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Bormio est un excellent point de départ vers de nombreux magnifiques sites de la Haute Valteline à découvrir à proximité. Alors même que vous marchez dans le centre historique, les montagnes vous appellent. Vous les observez depuis une terrasse, depuis un sentier en balcon, depuis les bassins chauds perchés au-dessus de la vallée, et vous vous demandez quelle merveille se cache dans chaque entaille du relief, autant de portes d’entrée vers des vallées qui mènent ailleurs. À Bormio, la montagne invite à l’aventure et à la découverte de chacun de ses recoins.

C’est donc là que commence le second temps du voyage. Après la découverte de la ville thermale, de son histoire de carrefour alpin, de son atmosphère à la fois urbaine et montagnarde, vient l’envie de vivre des excursions. Sans tout changer, sans refaire ses valises. Simplement en prenant une route, un sentier, un col. À quelques kilomètres seulement, les paysages changent radicalement : glaciers suspendus, plateaux d’altitude, vallées pastorales, routes mythiques, villages perchés, lacs silencieux. La Haute Valtellina est un croisement de vallées qui offre de nombreuses options de découverte.

Explorer les vallées autour de Bormio, c’est comprendre pourquoi la ville a toujours été stratégique. Les routes montent vers la haute montagne glaciaire en direction des cols du Stelvio et du Gavia. Mais aussi elle donne accès à des paysages plus doux, des lacs, d’autres vallées comme celle de Livigno et son monde à part.

Cette diversité est la grande richesse de Bormio. Elle permet de changer d’univers sans changer de base, d’alterner le confort de la ville et l’intensité de l’altitude, l’histoire humaine et la géographie brute. Les vallées qui entourent Bormio sont le prolongement naturel de l’expérience, celles qui donnent au séjour sa profondeur et ses plus beaux souvenirs.

Bormio au coeur de la Haute Valtellina
Bormio au coeur de la Haute Valtellina

Le Parc national du Stelvio dès la sortie du village de Bormio

Le premier site remarquable de cette liste est une merveille naturelle. Bormio est à la fois en bordure du Parc national du Stelvio mais aussi l’un des cœurs battants. La ville est littéralement enchâssée dans l’un des plus vastes espaces protégés d’Europe, un territoire de haute montagne de plus de 130 000 hectares, créé en 1935, à une époque où l’Italie prend conscience de la fragilité de ses grands paysages alpins. Le parc fut pensé comme un rempart contre la surexploitation forestière et pastorale, mais aussi comme un sanctuaire pour une faune alpine déjà menacée. Aujourd’hui encore, cette vocation se ressent dès que l’on quitte les dernières maisons de Bormio : le bruit s’atténue, l’espace s’élargit, et la montagne impose un autre tempo.

Le parc se découvre par strates, en remontant doucement depuis la ville. Autour de Bormio, les forêts de mélèzes et d’épicéas forment une ceinture protectrice, traversée par d’anciens chemins muletiers et des sentiers panoramiques accessibles à tous. Le sentiero della Decauville, ancien tracé ferroviaire militaire de la Première Guerre mondiale, est l’une des promenades les plus appréciées : large, peu pentue, elle permet de marcher face aux sommets de la Valdidentro, avec de superbes points de vue sur la vallée et les alpages suspendus. Elle donne accès à l’entrée du Parc au niveau des Torri di Fraele.

Le Stelvio, monde naturel préservé

Plus haut, les bois s’ouvrent sur des alpages lumineux, ponctués de baite en pierre, de ruisseaux clairs et de pâturages encore exploités. Des itinéraires d’accès au espaces sauvages du Parc, comme la montée vers les Torri di Fraele, dans la Valdidentro, ou les chemins autour de Santa Caterina Valfurva, offrent un équilibre parfait entre accessibilité et sensation de haute montagne. Ici, même une balade courte donne le sentiment d’entrer dans un monde plus vaste, plus silencieux.

Puis viennent les paysages minéraux : moraines, éboulis, langues glaciaires, où la végétation se fait rare. Le parc protège encore plusieurs glaciers emblématiques, notamment ceux du Gavia, du Forni et du Cevedale, véritables archives climatiques à ciel ouvert. La Valle dei Forni, accessible depuis Santa Caterina, est l’une des destinations de balade les plus prisées : un itinéraire relativement doux conduit au refuge Branca, face à l’un des plus grands complexes glaciaires d’Italie. Le contraste entre la marche accessible et la monumentalité du paysage est saisissant. Celle qui monte au refuge Pizzini est plus sauvage. Les balades au pied du Zebrù, vers le Rifugio Campo traversent d’immenses forêts en longeant un torrent. Un petit air de Rocheuses…

La faune du parc est l’une de ses grandes richesses. Les cerfs et les chevreuils sont fréquents dans les lisières forestières à l’aube et au crépuscule. Plus haut, les chamois évoluent avec une aisance déconcertante sur les pentes raides, tandis que les marmottes sifflent dès les premiers rayons de soleil. Dans le ciel, l’aigle royal plane régulièrement, et le gypaète barbu, réintroduit avec succès, est désormais l’un des symboles silencieux du parc. Marcher ici, c’est accepter de lever les yeux, de s’arrêter, d’observer — parfois longtemps — avant de voir.

Le Parc National du Stelvio, un carrefour de vallées habitées depuis très longtemps

Le Stelvio est aussi un carrefour de vallées, et Bormio en est le point de convergence naturel. Depuis la ville, plusieurs directions s’offrent au voyageur. La Valfurva remonte vers Santa Caterina et le col du Gavia, pénétrant profondément dans le cœur glaciaire du parc. La Valdidentro s’ouvre vers les lacs de Cancano et les Torri di Fraele, offrant des paysages plus ouverts, presque nordiques. La Valdisotto, plus discrète, conserve un caractère pastoral et authentique, idéale pour des balades calmes entre hameaux et prairies. Enfin, la route mythique du col du Stelvio, avec ses 48 lacets côté Bormio, mène vers l’Engadine, la Val Müstair et le Tyrol du Sud, franchissant l’un des passages routiers les plus spectaculaires d’Europe.

Les points de vue ne manquent pas. Les belvédères naturels le long de la route du Stelvio, les terrasses herbeuses autour de Santa Caterina, ou les plateaux des lacs de Cancano offrent des panoramas immenses, où l’on embrasse à la fois glaciers, sommets et vallées habitées. Chaque accès est une transition : on quitte un monde pour en découvrir un autre, sans jamais rompre le fil de la montagne.

Dans le Parc national du Stelvio, la promenade n’est jamais anodine. Même sur les sentiers les plus faciles, on ressent cette impression rare d’évoluer dans un territoire protégé, habité par le silence, la mémoire géologique et la vie sauvage. Bormio, à ce titre, est un point d’entrée privilégié : un seuil entre la ville et l’altitude, entre la douceur thermale et la rudesse glaciaire, entre l’histoire humaine et une montagne qui, ici plus qu’ailleurs, impose le respect et l’émerveillement.

La portion du Parc accessible depuis Bormio n’est pas la plus grande, mais les promenades faciles sont nombreuses autour du village : sentiers panoramiques, chemins d’alpage, anciennes routes muletières. Mais très vite, le relief rappelle que l’on est en haute montagne. Le parc est un sanctuaire pour la faune alpine : cerfs, chamois, marmottes, aigles royaux.  L’été, les refuges deviennent des points de rencontre entre randonneurs, bergers et familles locales. On y partage une polenta, un fromage d’alpage, une conversation simple. Le parc est un territoire vécu, géré, respecté et partagé.

La route du col du Stelvio
La route du col du Stelvio

Le col du Stelvio : une œuvre d’ingénierie, de pouvoir et de vertige

Le Parc National du Stelvio a cette particularité d’être traversé par trois grands cols routiers : le Stelvio, l’Umbrail et le Gavia, tous les trois fermés en hiver.

La route du col du Stelvio est une route spectaculaire : c’est une réalisation née d’une volonté politique, militaire et symbolique, et d’une nécessité géostratégique au cœur de l’Europe alpine. Perché à 2 757 mètres d’altitude, il figure parmi les plus hauts cols routiers asphaltés d’Europe, aux côtés de l’Iseran, du Gavia ou de la Bonette, mais il s’en distingue par une singularité rare : son tracé monumental, son histoire impériale et son rôle de carrefour entre trois mondes alpins.

Au début du XIXᵉ siècle, la Lombardie appartient au royaume lombard-vénitien, intégré à l’Empire d’Autriche. Vienne doit alors relier rapidement et de manière fiable Milan à ses territoires du Tyrol, sans dépendre de routes passant par des États rivaux, dont la Suisse. Le passage par la Valtellina et le Stelvio s’impose, mais il n’existe alors que des chemins muletiers, impraticables pour l’artillerie et les convois militaires.

En 1820, l’empereur François Ier confie à l’ingénieur Carlo Donegani une mission titanesque : tracer une route carrossable permanente à travers l’une des zones les plus hostiles des Alpes. En seulement cinq ans — un exploit absolu pour l’époque — la route du Stelvio est achevée. Elle compte 40 lacets côté Bormio, 48 côté Prato allo Stelvio, franchit des pentes instables, des zones avalancheuses, des glaciers suspendus. Des milliers d’ouvriers y travaillent, souvent au péril de leur vie. Dès l’origine, des équipes sont chargées de maintenir la route ouverte même en hiver, une première en haute montagne.

Cette route n’est pas pensée pour le plaisir : c’est une route d’État, un instrument de contrôle territorial. Mais très vite, elle dépasse sa fonction militaire. Elle devient une ligne de crête symbolique, un lien entre la Lombardie, le Tyrol du Sud (Südtirol) et, par un embranchement, la Val Müstair suisse via le col de l’Umbrail.

L’Umbrail : le passage discret vers la Suisse

À quelques centaines de mètres du sommet du Stelvio, une route plus étroite bifurque vers le nord : c’est le col de l’Umbrail (Pass dal Fuorn), à 2 501 mètres. Longtemps resté non asphalté, plus sauvage, il relie le Stelvio à la Val Müstair, porte d’entrée orientale du Parc national suisse. Là où le Stelvio impressionne par sa monumentalité, l’Umbrail séduit par son caractère plus secret, presque confidentiel.

Ce triptyque — Lombardie, Tyrol du Sud, Engadine — fait du Stelvio un nœud alpin majeur, bien plus qu’un simple col frontalier. En quelques kilomètres, on change de langue, d’architecture, de culture alpine. Peu de routes européennes offrent une telle densité géographique et humaine.

Une épopée cycliste gravée dans l’asphalte

Si le Stelvio est né de la stratégie militaire, il est entré dans la légende par le cyclisme. Dès 1953, le Giro d’Italia y inscrit le col comme juge de paix. Fausto Coppi y forge une partie de son mythe, et depuis, le Stelvio est régulièrement désigné Cima Coppi, point culminant du Tour d’Italie.

Pour les cyclistes, la montée depuis Prato allo Stelvio, dans le Südtirol, est devenue un rite : 48 virages numérotés, un rythme hypnotique, une pente régulière mais implacable, et cette sensation unique de gravir un escalier minéral jusqu’au ciel. Depuis Bormio, l’ascension est plus variée, plus sauvage, alternant forêts, alpages, puis paysages lunaires. Dans les deux cas, le Stelvio n’est pas une performance anodine. C’est une expérience totale, physique et mentale, qui place le col parmi les références absolues du cyclisme mondial, au même rang que le Galibier ou le Tourmalet.

Le Stelvio : un col, mais aussi une station de ski d’été

Au sommet, le Stelvio ne se contente pas d’être un point de passage. En été, il devient un lieu de vie éphémère, avec ses refuges, ses terrasses, son agitation cosmopolite faite de motards, de randonneurs, de cyclistes venus du monde entier. Mais surtout, il abrite l’une des rares stations de ski d’été d’Europe.

Sur le glacier du Stelvio, le ski se pratique généralement de fin mai à début novembre, selon les conditions d’enneigement, et d’ouverture de la route. Le domaine, situé entre 2 750 et 3 450 mètres, propose une vingtaine de kilomètres de pistes, principalement orientées vers l’entraînement sportif. C’est un haut lieu du ski de compétition, fréquenté par les équipes nationales et les clubs internationaux, mais aussi accessible aux skieurs confirmés désireux de vivre l’expérience rare de skier en plein été, sous un soleil éclatant, face aux glaciers de l’Ortles-Cevedale.

Cette pratique, bien que de plus en plus contrainte par le changement climatique, reste emblématique de la singularité du Stelvio : un lieu où l’on peut, la même journée, monter à vélo, marcher sur des moraines glaciaires et chausser les skis.

Le Stelvio dans la hiérarchie alpine

Avec ses 2 757 mètres, le col du Stelvio figure parmi les plus hauts cols routiers d’Europe entièrement asphaltés. Il est souvent cité comme le deuxième plus haut col routier des Alpes, selon les critères retenus, et reste l’un des plus spectaculaires par son tracé continu, sa largeur et sa lisibilité paysagère.

Mais au-delà des classements, le Stelvio est surtout un col-synthèse : synthèse de l’ingénierie alpine, de l’histoire européenne, de la mobilité moderne et du mythe sportif. Peu de routes racontent autant de choses en si peu de kilomètres.

Depuis Bormio, emprunter la route du Stelvio est une montée progressive dans l’histoire et la géographie. À chaque lacet, la vallée s’éloigne, le monde se simplifie, et la montagne reprend ses droits. Lorsqu’on atteint le sommet, balayé par le vent, entouré de sommets, on comprend alors que le Stelvio n’est pas une frontière : c’est un point culminant du voyage, un moment où l’on touche à ce que les Alpes ont de plus radical, de plus beau, et de plus durable.

Que voir dans la Valfurva
Une vue des hautes vallées dans la Valfurva

La Valfurva: terre de glaciers

Depuis Bormio, la Valfurva s’ouvre comme une invitation vers la haute montagne. La route quitte progressivement le fond de vallée, suit le cours vif du torrente Frodolfo, et s’engage dans un paysage qui change subtilement d’échelle. Les maisons se font plus espacées, les pentes plus franches, et l’air lui-même semble gagner en netteté. La montagne devient une présence enveloppante.

La Valfurva est l’un des accès les plus directs au cœur du Parc national du Stelvio. Elle pénètre profondément dans le massif de l’Ortles-Cevedale, l’un des ensembles glaciaires les plus importants des Alpes italiennes. Dès les premiers kilomètres, le regard est capté par les silhouettes puissantes du Monte Sobretta (3296 m) qui ferment l’horizon. En remontant la vallée, apparaissent peu à peu les grands noms de l’arc glaciaire : le Monte Cevedale (3769 m), la Punta San Matteo (3678 m) et, en toile de fond majestueuse, le Monte Ortles (3905 m), point culminant du Tyrol du Sud et sommet mythique de l’alpinisme alpin.

Historiquement, la Valfurva a toujours été une vallée de passage et de survie. Bien avant le tourisme, elle était parcourue par des bergers, des muletiers, des soldats. Pendant la Première Guerre mondiale, la ligne de front de la “Guerre Blanche” traversait les hauteurs de la vallée : tranchées, chemins militaires, téléphériques et voies ferrées de fortune furent installés jusque sur les glaciers. Aujourd’hui encore, certains sentiers suivent ces anciens tracés, et marcher dans la Valfurva, c’est parfois marcher sur une histoire enfouie sous les alpages.

Santa Caterina Valfurva : un village d’altitude face aux glaciers

Au cœur de la vallée, à 1738 mètres d’altitude, Santa Caterina Valfurva apparaît comme un balcon naturel sur la haute montagne. Le village, compact et lumineux, est dominé par les pentes régulières et boisées de l’amphithéâtre montagneux qui l’entoure. Contrairement à Bormio, Santa Caterina n’est pas une ville thermale ou historique : c’est un village de montagne tourné vers l’altitude, profondément lié à son environnement naturel.

En été, Santa Caterina est un point de départ privilégié pour les balades accessibles et les randonnées plus engagées. Les chemins s’élèvent doucement vers les alpages de Plaghera, longent le Frodolfo, ou montent vers les premiers refuges. Les familles apprécient particulièrement les sentiers en fond de vallée, larges et peu pentus, où l’on marche entre prairies fleuries, forêts claires et torrents glaciaires. Très vite pourtant, la verticalité rappelle que l’on est déjà en haute montagne : les sommets ferment l’espace, les glaciers apparaissent au détour d’un virage, et la lumière devient plus crue.

La Valle dei Forni : l’entrée dans le monde glaciaire

Au-delà de Santa Caterina, une route latérale mène à l’un des sites les plus impressionnants du Parc national du Stelvio : la Valle dei Forni. Cette vallée suspendue donne accès à l’un des plus vastes ensembles glaciaires d’Italie, dominé par les glaciers du Forni, du Cevedale et du San Matteo. L’accès est relativement facile.

L’itinéraire vers le Rifugio Branca est l’un des plus fréquentés, et pour de bonnes raisons. La montée est progressive, bien tracée, et offre des points de vue constants sur les glaciers. Arriver au refuge, c’est faire face à un paysage presque himalayen dans son ampleur, tout en restant accessible à un public large. Ici, la montagne impose le silence et la lenteur : on observe et on mesure le recul des glaciers — une leçon de géographie vivante. Et une prise de conscience des changements climatiques en cours.

Le ski à Santa Caterina : une station alpine authentique

En hiver, la Valfurva change de visage, et Santa Caterina Valfurva devient l’un des pôles ski les plus appréciés de Haute Valtellina. La station s’étage entre 1738 m et 2880 m, sur les deux versants du Monte Sobretta, et propose environ 35 km de pistes, desservies par une dizaine de remontées mécaniques.

Le ski ici est très différent de celui de Bormio. Moins spectaculaire médiatiquement, il est plus immersif, plus proche de la montagne. Les pistes sont souvent larges, bien exposées, et offrent une qualité de neige remarquable grâce à l’altitude et à l’orientation. Certaines descentes, notamment sur le versant de Plaghera, donnent une sensation rare de ski en pleine nature, loin des grandes infrastructures. La station a également accueilli des épreuves internationales, notamment de ski alpin féminin, preuve de la technicité de certains tracés.

Santa Caterina est aussi appréciée pour son ambiance : familiale, calme, sans agitation excessive. Après le ski, on retrouve cette atmosphère de village d’altitude, où la montagne reste omniprésente.

Une vallée pour ralentir et observer

La Valfurva est enfin un territoire de faune et de silence. Nous sommes en plein Parc National du Stelvio. Les cerfs fréquentent les forêts basses, les chamois sont visibles sur les pentes herbeuses au printemps, et les marmottes ponctuent l’été de leurs sifflements. Le gypaète barbu, réintroduit avec succès, survole parfois la vallée, rappelant que l’équilibre écologique du parc est bien réel.

Ce qui frappe, en Valfurva, c’est cette impression de progression constante. Chaque kilomètre, chaque virage vous éloigne un peu plus du monde urbain pour vous rapprocher d’une montagne essentielle, presque archaïque. On n’y vient pour ressentir la continuité d’une vallée qui mène, sans rupture, du village habité aux glaciers, de l’histoire humaine à la géologie pure.

Où se trouve le Passo Gavia
Le paysage autour du Passo Gavia

Le Passo Gavia : seuil minéral entre Valtellina et Val Camonica

Au-delà de Santa Caterina Valfurva, la route ne s’arrête pas. En été elle s’élève, se resserre, et s’engage vers l’un des cols les plus puissants et les plus exigeants des Alpes italiennes. Le Passo Gavia, perché à 2621 mètres d’altitude est un passage d’altitude très rude entre deux mondes alpins très différents au cœur des Alpes Lombardes.

Un col extrême

La montée depuis Santa Caterina, en lacets, est rapide d’abord, progressive et constante ensuite. Les derniers hameaux disparaissent rapidement, laissant place à un paysage de plus en plus minéral. Les mélèzes s’espacent, puis cèdent la place aux alpages rases, avant que la roche nue ne domine. La route longe parfois des pentes abruptes, franchit des torrents glaciaires, et offre des vues saisissantes sur le massif du Cevedale et les glaciers suspendus qui descendent vers la Valfurva. Même en été, l’air y est vif,  et l’on comprend pourquoi ce col est souvent fermé une grande partie de l’année.

Historiquement, le Gavia fut longtemps un passage difficile, utilisé par les bergers, les contrebandiers et les militaires. Pendant la Première Guerre mondiale, le secteur fut intégré au front de haute altitude : soldats italiens et austro-hongrois occupaient ces crêtes dans des conditions extrêmes. Les traces sont discrètes mais présentes, anciens chemins militaires, plateformes d’observation, et renforcent la sensation d’isolement et de gravité du lieu.

Le sommet du col, austère et presque dépouillé, est marqué par quelques bâtiments, dont un refuge, et surtout par un sentiment rare : celui d’être au cœur d’une haute montagne sans artifices. Ici, pas de grandes infrastructures touristiques, pas de mise en scène. Le paysage parle seul. Les lacs d’altitude, souvent encore partiellement gelés en début d’été, reflètent les parois sombres, tandis que le silence est seulement rompu par le vent.

La descente vers la Val Camonica : changement de monde

Basculer du Passo Gavia vers la Val Camonica est une expérience à part entière. Le versant sud du col est plus abrupt, plus sauvage encore. La route plonge dans un univers différent, presque plus méditerranéen par moments, où la roche change de teinte, la lumière devient plus chaude, et la végétation se transforme progressivement.

La descente mène vers Ponte di Legno, puis vers la vaste Val Camonica, connue autant pour ses paysages alpins que pour son patrimoine exceptionnel. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la vallée abrite des milliers de gravures rupestres préhistoriques, témoignage unique d’une présence humaine très ancienne. Ce contraste est frappant : après les glaciers et les moraines du Gavia, on retrouve une vallée profondément habitée, cultivée, marquée par des millénaires de civilisation.

Pour le voyageur basé à Bormio ou en Haute Valtellina, le Passo Gavia est une extension naturelle du voyage et une manière de relier des mondes alpins très différents en une seule journée. On part de la douceur thermale de Bormio, on traverse les alpages et les glaciers de la Valfurva, on franchit un col rude et silencieux, puis on redescend vers une vallée plus large, plus ancienne dans son occupation humaine.

Cyclistes, randonneurs, automobilistes contemplatifs trouvent tous dans le Gavia une expérience marquante. Plus qu’un col mythique, célèbre aussi pour ses passages du Giro d’Italia, le Passo Gavia est une leçon de géographie alpine vécue, où l’on ressent physiquement la transition entre les étages de la montagne, entre les climats, entre les cultures.

Dans l’ensemble du voyage autour de Bormio, le Gavia agit comme un point culminant symbolique : après lui, on ne regarde plus la carte de la même manière. On comprend que la Haute Valtellina n’est pas un cul-de-sac, mais un carrefour d’altitude, ouvert vers d’autres vallées, d’autres histoires, d’autres horizons.

Lac de Cancano
Lac de Cancano

La Valdidentro : pas seulement une vallée de passage

A proximité immédiate de Bormio, la Valdidentro s’ouvre comme une vallée de transition, à la fois porte de sortie vers d’autres mondes alpins et espace de respiration plus doux, plus ouvert, que les vallées glaciaires du Stelvio. Elle accompagne le cours supérieur de l’Adda avant que celui-ci ne s’engage vers la Valtellina, et constitue depuis toujours un axe de circulation stratégique, mais aussi un territoire rural profondément structuré par l’eau, les alpages et les saisons longues.

Géographiquement, la Valdidentro est une vallée large, relativement lumineuse, bordée au sud par les premiers contreforts du massif de la Cima Piazzi. Elle ne donne pas immédiatement l’impression de la haute montagne extrême, mais c’est justement cette progressivité qui fait son charme. L’altitude se gagne sans brutalité, et le paysage s’offre par paliers.

Des villages ancrés dans l’histoire alpine

La commune de Valdidentro rassemble plusieurs villages et hameaux — Isolaccia, Premadio, Pedenosso, Semogo — dont l’organisation raconte une vallée habitée depuis longtemps. Ces villages ne sont pas nés du tourisme, mais de la nécessité de gérer les terres, les pâturages et les voies de passage.

Isolaccia, aujourd’hui centre administratif et cœur vivant de la vallée, conserve une structure typiquement alpine : maisons en pierre, balcons de bois, églises sobres, fontaines collectives. Premadio, plus en aval, rappelle quant à lui le rôle ancien de la vallée comme lieu de contrôle et de transit, notamment à l’époque où les échanges entre la Valtellina, l’Engadine et le Tyrol nécessitaient des relais humains et logistiques.

Historiquement, la Valdidentro a longtemps été un territoire frontalier mouvant, dépendant tantôt de la sphère grisonne, tantôt de l’orbite lombarde ou autrichienne. Cette position explique la densité de chemins muletiers, de petits édifices religieux et de structures défensives aujourd’hui discrètes, mais encore lisibles dans le paysage.

Les lacs de Cancano et les Torri di Fraele : l’eau comme paysage

En remontant la vallée, la route mène vers l’un des ensembles les plus emblématiques de la Haute Valtellina : les lacs de Cancano. Ces deux vastes retenues artificielles, créées au XXᵉ siècle pour la production hydroélectrique, se sont intégrées de manière étonnamment harmonieuse au paysage.

On y accède par une route spectaculaire, ponctuée d’un symbole fort : les Torri di Fraele, deux tours médiévales dressées à 1930 mètres d’altitude comme un seuil de pierre à l’entrée du haut plateau, connu comme le Passo delle Scale. Construites au XIVème siècle et renforcée ensuite, elles protégeaient le territoire de Bormio d’invasions potentielles en provenance des Grisons.

Autour des lacs, les balades sont nombreuses et accessibles : larges pistes, sentiers peu pentus, itinéraires idéals pour les familles, les cyclistes ou les marcheurs contemplatifs. Le regard porte loin, sur des paysages presque nordiques, faits de plateaux ouverts, de pâturages, de reflets changeants sur l’eau. La haute montagne est ici apaisante.

Balades et randonnées : une montagne accessible

La Valdidentro est particulièrement appréciée pour ses promenades accessibles, sans renoncer à la sensation d’altitude. Les sentiers le long de l’Adda, les chemins d’alpage autour d’Isolaccia ou les itinéraires menant vers les lacs offrent une diversité rare : marche tranquille, observation de la faune, pique-nique face aux sommets.

En montant, on gagne progressivement des points de vue sur le massif de l’Ortles-Cevedale, tout en restant dans un environnement ouvert, jamais oppressant. C’est une vallée idéale pour celles et ceux qui veulent entrer dans la montagne sans brutalité, comprendre les paysages avant de s’y confronter plus directement.

Le ski en Valdidentro : intimité et douceur

En hiver, la Valdidentro développe une offre de ski plus discrète que Bormio, mais très appréciée pour son caractère familial. Le domaine skiable développe environ 30 kilomètres de pistes, réparties entre 1 340 mètres et 2 550 mètres d’altitude, sur les pentes du Monte Cima Piazzi (3 439 m), l’un des grands sommets qui dominent le paysage de Bormio. On skie ici dans une ambiance plus forestière que glaciaire, particulièrement agréable par mauvais temps ou en période de vent.

Les pistes sont majoritairement bleues et rouges, larges, régulières, bien exposées, avec quelques tracés plus soutenus sur la partie haute. Le ski est fluide, sans rupture brutale de pente, ce qui en fait un terrain idéal pour apprendre à skier, progresser sereinement ou skier en famille. Les secteurs sont desservis par une quinzaine de remontées mécaniques (télésièges et téléskis), intégrées de façon discrète au relief.

Ce ski « de proximité » contraste avec les grandes descentes sportives de Bormio et complète parfaitement l’offre de la région : ici, on skie sans pression, dans une ambiance locale, avec des refuges qui perpétuent une cuisine simple et généreuse.

Pourquoi Livigno est un village aussi long?
Le long village de Livigno

Livigno : la Sibérie d’Italie

Au bout de la Valdidentro, la route finit par franchir un véritable seuil alpin. Pour atteindre Livigno, il faut passer deux cols routiers majeurs, ouverts et déneigés toute l’année, comme une exception dans les Alpes à cette altitude. D’abord le Passo di Foscagno, à 2 291 mètres, large et lumineux, où l’on sent déjà l’air changer, plus sec, plus froid, plus continental. Puis le Passo d’Eira, à 2 208 mètres, qui marque l’entrée définitive dans le bassin de Livigno.

Livigno, dans une vallée très enclavée

Entre les deux, le regard est attiré par un lieu singulier : Trepalle, hameau étiré sur les pentes, perché à plus de 2 060 mètres d’altitude, souvent présenté comme l’un des villages habités à l’année les plus hauts d’Europe. Lecteurs français, ne vous froissez pas, Saint Véran, à 2040 mètres, dans le Queyras, reste bien la commune habitée la plus haute d’Europe ; mais pas le plus haut lieu habité : Trepalle, Juf et même Tignes sont à des altitudes plus élevées. Revenons à Trepalle : ici, les maisons affrontent l’hiver sans détour, les routes serpentent entre les chalets, et la vie quotidienne s’organise depuis des siècles autour de la contrainte de l’altitude. Trepalle est un témoignage vivant de l’adaptation humaine à la haute altitude.

Cette succession de cols explique l’histoire particulière de Livigno. Longtemps enclavée, coupée du reste de la Lombardie par la neige et les reliefs, la vallée a développé une identité à part, tournée vers l’autosuffisance, puis vers une ouverture progressive rendue possible par l’entretien permanent de ces axes routiers. Aujourd’hui encore, franchir le Foscagno et l’Eira reste une expérience : on quitte la montagne “habituelle” de la Valtellina pour entrer dans un espace plus vaste, plus lumineux, presque nordique. Quand la vallée de Livigno s’ouvre enfin, large et haute, on comprend immédiatement pourquoi elle a forgé une réputation à part dans les Alpes, celle d’un territoire d’altitude, longtemps isolé, devenu un monde en soi.

En été, la Forcola di Livigno accessible par la route qui monte de Tirano vers le Col du Bernina et l’Engadine est une alternative au moins aussi intéressante d’un point de vue des paysages.

Son surnom de « Sibérie d’Italie » n’est pas exagéré : les hivers y sont longs, froids, et jusqu’au XXᵉ siècle, le village restait coupé du monde plusieurs mois par an.

Livigno, d’un village isolé à un centre touristique majeur

Cette contrainte géographique a façonné une identité singulière. Livigno fut longtemps une communauté autonome, vivant d’élevage, de contrebande tolérée et d’une économie de survie. Son statut de zone franche, accordé dès le XIXᵉ siècle, visait précisément à compenser cet isolement extrême. Aujourd’hui encore, il explique l’absence de TVA, qui attire de nombreux visiteurs.

Mais réduire Livigno à un centre commercial d’altitude serait une erreur. Le village s’est transformé en station alpine complète, sans renier totalement son caractère. Étendue le long d’une vallée large et ensoleillée, Livigno ne se développe pas en hauteur mais en longueur, conservant une certaine lisibilité paysagère.

Son domaine skiable, vaste et moderne, s’étend sur plus de 115 km de pistes, réparties sur deux versants opposés, garantissant un excellent enneigement et une grande variété d’expositions. En été, Livigno devient un haut lieu du VTT, de la randonnée et de l’entraînement sportif en altitude.

Livigno incarne ainsi une autre facette des Alpes.  C’est un territoire qui a su transformer son enclavement en atout, en misant sur l’altitude et l’espace. Pour le voyageur venant de Bormio et de la Valdidentro, l’arrivée à Livigno est un changement de décor net : on quitte la vallée historique et pastorale pour entrer dans un laboratoire du tourisme alpin contemporain, toujours façonné par la géographie extrême qui l’a vu naître.

Sondalo, à l'entrée de la Valdisotto
Sondalo, à l’entrée de la Valdisotto

Valdisotto, celle qu’on oublie, à tort

Entre Sondalo et Bormio, la Valdisotto est souvent traversée sans faire de halte. Et pourtant, cette vallée discrète joue un rôle essentiel dans la géographie et l’identité de la Haute Valtellina. Elle s’étire en douceur comme un territoire de transition entre la grande plaine habitée de la Valtellina et les premières pentes sérieuses du Parc national du Stelvio. Une montagne qui ne cherche pas l’effet spectaculaire mais qui se laisse apprivoiser pas à pas.

La Valdisotto n’est pas une vallée encaissée, mais une succession de replats, de coteaux ensoleillés et de hameaux perchés, tournés vers la lumière. Les villages de Piatta, Cepina, Oga ou Le Prese conservent une structure rurale très lisible : maisons de pierre, granges anciennes, balcons de bois, petites chapelles votives posées au bord des chemins. Cette architecture raconte une vallée longtemps tournée vers l’agriculture de montagne, l’élevage et la transhumance, en lien étroit avec Bormio, mais sans jamais se fondre totalement dans son rôle de centre urbain.

La situation géographique de la Valdisotto en fait un belvédère naturel. De nombreux sentiers faciles permettent de gagner rapidement de la hauteur et d’embrasser d’un seul regard la cuvette de Bormio, la vallée de l’Adda et les grandes lignes des massifs environnants. Les promenades autour de Oga et Piatta, par exemple, offrent des itinéraires doux, idéaux pour des balades familiales, avec des vues ouvertes sur le Monte Vallecetta, la Cima Piazzi et, plus loin, les sommets du Parc National du Stelvio. Il suffit d’une marche d’une heure pour avoir la sensation d’espace et de respiration.

Les pentes de la vallée sont traversées par d’anciens chemins muletiers, autrefois essentiels pour relier les hameaux entre eux et rejoindre Bormio ou Sondalo sans passer par le fond de vallée. Ces chemins, aujourd’hui balisés et entretenus, sont parmi les plus beaux itinéraires de promenade de la région : pentes régulières, murs de pierre sèche, fontaines anciennes, passages en forêt puis ouvertures soudaines sur le paysage.

La Valdisotto est aussi un point d’accès privilégié à des balades plus sauvages, notamment vers les lacs de Campaccio et Profa, réputés pour être parmi les plus beaux de la Valteline. En été, on y croise les troupeaux, les chalets d’estive encore utilisés, et cette vie pastorale qui donne au paysage sa cohérence. En automne, les mélèzes prennent des teintes dorées spectaculaires, et la vallée devient l’un des plus beaux secteurs pour observer le feuillage sans effort particulier.

Une piste cyclable ouverte aussi aux piétons permet de rallier Bormio depuis Sondalo en traversant toute la Valdisotto.

En hiver, la Valdisotto conserve une atmosphère paisible, loin de l’agitation des stations. Les itinéraires de raquettes et de ski de fond autour d’Oga et de Cepina offrent une approche douce de la montagne, souvent avec des vues saisissantes sur Bormio enneigée et les pentes du Stelvio. C’est une vallée idéale pour ceux qui cherchent une montagne habitée,  où la beauté se révèle petit à petit sans forcément de paysages à couper le souffle.

Pizzoccheri alla valtellinese
Pizzoccheri alla valtellinese

Gastronomie de Haute Valtellina : une cuisine de terroir bien typique.

En Haute Valtellina, la cuisine rassure, ancre et tient chaud. Elle est le prolongement direct du paysage, de l’altitude et des saisons longues, une cuisine de patience et de répétition, façonnée par des hivers où l’on comptait sur ce que l’on avait préparé à l’avance.

Cette gastronomie repose sur une relation intime au temps long : celui de l’affinage, du séchage, de la maturation lente. Les caves fraîches, creusées dans la roche ou aménagées sous les maisons, ont longtemps été de véritables coffres-forts alimentaires. Fromages d’alpage, viandes salées, beurres conservés, pains noirs séchés : tout était pensé pour franchir les mois de neige sans rupture. Aujourd’hui encore, ces pratiques ne relèvent pas du folklore ; elles structurent toujours la table quotidienne.

Les plats emblématiques ne s’expriment jamais seuls : ils s’inscrivent dans un ensemble cohérent. Une assiette de pizzoccheri, par exemple, n’est pas seulement un mets copieux, mais une pause structurante dans la journée. Elle marque le retour de la montagne, la fin d’un effort, le moment où l’on s’assoit vraiment. Le fromage fondu, le beurre chaud, les légumes d’hiver parlent un langage simple : celui de la récupération, du réconfort, du partage silencieux autour de la table.

À côté de ces plats “centraux”, la Haute Valtellina cultive un art du peu mais juste. Une tranche de bresaola, fine et parfumée, accompagnée de pain et d’un verre de vin local, suffit souvent à faire repas. Les sciatt, croustillants et brûlants, sont moins une gourmandise qu’un rituel : on les mange vite, avant qu’ils ne refroidissent, souvent debout, souvent en riant. Ils incarnent cette cuisine directe, sans détour.

La polenta, omniprésente, agit comme une toile de fond. Elle accompagne le gibier, les champignons, les fromages fondus, et change de rôle selon la saison. En automne, elle absorbe les saveurs boisées ; en hiver, elle devient socle énergétique. Rien n’est décoratif : tout est fonctionnel, mais jamais triste.

Accéder à Bormio et à la Haute Valtellina : trains, bus et navettes depuis Milan

Rejoindre Bormio et la Haute Valtellina depuis Milan est plus simple qu’on ne l’imagine, même sans voiture.

En train jusqu’à Tirano : une montée en douceur vers les Alpes

Si vous choisissez le train, l’itinéraire le plus logique commence à la gare de Milano Centrale. Des trains régionaux réguliers vous conduisent jusqu’à Tirano en environ 2h30 à 3h, en traversant la Lombardie du sud au nord. Le paysage change peu à peu : la plaine s’efface, les reliefs apparaissent, et l’on devine déjà les Alpes au loin.

Tirano est aussi le point de départ du célèbre Bernina Express vers l’Engadine suisse. À la sortie de la gare, les bus pour Bormio sont immédiatement accessibles : la correspondance est pensée pour les voyageurs. Le trajet en bus jusqu’à Bormio dure environ 1h à 1h30, avec la ligne 070 de Bus Perego

Se déplacer autour de Bormio sans voiture : bus locaux, navettes et connexions utiles

Même si Bormio est souvent considérée comme une base idéale pour explorer la Haute Valtellina, vous n’avez pas besoin de voiture pour visiter ses vallées voisines ou rejoindre les points clés de la région. Autour de la ville, un réseau de bus publics géré principalement par la compagnie locale Automobilistica Perego assure des liaisons régulières vers les principaux villages, stations et sites naturels — une solution pratique, économique et parfaitement intégrée à la vie montagnarde.

Bus interurbains : les lignes principales

Depuis la stazione autobus de Bormio, plusieurs lignes de Perego Bus desservent les vallées environnantes :

  • Ligne A073 – Bormio ⇄ Santa Caterina Valfurva : C’est la liaison la plus courante pour aller vers la vallée de la Valfurva et la station de ski de Santa Caterina. Les bus partent plusieurs fois par jour et le trajet durent une vingtaine de minutes pour les arrêts principaux comme San Nicolò ou la station de Santa Caterina.
  • Ligne A071 – Bormio ⇄ Valfurva Madonna dei Monti : Cette variante dessert aussi les hameaux et arrêts intermédiaires de la Valfurva, ce qui facilite l’accès aux sentiers ou aux quartiers résidentiels.
  • Ligne A074 / A075 – Bormio ⇄ Valdisotto (Oga, Piatta, Cepina, Aquilone) : Lignes qui relient Bormio à plusieurs hameaux de la Valdisotto, parfaites pour les promenades, les randonnées douces ou l’accès à des zones panoramiques sans voiture.)
  • Ligne A072 – Bormio ⇄ Valdidentro – Livigno : Cette ligne relie Bormio à la Valdidentro jusqu’à Livigno (1h30 pour le trajet complet). Les horaires et arrêts complets sont consultables directement sur le site de Perego Bus

En hiver, outre les lignes régulières, un service de ski-bus gratuit — accessible notamment aux détenteurs de ski pass de Bormio — relie les hébergements et les arrêts centraux de Bormio aux domaines skiables voisins, y compris Santa Caterina, sans nécessité de voiture ou de taxi.Conseil pratique : avant de partir explorer les vallées, consultez les horaires et arrêts actualisés sur busperego.com ou directement aux panneaux d’information de la gare routière de Bormio, car les fréquences varient selon la saison et les jours de la semaine.

Crédits Photos

Bormio: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/La_Conca_di_Bormio.jpg / Maurizio Moro5153, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Stelvio: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/95/Stelvio_Pass_Bolzano_side_2.jpg /kallerna, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Passo dello Stelvio: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/43/2015_Passo_dello_Stelvio_-_Stilfser_Joch_%287%29.jpg / Steffs88, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Valfurva: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9c/23030_Valfurva%2C_Province_of_Sondrio%2C_Italy_-_panoramio_%284%29.jpg / Vanderlei Bissiato, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

Valdidentro Cancano: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a3/Autunno_2005_065.jpg / Ghisolabella, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

Sondalo Alta Valtellina: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/db/Sondalo%2C_Valtellina_Italy.jpg / Franco Folini, CC BY-SA 2.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0>, via Wikimedia Commons

Alta Valtellina: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cb/Alta_Valtellina.jpg /Cristina.Paveri, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Livigno: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c6/Panoramic_Livigno.jpg /Marcin Sulikowski, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

Passo Gavia: Walter Micheletti, CC BY 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/3.0>, via Wikimedia Commons /https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/81/Passo_Gavia_-_panoramio.jpg

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