprésentes et les vues s’ouvrent régulièrement sur les sommets du Primiero.

En descendant vers Feltre, on quitte progressivement l’univers des Dolomites pour retrouver celui des Préalpes et des collines vénitiennes. Les reliefs deviennent plus arrondis, le climat plus doux et la végétation plus méridionale. Ce contraste est particulièrement intéressant car il permet de prendre conscience de la singularité géographique de San Martino di Castrozza, véritable trait d’union entre plusieurs mondes alpins.

Les amateurs de photographie gagneront à multiplier les arrêts. Dans cette partie des Dolomites, les paysages changent sans cesse. Une vallée s’ouvre, une falaise apparaît entre les arbres, un village surgit au milieu des prairies. Il est difficile de parcourir ces routes sans être constamment tenté de s’arrêter.

Et c’est précisément ainsi qu’il faut découvrir cette région : sans se presser.

Les Dolomites méridionales ne se donnent jamais immédiatement. Elles se dévoilent progressivement, au fil des kilomètres, des lumières et des rencontres.

Le plus beau panorama sur les Pale di San Martino
Panorama sur San Martino di Castrozza et les Pale di San Martino en hiver

San Martino di Castrozza en hiver, une autre montagne

Lorsque les premières neiges recouvrent les alpages et que les mélèzes perdent leurs aiguilles dorées, San Martino di Castrozza entre dans une nouvelle saison.

L’atmosphère du village change complètement.

Les terrasses disparaissent sous la neige, les forêts deviennent silencieuses et les grandes falaises des Pale di San Martino prennent des teintes bleutées qui accentuent encore leur caractère monumental. Au lever du soleil, les premiers rayons viennent illuminer les sommets tandis que le village demeure encore dans l’ombre. Le spectacle est souvent magnifique.

L’hiver constitue d’ailleurs l’une des grandes saisons touristiques de San Martino di Castrozza.

Le domaine skiable de San Martino di Castrozza-Passo Rolle s’étend entre environ 1 400 et 2 400 mètres d’altitude et propose une soixantaine de kilomètres de pistes reliées par une vingtaine de remontées mécaniques. L’ensemble fait partie du vaste réseau Dolomiti Superski, qui regroupe douze grands domaines et plus de 1 200 kilomètres de pistes à travers les Dolomites.

Le secteur principal s’organise autour de plusieurs zones.

Les pistes du Colverde et de Ces permettent de skier pratiquement au départ du village et offrent de magnifiques vues sur les Pale di San Martino. Le secteur de Tognola, accessible par télécabine, propose des pistes plus longues et variées, adaptées aussi bien aux skieurs intermédiaires qu’aux plus expérimentés.

Au Passo Rolle, l’ambiance devient plus sauvage et plus contemplative. Les pistes évoluent au milieu des grands espaces ouverts du col, avec en permanence le Cimon della Pala comme toile de fond. Peu de domaines skiables offrent un décor aussi spectaculaire.

L’une des grandes qualités de San Martino di Castrozza réside dans son caractère relativement familial. On est loin de l’animation parfois intense de certaines grandes stations des Dolomites. Ici, les distances sont courtes, l’atmosphère demeure paisible et la montagne conserve une présence presque permanente.

Même ceux qui ne skient pas trouvent facilement leur bonheur.

Le ski de fond occupe une place importante dans la région. Plusieurs itinéraires nordiques permettent de découvrir les paysages enneigés du Primiero et du Passo Rolle dans des conditions exceptionnelles. Les forêts de conifères, les alpages et les grands espaces ouverts du col composent un décor particulièrement propice à cette pratique.

Les amateurs de raquettes disposent également d’un formidable terrain de découverte.

De nombreux itinéraires permettent de traverser les forêts enneigées, de rejoindre des clairières ou de gagner des belvédères offrant des vues spectaculaires sur les Pale di San Martino. Marcher dans ces paysages silencieux procure une sensation très différente de celle de l’été. Les sons semblent absorbés par la neige, les montagnes paraissent plus imposantes encore et la lumière hivernale crée des atmosphères d’une rare beauté.

Certaines sorties conduisent jusqu’aux alpages de la Val Venegia, qui deviennent en hiver de vastes étendues immaculées dominées par les silhouettes impressionnantes du Cimon della Pala et de la Vezzana. D’autres permettent de découvrir les forêts du parc naturel Paneveggio-Pale di San Martino, où l’on peut parfois observer des traces de chevreuils, de renards ou de lièvres variables.

Les fins de journée possèdent une magie particulière.

Lorsque le soleil disparaît derrière les montagnes, les falaises s’embrasent une dernière fois sous l’effet de l’enrosadira. Les sommets prennent des couleurs roses et orangées qui contrastent avec le blanc de la neige et le bleu profond du ciel hivernal.

Le village retrouve alors son calme.

Quelques lumières s’allument aux fenêtres, les promeneurs rentrent lentement et les montagnes s’effacent peu à peu dans l’obscurité.

C’est souvent à ce moment-là que l’on comprend véritablement le charme de San Martino di Castrozza.

Cette destination séduit par l’atmosphère qu’elle dégage. Entre les grands panoramas des Pale di San Martino, les vallées secrètes de la Val Canali et de la Val Venegia, les lacs paisibles du Primiero et les routes de cols qui invitent sans cesse à la découverte, elle propose une autre manière de vivre les Dolomites.

Plus intime. Plus contemplative. Et profondément alpine.

Lorsque l’on quitte finalement le Primiero pour reprendre la route vers Trente ou Venise, les silhouettes des Pale de San Martino demeurent longtemps dans le rétroviseur. Puis elles disparaissent derrière une dernière crête.

Mais le souvenir, lui, reste intact.

Crédits photos

Pale: Coucher de soleil

Stefano Merler (Merlo) and Monica Dallabona., CC BY-SA 2.5 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5>, via Wikimedia Commons// https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/41/Pale_di_san_martino_tramonto.jpg

San Martino // Village

Syrio, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/34/San_Martino_di_Castrozza%2C_chiesa_dei_Santi_Martino_e_Giuliano_01.jpg

Pale San Martino

User:Alesvp, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia Commons// https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/80/Pale_San_Martino04.jpg

Cimerlo

User:Alesvp, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/94/Piereni_Cimerlo02.jpg

Baita Segantini

Fabrizio Lunardi, CC0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/25/Baita_Segantini_%28238530099%29.jpeg

San Martino inverno

Michał Kasperek, CC0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/SanMartinodiCastrozza_from_Funivia_%282700m.n.p.m.%29.jpg

San Martino été

Svíčková, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2a/San_Martino_from_Rosetta.JPG

Lago Welsperg

Cesare Barillà, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/20/Lago_Welsperg.jpg

San Martino di Castrozza hiver panoramique

Karl southernpeople@gmail.com, CC BY 2.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/2.0>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Pale_San_Martino_2.jpg

Fiera di Primiero

User:Alesvp, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9c/Fiera_di_Primiero_2.jpg

Fiera Primiero vue de San Silvestro

Tn4196, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/63/Primier_de_san_Silv%C3%A8stro.JPG

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