Il est des paysages que l’on reconnaît avant même de les avoir visités. Une mer de prairies doucement ondulées, traversée de chemins clairs et ponctuée de chalets sombres ; au loin, les murailles du Sciliar/Schlern, les deux silhouettes du Sassolungo/Langkofel et du Sasso Piatto/Plattkofel, puis les pointes rosées du Catinaccio/Rosengarten. L’Alpe di Siusi/Seiser Alm appartient à ces images devenues presque emblématiques des Dolomites. Pourtant, aucune photographie ne restitue tout à fait l’impression que procure l’arrivée sur ce vaste plateau d’altitude : l’espace qui s’ouvre soudain, la lumière qui glisse sur l’herbe, le souffle du vent dans les pâturages et cette sensation de marcher dans un paysage immense, mais jamais vide.
L’Alpe di Siusi/Seiser Alm est souvent présentée comme le plus vaste alpage d’altitude d’Europe. Elle s’étend sur environ 56 km², entre près de 1 700 et plus de 2 300 mètres d’altitude, dans un cadre protégé qui appartient en partie au parc naturel Sciliar-Catinaccio/Naturpark Schlern-Rosengarten et au territoire des Dolomites inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les montagnes qui l’entourent ne forment pas seulement une toile de fond spectaculaire : elles donnent au plateau son orientation, ses couleurs et ses ambiances. Le Sciliar/Schlern veille sur la bordure occidentale, tandis que le Sassolungo/Langkofel et le Sasso Piatto/Plattkofel ferment l’horizon à l’est. Au nord, les pentes redescendent vers Ortisei/Urtijëi et la Val Gardena/Gherdëina ; au sud, les sentiers rejoignent les contreforts du Catinaccio/Rosengarten.
On ne vient pas ici pour visiter un site isolé, mais pour entrer dans un paysage qui se parcourt. L’été, les prairies se couvrent de fleurs, les troupeaux gagnent les alpages et les chemins relient Compaccio/Compatsch à Saltria, Bullaccia/Puflatsch, Monte Piz, Panorama ou aux refuges installés au pied des sommets. L’hiver, la neige efface les limites entre les prés, adoucit les reliefs et transforme l’Alpe en vaste domaine de ski, de fond et de randonnée hivernale. Dans les deux saisons, la progression est lente, presque contemplative : on marche quelques minutes, on s’arrête devant une ligne de crête, puis l’on repart parce qu’un autre angle de vue vient de s’ouvrir.
Comprendre l’Alpe di Siusi/Seiser Alm : un haut plateau habité et façonné par l’homme
Alpe di Siusi / Seiser Alm , le plus vaste alpage d’altitude d’Europe
Le mot alpe peut prêter à confusion. L’Alpe di Siusi/Seiser Alm n’est ni un village unique ni un sommet, mais un immense territoire pastoral d’altitude. Les prairies s’étendent sur des dizaines de kilomètres carrés, séparées par des combes, des bosquets, des torrents, des routes agricoles et de petits reliefs dont les formes douces contrastent avec les parois dolomitiques qui les entourent.
L’ensemble donne une impression de continuité, mais le plateau n’est pas parfaitement horizontal. Compaccio/Compatsch, principal point d’arrivée depuis Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern (et centre touristique principal), se situe autour de 1 850 mètres. Plus à l’est, Saltria se trouve un peu plus bas, au creux d’un vaste vallon. Bullaccia/Puflatsch dépasse les 2 100 mètres, tandis que les secteurs du Panorama, de Monte Piz et des pentes tournées vers le Sassolungo/Langkofel atteignent ou franchissent les 2 000 mètres.
Ce relief doux explique que l’Alpe soit accessible à des marcheurs très différents. Certaines promenades suivent de larges chemins agricoles et ne demandent qu’un faible effort. D’autres traversent plusieurs vallons, gagnent les crêtes ou prolongent la randonnée vers le Sciliar/Schlern, le Sasso Piatto/Plattkofel ou les hauts plateaux du Catinaccio/Rosengarten.
Le réseau pédestre est considérable : les sources touristiques officielles évoquent plusieurs centaines de kilomètres de sentiers dans l’ensemble de la région, avec des itinéraires adaptés aussi bien aux familles qu’aux marcheurs expérimentés.
Un paysage naturel, mais profondément agricole
L’Alpe di Siusi/Seiser Alm paraît sauvage lorsque la brume monte du fond des vallées ou lorsque les premières neiges recouvrent les prairies. Pourtant, son apparence actuelle est indissociable de siècles de pastoralisme.
Les chalets, les granges, les clôtures et les chemins témoignent d’une occupation saisonnière ancienne. Chaque été, les troupeaux montent depuis les villages des versants inférieurs. L’herbe est pâturée ou fauchée, les bâtiments agricoles sont entretenus et les refuges perpétuent une cuisine liée à ce monde pastoral : fromages, beurre, speck, canederli, soupes, polenta et desserts aux pommes ou au pavot.
Ce travail empêche la forêt de reconquérir entièrement le plateau et conserve cette ouverture paysagère qui fait aujourd’hui sa renommée. Ce que le voyageur perçoit comme une immense scène naturelle résulte donc d’un équilibre fragile entre altitude, climat et activité humaine.
Au début de l’été, les fleurs donnent aux prairies un relief presque tactile. Les gentianes, les orchidées, les renoncules et les alpenroses composent des taches de couleur dans l’herbe. Plus tard, le foin sèche au soleil et son odeur douce se mêle à celle de la terre chaude. À l’automne, les tons se ferment : les prairies deviennent blondes, les mélèzes prennent une teinte de cuivre et les premières gelées blanchissent les creux ombragés.

Le Sciliar/Schlern, montagne-symbole du Südtirol/Alto Adige
À l’ouest de l’Alpe, le Sciliar/Schlern domine le paysage par sa forme massive. Son plateau supérieur est surmonté par le Monte Pez/Petz, qui atteint 2 563 mètres. Ses deux aiguilles, la Punta Santner/Santnerspitze et la Punta Euringer/Euringerspitze, donnent au massif une silhouette immédiatement reconnaissable, utilisée depuis longtemps comme symbole du Südtirol/Alto Adige.
Depuis les prairies, la montagne paraît parfois proche, presque posée au bord du plateau. Pourtant, son ascension demande une vraie randonnée. Les sentiers quittent les zones pastorales, franchissent des pentes plus raides et gagnent un univers minéral où les distances semblent s’allonger.
Le Sciliar/Schlern change également de caractère au fil de la journée. Le matin, sa masse sombre se découpe dans la lumière venant de l’est. À midi, les détails des falaises s’aplatissent sous le soleil. Le soir, les parois prennent des nuances grises, violettes ou rosées, tandis que les prairies sont déjà plongées dans une ombre fraîche.

Entrer sur l’Alpe par Compaccio/Compatsch
Le premier regard sur le plateau
La plupart des visiteurs arrivent à Compaccio/Compatsch, soit par la télécabine montant de Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern, soit par la route réglementée. Le lieu constitue le principal seuil du plateau : gare supérieure, arrêts de bus, hôtels, départs de sentiers et premières pistes de ski s’y concentrent.
À la sortie de la télécabine, l’impression n’est pas immédiatement celle d’une nature isolée. On retrouve des bâtiments, des véhicules de service, des calèches et une certaine animation. Il suffit cependant de marcher quelques centaines de mètres pour que le plateau s’ouvre. Les constructions s’espacent, les chemins se divisent et le regard commence à circuler librement entre les prairies et les sommets.
Compaccio/Compatsch est moins un lieu où l’on s’attarde qu’un point de redistribution. De là, on peut monter vers Bullaccia/Puflatsch, rejoindre le secteur du Panorama, marcher vers Saltria, suivre les chemins en direction du Sciliar/Schlern ou emprunter les bus internes qui parcourent le plateau.
L’église San Francesco/St. Franziskus
À proximité du centre se trouve l’église San Francesco/St. Franziskus, édifice contemporain dont la silhouette basse s’intègre au paysage. Sa présence rappelle que l’Alpe n’est pas seulement un territoire sportif : elle reste aussi un espace de vie saisonnière, de traditions et de spiritualité montagnarde.
L’intérieur, plus sobre que celui des églises baroques des villages voisins, offre un moment de calme avant de repartir sur les sentiers. Lorsque la porte s’ouvre, le silence de l’édifice laisse soudain entrer les sons du plateau : cloches des troupeaux, roues des calèches, conversations des marcheurs et souffle du vent.
Les chemins vers Panorama et Ritsch
Depuis Compaccio/Compatsch, une promenade facile conduit vers le secteur de Panorama puis vers Ritsch. La pente est progressive et les chemins restent larges. Au fur et à mesure de la montée, l’horizon s’élargit : le Sciliar/Schlern se dégage sur la droite, tandis que le Sassolungo/Langkofel et le Sasso Piatto/Plattkofel s’imposent davantage vers l’est.
Ritsch constitue l’un des grands carrefours du plateau, été comme hiver. Les refuges et les pistes s’y croisent, mais le paysage conserve une grande ampleur. En hiver, il devient l’un des centres majeurs du ski de fond, au départ d’un réseau de 80 kilomètres de pistes préparées entre environ 1 800 et 2 200 mètres d’altitude.

Bullaccia/Puflatsch, balcon panoramique au-dessus de l’Alpe
Une montagne douce posée sur le plateau
Bullaccia/Puflatsch forme une sorte de plateau dans le plateau. Son sommet arrondi, accessible depuis Compaccio/Compatsch à pied ou par remontée mécanique, offre l’un des panoramas les plus complets sur l’Alpe di Siusi/Seiser Alm.
L’ascension à pied n’est pas techniquement difficile, mais elle demande un effort régulier. À mesure que l’on gagne de l’altitude, les toits de Compaccio deviennent plus petits, les lignes du plateau se lisent mieux et les villages du fond de vallée apparaissent au loin.
Un panorama extraordinaire
Depuis la partie supérieure, la vue embrasse le Sciliar/Schlern, le Catinaccio/Rosengarten, le Sassolungo/Langkofel, le Sasso Piatto/Plattkofel, les Odle/Geisler et, par temps clair, une large partie des Alpes du Südtirol.
Le vent est souvent plus sensible ici. Il couche l’herbe, fait vibrer les clôtures et transporte parfois l’odeur de la pluie avant même que les nuages ne recouvrent le plateau.
Les bancs des sorcières
Bullaccia/Puflatsch est aussi associée aux légendes des sorcières du Sciliar/Schlern. Des formations rocheuses connues sous le nom de bancs des sorcières rappellent ces récits populaires dans lesquels le massif devenait un lieu de rassemblement, de tempêtes et de forces mystérieuses.
Ces histoires appartiennent à l’imaginaire ancien de la région. Elles donnent une dimension supplémentaire au paysage, notamment lorsque les nuages descendent rapidement sur les crêtes et que les chemins disparaissent dans une brume épaisse. Ce qui paraît lumineux et accueillant sous le soleil peut alors devenir silencieux et presque inquiétant en quelques minutes.
Une boucle panoramique accessible
La boucle de Bullaccia/Puflatsch est l’une des randonnées les plus intéressantes pour une première découverte. Selon le point de départ exact et les variantes, elle demande environ deux heures trente à trois heures et représente quelques centaines de mètres de dénivelé.
Le parcours alterne sentiers ouverts, passages proches des fermes et points de vue sur les vallées. Il est particulièrement beau tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque la lumière latérale souligne les ondulations du terrain.
En hiver, Bullaccia/Puflatsch reste accessible par des chemins préparés. Une randonnée hivernale officielle y est donnée pour environ 2 h 40 et un peu plus de 400 mètres de dénivelé.

Saltria, le versant paisible tourné vers le Sassolungo
Un fond de plateau plus intime
À l’est de l’Alpe, Saltria occupe une vaste dépression au pied du Sassolungo/Langkofel et du Sasso Piatto/Plattkofel. L’ambiance y est différente de celle de Compaccio/Compatsch. Les pentes paraissent plus proches, les forêts reprennent davantage de place et les sommets dominent le paysage avec une présence plus verticale.
On peut rejoindre Saltria à pied par plusieurs itinéraires ou en empruntant le bus interne depuis Compaccio. Le trajet traverse les prairies, passe près des refuges et révèle progressivement le groupe du Sassolungo sous un angle de plus en plus imposant.
Au matin, la lumière atteint tardivement certains creux. L’herbe reste humide, les épicéas diffusent une odeur résineuse et les silhouettes des montagnes se reflètent parfois dans de petites zones d’eau. À midi, le vallon devient plus animé, avant de retrouver rapidement son calme en fin de journée.
Le sentier Hans-et-Paula-Steger
Le sentier Hans-et-Paula-Steger relie les secteurs de Compaccio et de Saltria à travers les paysages centraux de l’Alpe. Il porte le nom de deux alpinistes liés à l’histoire locale et permet de découvrir le plateau sans rechercher la difficulté.
Le parcours traverse les prairies, longe plusieurs refuges et offre des vues continues sur les massifs environnants. Il peut être parcouru dans un sens puis combiné avec le bus interne pour revenir au point de départ.
L’intérêt de cette randonnée tient moins à un sommet qu’à la succession des ambiances. On passe d’un paysage très ouvert à des passages proches des bois, puis à des zones où les chalets s’éparpillent dans les pâturages. Le sentier constitue une excellente introduction à la géographie de l’Alpe.
Vers le Sasso Piatto/Plattkofel et Monte Pana
Depuis Saltria, les marcheurs plus entraînés peuvent poursuivre vers le secteur de Zallinger, puis se rapprocher du Sasso Piatto/Plattkofel. Les pentes deviennent plus marquées et le caractère pastoral cède progressivement la place à la haute montagne.
Une autre liaison conduit vers Monte Pana, au-dessus de Santa Cristina Valgardena/Santa Cristina Gherdëina. En hiver, cette connexion est utilisée par les skieurs souhaitant rejoindre la Val Gardena/Gherdëina. Elle n’est toutefois pas une liaison continue skis aux pieds sur tout le parcours : un ski-bus relie Saltria à Monte Pana, d’où l’on accède aux pistes de la vallée et à la Sellaronda.
Les villages d’accès à l’Alpe di Siusi/Seiser Alm
L’Alpe n’est pas un territoire isolé du reste de la région. Elle est entourée de villages qui possèdent chacun une atmosphère, une histoire et une relation particulière avec le plateau. Le choix du lieu de séjour modifie donc profondément l’expérience.
Castelrotto/Kastelruth, le village historique au pied de l’Alpe
Une place animée et un clocher visible de loin
Castelrotto/Kastelruth se trouve sur un plateau intermédiaire dominant la vallée de l’Isarco/Eisacktal. C’est le plus grand des villages touristiques de la région de l’Alpe di Siusi et l’un des plus vivants. Son centre ancien, organisé autour de la place principale et d’un haut clocher, a été intégré à l’association des plus beaux villages d’Italie.
Les façades peintes, les auberges, les commerces et les balcons fleuris donnent au centre une atmosphère très sud-tyrolienne. L’allemand domine dans les conversations, mais les panneaux et les services restent bilingues, conformément au fonctionnement du Südtirol/Alto Adige.
Le village est particulièrement agréable en début de matinée, avant que les terrasses ne se remplissent. On entend les cloches de l’église, le bruit des livraisons et les premiers autobus qui partent vers Siusi ou l’Alpe.
Une porte indirecte vers le plateau
Castelrotto n’est pas situé au départ principal de la télécabine, mais il est bien relié à Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern par les bus locaux. En été, la remontée de Marinzen permet également de gagner un alpage intermédiaire et de partir à pied vers plusieurs itinéraires.
Séjourner à Castelrotto convient particulièrement à ceux qui recherchent un vrai centre de village, des restaurants, des commerces et une ambiance locale en soirée, tout en gardant un accès facile au plateau.

Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern, la porte principale de l’Alpe
Le village situé sous le Sciliar
Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern se trouve directement au pied du Sciliar/Schlern et constitue la principale porte d’accès occidentale à l’Alpe. Le village est moins monumental que Castelrotto, mais sa situation est remarquable. Les prairies montent vers les premières forêts, tandis que la silhouette du massif apparaît au-dessus des toits.
Le centre conserve une atmosphère de village alpin, avec une place, des hôtels, des maisons traditionnelles et les traces d’une longue activité touristique. La région officielle le présente comme l’une des grandes portes des Dolomites et comme un lieu profondément associé aux légendes du Sciliar.
La télécabine Siusi–Alpe di Siusi
La gare inférieure de la télécabine se trouve à la sortie du village et dispose de parkings. C’est l’accès le plus simple et le plus utilisé pour rejoindre Compaccio/Compatsch.
La montée dure quelques minutes et fait gagner près de 900 mètres d’altitude. Peu à peu, les maisons disparaissent, les forêts s’ouvrent et le plateau apparaît au-dessus de la dernière crête. L’arrivée est particulièrement spectaculaire par beau temps, lorsque le Sassolungo/Langkofel surgit à l’horizon.
En été, la télécabine est annoncée en service de fin mai à début novembre, avec des horaires allant généralement de 8 h à 18 h, prolongés jusqu’à 19 h au cœur de l’été. Les billets peuvent être achetés aux guichets et en ligne.
Fiè allo Sciliar/Völs am Schlern, entre lac, culture et douceur climatique
Un village plus bas, tourné vers le bien-être
Fiè allo Sciliar/Völs am Schlern se situe à une altitude inférieure à celle de Castelrotto et de Siusi, dans un environnement plus doux. Le paysage y combine vignobles, vergers, forêts et vues sur le Sciliar.
Le village est connu pour ses bains de foin traditionnels, une pratique de bien-être liée à l’herbe coupée des alpages, ainsi que pour le lac de Fiè/Völser Weiher, petit lac forestier réputé pour la baignade en été et les promenades en toute saison. La région officielle met également en avant le château de Presule/Schloss Prösels, les itinéraires agricoles et le patrimoine du centre.
Fiè constitue un bon choix pour ceux qui souhaitent combiner l’Alpe avec des visites culturelles, des promenades plus basses et un climat moins rude.
Rejoindre l’Alpe depuis Fiè
Fiè n’est pas reliée directement au plateau par une grande remontée mécanique. Il faut rejoindre Siusi en bus ou en voiture, puis prendre la télécabine. La ligne régionale 170 dessert l’axe Bolzano/Bozen–Fiè–Siusi–Castelrotto, tandis que d’autres navettes assurent les liaisons locales.
Cette distance ajoute un temps de transfert, mais elle permet de séjourner dans un environnement plus calme, à proximité du lac et des sentiers du bas Sciliar.

Ortisei/Urtijëi, l’accès oriental depuis la Val Gardena/Gherdëina
Une entrée différente sur l’Alpe
Ortisei/Urtijëi se trouve dans la Val Gardena/Gherdëina, sur le versant nord-est de l’Alpe. Le village constitue une porte d’accès totalement différente de Siusi.
Depuis le centre d’Ortisei, une télécabine monte directement vers Mont Sëuc, autour de 2 000 mètres d’altitude. L’arrivée offre une vue immédiate sur l’Alpe, le Sciliar, le Sassolungo et le Sasso Piatto.
Cette entrée est particulièrement spectaculaire, car elle débouche directement sur les prairies supérieures. Elle convient aux visiteurs séjournant en Val Gardena ou souhaitant organiser une traversée vers Compaccio et Saltria.
Accès en transport public
Ortisei est reliée à Ponte Gardena/Waidbruck et Chiusa/Klausen par la ligne de bus 350, qui circule généralement à fréquence élevée. Depuis l’arrêt Piazza Sant’Antonio, la gare de la télécabine se trouve à environ cinq minutes à pied.
Un parking payant existe également à la gare inférieure, mais sa capacité est limitée.

Les plus belles randonnées panoramiques sur l’Alpe di Siusi/Seiser Alm
La boucle Compaccio–Panorama–Ritsch
Une première immersion accessible
Cette boucle constitue l’une des meilleures introductions au plateau. Depuis Compaccio, on gagne progressivement le secteur de Panorama, puis Ritsch, avant de revenir par les chemins agricoles.
Selon les variantes, il faut compter environ 8 à 12 kilomètres, entre trois et quatre heures de marche, avec un dénivelé généralement inférieur à 400 mètres.
Le parcours offre une vue presque continue sur le Sciliar, le Sassolungo et le Sasso Piatto. Il convient aux marcheurs habitués à plusieurs heures de marche, sans difficulté technique.
Le meilleur moment se situe tôt le matin, lorsque les chemins sont encore calmes et que la lumière éclaire progressivement les sommets depuis l’est.
La boucle de Bullaccia/Puflatsch
Le panorama le plus complet
Depuis Compaccio, on monte vers Bullaccia/Puflatsch par les sentiers ou par la remontée mécanique. La boucle supérieure permet de parcourir les crêtes douces et de découvrir plusieurs points de vue.
L’itinéraire demande environ 2 h 30 à 3 h 30, pour un dénivelé de 350 à 500 mètres selon le départ.
La vue porte vers la Val Gardena, les Odle, le Sassolungo, le Catinaccio et le Sciliar. Les bancs des sorcières ajoutent une dimension culturelle à la randonnée.
Il faut prévoir une couche chaude, même en été, car le vent peut être soutenu sur la partie supérieure.

Le sentier Hans-et-Paula-Steger vers Saltria
Une traversée au cœur des prairies
Ce sentier relie les secteurs centraux de l’Alpe à Saltria. Selon le point de départ, le parcours mesure autour de 9 à 12 kilomètres et demande trois à quatre heures.
Il traverse un paysage typique du plateau : prairies, chalets, petits vallons et vues ouvertes sur les Dolomites. Le retour peut se faire en bus depuis Saltria, ce qui évite de doubler la distance.
Cette randonnée est particulièrement belle en juin et au début de juillet, lorsque les fleurs sont nombreuses, ou en septembre, lorsque l’air devient plus clair et les couleurs plus chaudes.
De Saltria à Zallinger
Sous le Sassolungo et le Sasso Piatto
Depuis Saltria, le chemin monte vers Zallinger à travers les prairies et les lisières de forêt. La randonnée représente environ 8 à 10 kilomètres aller-retour et 300 à 450 mètres de dénivelé.
Le Sassolungo/Langkofel et le Sasso Piatto/Plattkofel dominent constamment l’itinéraire. À mesure que l’on avance, les falaises paraissent plus verticales et les détails de la roche deviennent visibles.
Le site de Zallinger, avec sa petite église et ses refuges, constitue un très beau but de promenade. Le retour vers Saltria se fait par le même chemin ou par une variante.
Vers le refuge Bolzano/Schlernhaus et le Sciliar/Schlern
Une grande randonnée d’altitude
L’ascension vers le Sciliar est l’une des randonnées majeures de la région. Selon le départ, elle demande une longue journée, souvent plus de 1 000 mètres de dénivelé et entre six et huit heures de marche.
Le refuge Bolzano/Schlernhaus se trouve à environ 2 450 mètres. De là, il est possible de poursuivre vers le Monte Pez/Petz, point culminant du massif à 2 563 mètres.
La randonnée quitte progressivement l’univers pastoral. Les prairies cèdent la place aux pentes pierreuses et aux plateaux calcaires. Depuis le sommet, le panorama s’étend sur une très large partie du Südtirol et des Dolomites.
Cet itinéraire exige une bonne condition physique, une météo stable et un départ matinal.

L’Alpe di Siusi au fil des saisons
Juin et juillet : le temps des fleurs
Le début de l’été est probablement la période la plus colorée. Les prairies sont hautes, les fleurs abondantes et les sommets conservent parfois quelques plaques de neige.
Les journées sont longues, mais les orages peuvent se développer l’après-midi. Il est préférable de commencer tôt les randonnées longues.
Août : lumière et fréquentation
Août offre des conditions souvent favorables, mais c’est aussi la période la plus fréquentée. Les télécabines, refuges et principaux sentiers peuvent être très animés.
Pour retrouver le calme, il faut partir avant l’arrivée des premières remontées, choisir les chemins secondaires ou marcher en fin d’après-midi en restant attentif à l’heure de fermeture des installations.
Septembre et octobre : l’Alpe devient dorée
L’automne apporte une lumière plus douce, des températures fraîches et une visibilité souvent excellente. Les troupeaux redescendent progressivement et les prairies prennent des teintes blondes.
Les premières neiges peuvent arriver tôt. Les horaires des remontées se réduisent et certains refuges ferment avant la fin de la saison.
L’hiver : un paysage presque irréel
Sous la neige, l’Alpe perd une partie de ses couleurs, mais gagne en pureté. Les reliefs deviennent plus simples, les chalets émergent à peine des pentes et les montagnes semblent encore plus nettes dans l’air froid.
La fréquentation se concentre autour des pistes et des grandes remontées. Quelques pas sur un chemin hivernal suffisent souvent pour retrouver le silence.
Comment accéder à l’Alpe di Siusi/Seiser Alm en été ?
En télécabine depuis Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern
La télécabine de Siusi constitue la solution la plus simple. Elle part à proximité du village et arrive à Compaccio/Compatsch, principal carrefour du plateau.
En haute saison, il est préférable d’arriver tôt, surtout les week-ends. Les parkings de la gare inférieure peuvent se remplir rapidement et les files s’allongent à partir du milieu de matinée.
L’avantage de cet accès réside dans sa souplesse : à Compaccio, on peut partir à pied, emprunter le bus interne vers Saltria ou utiliser les remontées estivales de Bullaccia/Puflatsch, Panorama, Florian ou Spitzbühl selon leur période d’ouverture.
En télécabine depuis Ortisei/Urtijëi
L’accès depuis Ortisei conduit à Mont Sëuc, sur la partie orientale. Il est particulièrement adapté aux randonnées vers Saltria, Monte Piz et les prairies tournées vers le Sassolungo.
La remontée fonctionne en général du printemps à l’automne, avec des horaires plus longs en haute saison. L’exploitation estivale est annoncée entre début mai et début novembre, avec une fermeture autour de 17 h ou 18 h selon les périodes.
En voiture : une route strictement réglementée
L’Alpe di Siusi est un paysage protégé. Lorsque la télécabine de Siusi fonctionne, la route d’accès est fermée à la circulation privée entre 9 h et 17 h. Il est donc possible de monter en voiture avant 9 h ou après 17 h, jusqu’à Compaccio/Compatsch. La descente reste autorisée à tout moment.
Deux parkings payants existent sur le plateau : P1 à Spitzbühl et P2 à Compaccio. Lorsque les deux sont complets, l’accès peut être fermé avant 9 h au poste de contrôle de San Valentino/St. Valentin. À partir du 29 juin 2026, une réservation en ligne est annoncée comme obligatoire pour ces parkings.
Cette réglementation doit être prise au sérieux. Monter tardivement en espérant passer le contrôle conduit souvent à devoir redescendre vers la télécabine.
En bus depuis les villages
Des navettes relient Castelrotto/Kastelruth, Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern, Fiè allo Sciliar/Völs am Schlern et Tires al Catinaccio/Tiers am Rosengarten à la gare de la télécabine. Sur le plateau, la ligne interne relie Compaccio à Saltria.
Le Südtirol Guest Pass est remis par de nombreux hébergements des villages et permet d’utiliser une grande partie des transports publics régionaux. Il ne couvre toutefois pas nécessairement certains services spécifiques comme le Seiser Alm Express, la ligne interne du plateau ou certaines remontées. Les conditions doivent être vérifiées auprès de l’hébergement.
Les cartes de remontées
La région propose plusieurs formules estivales. La Seiser Alm Card Gold inclut, selon sa période de validité, la télécabine principale, certains bus et plusieurs remontées du plateau. La Dolomiti Supersummer Card permet quant à elle d’utiliser un vaste réseau de remontées dans les Dolomites et inclut le transport des vélos.
Pour un seul aller-retour, un billet classique suffit. Pour plusieurs jours de randonnée avec remontées, une carte devient souvent plus avantageuse.

Comment accéder à l’Alpe di Siusi/Seiser Alm en hiver ?
Télécabine, forfait et domaine skiable
En hiver, la télécabine Siusi–Alpe di Siusi constitue également l’accès principal au domaine. La montée et la descente sont comprises dans les forfaits Seiser Alm/Val Gardena et Dolomiti Superski.
Depuis Ortisei, la télécabine Mont Sëuc permet de rejoindre le secteur oriental. Les pistes et remontées du plateau forment un domaine adapté en priorité aux familles et aux skieurs intermédiaires, avec de larges pentes ensoleillées et peu de passages réellement extrêmes.
L’ensemble Alpe di Siusi–Val Gardena totalise officiellement 181 kilomètres de pistes et 79 remontées mécaniques. Sur l’Alpe elle-même, plus de vingt installations donnent accès à environ 62 kilomètres de pistes, selon les données historiques officielles du domaine skiable.
Ski alpin : un domaine lumineux et familial
Les pistes de l’Alpe suivent les ondulations du plateau. Elles sont souvent larges, peu encaissées et ouvertes sur le paysage. Cette configuration convient bien à l’apprentissage et au ski tranquille.
Les secteurs de Panorama, Euro, Laurin, Goldknopf, Florian et Bullaccia/Puflatsch permettent de composer de longues journées sans nécessairement emprunter deux fois le même itinéraire. Les skieurs confirmés trouveront quelques pistes plus soutenues, notamment sur Bullaccia, mais le domaine ne possède pas le même caractère sportif que les grandes descentes de la Val Gardena.
La liaison avec la Sellaronda demande de rejoindre Monte Pana depuis Saltria par ski-bus, puis les pistes de la Val Gardena. L’Alpe n’est donc pas reliée directement skis aux pieds au circuit du Sella.
Ski de fond : 80 kilomètres entre 1 800 et 2 200 mètres
L’Alpe di Siusi est l’un des grands territoires nordiques du Südtirol. Le réseau comprend 80 kilomètres de pistes, préparées pour le classique et le skating, entre 1 800 et 2 200 mètres d’altitude. Les pistes sont tracées sur neige naturelle et offrent des niveaux allant de l’initiation aux parcours de compétition.
Ritsch constitue le centre principal. De là, les boucles partent vers Compaccio, Saltria, Hartl et les secteurs supérieurs. La lumière, l’altitude et l’ouverture du paysage rendent l’expérience très différente du ski de fond en forêt : on glisse face au Sassolungo, avec le Sciliar dans le dos et des kilomètres de prairies enneigées autour de soi.
Les pistes sont réservées aux skieurs. Les piétons, chiens, luges et vélos n’y sont pas admis, car ils détériorent le damage.
Randonnée hivernale et raquettes
L’Alpe dispose d’environ 60 kilomètres de chemins hivernaux préparés. Ils relient Compaccio, Saltria, Bullaccia, Panorama et plusieurs refuges.
Marcher ici en hiver est une expérience très différente de celle de l’été. La neige absorbe les sons, les clôtures disparaissent presque et les chalets semblent isolés dans une étendue blanche. Le soleil peut être intense, mais le vent et l’ombre font rapidement chuter la température.
Les raquettes sont autorisées sur les itinéraires adaptés, mais les zones non balisées demandent prudence et connaissance du risque d’avalanche. Le plateau paraît doux, cependant certaines pentes dominant les vallons peuvent être exposées.
Une promenade qui dépasse la simple carte postale
L’Alpe di Siusi/Seiser Alm est l’un des paysages les plus photographiés des Dolomites, mais elle ne se résume pas à un point de vue. Sa beauté se comprend dans le mouvement : la marche lente entre Compaccio et Saltria, l’ascension progressive de Bullaccia, le vent qui se lève sur les crêtes, l’odeur du foin près d’un chalet, le bruit d’un torrent invisible dans l’herbe.
Chaque accès révèle une facette différente. Depuis Siusi allo Sciliar/Seis am Schlern, on arrive au pied du Sciliar et au cœur du plateau. Depuis Ortisei/Urtijëi, on débouche presque directement face au Sassolungo. Depuis Castelrotto/Kastelruth ou Fiè allo Sciliar/Völs am Schlern, l’Alpe apparaît comme le prolongement d’un territoire habité, agricole et profondément sud-tyrolien.
L’hiver, les pistes de ski et de fond parcourent ces mêmes ondulations sous la neige. L’été, les chemins relient les refuges, les alpages et les grands belvédères. Entre les deux saisons, lorsque les remontées s’arrêtent et que les troupeaux quittent les prairies, le plateau retrouve une solitude plus austère.
C’est peut-être alors que l’on perçoit le mieux ce qui rend l’Alpe di Siusi si singulière. Elle est immense sans être déserte, spectaculaire sans être écrasante, accessible sans perdre complètement son caractère montagnard. On y vient pour voir les Dolomites, puis l’on découvre que le véritable paysage se trouve aussi sous ses pas : dans l’herbe, les chemins, les chalets et les longues lignes douces qui conduisent lentement le regard vers les sommets.
Crédit Photos
Alpe di Siusi: mendhak, CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/73/Alpe_Di_Siusi_open_meadow_area.jpg
Castelrotto depuis la Bullaccia: M-Car, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/13/Castelrotto_dalla_Bullaccia.jpg
Compatsch: Luiclemens at it.wikipedia, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/Alpe_di_Siusi_CIMG3092.JPG
Alpe di Siusi été: Cristian Lorini, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/09/Dolomiti_Alpe_Siusi_-_panoramio.jpg
Alpe di Siusi et petit lac: Dreamy Pixel, CC BY 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by/4.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7e/Dark_and_gloomy_atmosphere_at_Alpe_di_Siusi_in_italian_Dolomites.jpg
Alpe di Siusi en hiver: Francesco Zanardini, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/Alpe_di_Siusi_-panoramio%282%29.jpg
Mont Sciliar: Ottavia Molinari, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8b/Monte_Sciliar_-_Siusi.jpg
Sciliar été vue complète: Francesco Zanardini, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/14/Siusi-Schiliar-_panoramio.jpg
Alpe di Siusi complète: luca.sartoni, CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Val_Gardena%2C_Italy%3B_July_2020_%2812%29.jpg
Castelruth et son église: Klaus Graf, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/Suedtirol_2010_033.jpg
Lac Fié allo Sciliar: Ladislav Luppa, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/85/V%C3%B6lser_Weiher_%281%29.jpg
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