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Il faut parfois franchir plusieurs cols pour comprendre que l’on est arrivé quelque part. Arabba appartient à ces villages que l’on ne découvre pas au terme d’une autoroute ou d’une longue vallée rectiligne, mais après une succession de lacets, de forêts et de passages d’altitude. Depuis la Val Badia, la route franchit le Passo Campolongo/Ju de Ćiaulunch. Depuis la Val di Fassa/Fascia, elle escalade le Passo Pordoi/Jou de Pordoi. Depuis l’Agordino, elle remonte la vallée du Cordevole, passe sous les pentes du Col di Lana et finit par atteindre un petit bassin entouré de montagnes gigantesques.

Alors Arabba apparaît.

À 1 602 mètres d’altitude, le village d’Arabba semble presque fragile face au massif du Sella qui le domine au nord, à la masse sombre de Porta Vescovo qui se dresse à l’est et à la Marmolada/Marmolèda qui ferme l’horizon vers le sud. Quelques maisons, une église, des hôtels, des chalets et des remontées mécaniques se serrent le long du torrent. Le décor, lui, est immense. Les falaises changent de couleur avec les heures, les forêts descendent jusqu’aux premières habitations et les routes partent aussitôt vers les grands cols. Arabba ou Rèba en ladin, la langue parlée dans les vallées des Dolomites, se trouve au cœur géographique des Dolomites, dans la Val di Fodom, l’une des vallées de langue ladine, sur le territoire de Livinallongo del Col di Lana/Fodom, dans la province de Belluno et la région de Vénétie.

C’est précisément cette situation qui rend Arabba si singulière. Le village n’est pas une station construite à distance des montagnes : il est placé au milieu d’elles, presque coincé entre leurs versants. En hiver, deux ensembles de remontées partent du centre et ouvrent directement les pistes du domaine Arabba–Marmolada et de la Sellaronda. En été, les mêmes pentes deviennent des chemins, des alpages et des itinéraires cyclistes parmi les plus célèbres des Alpes. Quelques minutes suffisent pour gagner le Passo Pordoi/Jou de Pordoi, le Passo Campolongo/Ju de Ćiaulunch, le Passo Falzarego/Jou de Fauzare et le Passo Fedaia/Jou de Fedaa.

Arabba invite ainsi à un voyage très particulier : on y vient pour skier, marcher ou rouler à vélo, mais on finit surtout par éprouver la sensation rare de séjourner dans un village entièrement absorbé par le paysage.

Arabba/Rèba, un village ladin au centre des Dolomites

Un village à 1 602 mètres, sous le massif du Sella

La première chose que l’on ressent à Arabba est la verticalité. Le village occupe un fond de vallée relativement étroit, là où se rejoignent plusieurs routes et plusieurs versants. Au nord, les murailles du massif du Sella dépassent largement les 3 000 mètres. À l’est, les pentes de Porta Vescovo montent au-dessus des forêts et donnent accès à l’un des plus beaux balcons sur la Marmolada. À l’ouest, la route du Passo Pordoi se faufile sous les parois du Sella vers la Val di Fassa. Vers le sud, la vallée s’ouvre en direction de Pieve di Livinallongo/La Plié da Fodom, du Col di Lana et de la Marmolada.

Cette disposition donne au village une atmosphère très différente de celle des stations installées sur de vastes plateaux. Le soleil disparaît tôt derrière certains sommets en hiver et revient brusquement éclairer les pentes opposées. Le froid descend rapidement le soir, tandis qu’en été l’air garde une fraîcheur sensible dès que l’ombre gagne les maisons. Le matin, on entend le bruit du torrent, les cloches de l’église et, selon la saison, le ronronnement des remontées ou les vélos qui s’élancent vers les cols.

Arabba n’est pourtant pas un village ancien organisé autour d’une grande place médiévale. Son développement touristique s’est surtout accéléré avec le ski et l’amélioration des routes de montagne. Il demeure néanmoins profondément lié au territoire de Fodom, dont il constitue aujourd’hui le principal centre touristique. La station appartient à la commune de Livinallongo del Col di Lana et se situe à environ huit kilomètres de Pieve di Livinallongo, siège administratif de la commune.

Arabba/Rèba et la langue ladine de Fodom

Le nom même du village révèle une première particularité. Arabba est appelée Rèba en ladin de Fodom. Cette langue romane alpine, encore parlée dans plusieurs vallées des Dolomites, constitue ici bien davantage qu’un héritage folklorique. Elle apparaît dans les noms de lieux, la signalétique, les traditions, les associations et la vie quotidienne.

La Val di Fodom appartient au même monde culturel que la Val Badia, le Val Gardena/Gherdëina, le Val di Fassa/Fascia et Cortina d’Ampezzo/Anpezo, mais elle possède sa propre variante ladine et une histoire singulière. Pendant des siècles, la vallée dépendit du Tyrol et de l’Empire des Habsbourg. Elle ne fut rattachée à l’Italie qu’après la Première Guerre mondiale, avec le reste du Südtirol méridional et certaines vallées dolomitiques aujourd’hui intégrées à la province de Belluno. Le territoire conserve donc une identité culturelle qui ne correspond pas exactement aux frontières administratives actuelles.

Pour approfondir cet aspect, il faut descendre vers Pieve di Livinallongo/La Plié da Fodom, où un musée consacré aux usages, à l’histoire et aux traditions du peuple ladin présente vêtements, objets domestiques, outils et témoignages de la vie ancienne. Le musée rappelle combien l’agriculture, l’élevage, le travail du bois et les déplacements par les cols ont façonné les habitants de la vallée.

Séjourner à Arabba permet ainsi de découvrir une culture alpine qui s’exprime jusque dans les détails : le nom d’un refuge, une recette, une fête villageoise, la sonorité d’une conversation ou les formes d’une maison ancienne. Derrière l’image d’une station internationale se trouve toujours un territoire ladin.

Dernières neiges à Arabba en hiver
Dernières neiges à Arabba en hiver

Les paysages d’Arabba : une scène minérale à ciel ouvert

Entre Sella, Porta Vescovo et Marmolada

Peu de villages des Dolomites sont entourés d’autant de masses montagneuses célèbres dans un espace aussi resserré. Depuis Arabba, le massif du Sella semble former une citadelle au-dessus du village. Ses parois presque horizontales, ses tours et ses plateaux superposés changent de teinte selon la lumière. Sous le soleil de midi, la roche paraît claire et presque sèche ; le soir, elle prend des nuances roses, cuivrées puis violettes avant de disparaître dans l’ombre.

Vers l’est, Porta Vescovo présente un relief plus sombre et plus tourmenté. Ce secteur, accessible par remontées mécaniques depuis le village, constitue l’un des grands belvédères des Dolomites centrales. Depuis les hauteurs, le regard plonge sur Arabba et se porte directement vers la Marmolada, dont le glacier apparaît en face comme une bande claire au-dessus du Lago di Fedaia. Le contraste entre les roches sombres d’origine volcanique du Padon et les calcaires clairs de la Marmolada donne au paysage une profondeur exceptionnelle.

Au sud-ouest se détache le Col di Lana, montagne plus modeste par son altitude mais immense par son histoire. Ses pentes portent encore les traces de la Première Guerre mondiale. Plus loin, le Settsass, le Lagazuoi et les sommets de la Val Badia composent une succession de lignes et de crêtes qui donnent l’impression que les Dolomites se prolongent sans fin.

Arabba n’est donc jamais un simple point de départ. Le village constitue déjà un belvédère, même lorsque l’on reste au fond de la vallée. En montant vers les cols ou les remontées, les perspectives changent sans cesse. Quelques centaines de mètres suffisent pour faire disparaître le village et révéler un nouvel ensemble de sommets.

La lumière et les saisons

En été, les pentes situées sous le Passo Campolongo et le Passo Pordoi se couvrent d’herbe, de fleurs et de petits troupeaux. Les forêts d’épicéas diffusent une odeur de résine, surtout après les orages. Au bord des chemins, l’eau descend des pentes dans de petits torrents transparents. Plus haut, les prairies cèdent rapidement la place à la roche.

L’automne est plus austère et peut-être plus beau encore. Les mélèzes jaunissent, les premières gelées blanchissent les prés et les sommets reçoivent parfois une fine couche de neige. Les journées sont plus courtes, la lumière plus basse et le village retrouve un calme profond entre les saisons touristiques.

En hiver, Arabba devient presque monochrome. La neige recouvre les toits, les routes et les prairies. Les falaises du Sella se dressent au-dessus d’un paysage blanc où seules les forêts conservent leur couleur. Lorsque le ciel se dégage après une chute de neige, l’air paraît d’une limpidité absolue. Le froid est vif, mais la lumière donne aux montagnes une netteté presque irréelle.

Le printemps, enfin, est une saison de transition. Les pistes ferment progressivement, la neige se retire du fond de vallée tandis qu’elle demeure sur les cols et les versants supérieurs. Les torrents grossissent et les premiers crocus apparaissent au bord des maisons. Les itinéraires d’altitude restent longtemps impraticables, ce qui rappelle que, malgré sa facilité d’accès, Arabba demeure un village de haute montagne.

La Val di Fodom : villages, patrimoine et mémoire

Pieve di Livinallongo/La Plié da Fodom

Pour comprendre Arabba, il faut parcourir la vallée vers le sud. La route descend en direction de Pieve di Livinallongo/La Plié da Fodom, installée autour de 1 475 mètres d’altitude sur un versant dominant le Cordevole. L’ambiance change. Les remontées mécaniques disparaissent, les maisons se regroupent autour de l’église et le paysage devient plus rural.

Pieve constitue le centre historique et administratif de la commune de Livinallongo del Col di Lana. C’est ici que l’on perçoit le mieux l’organisation ancienne de la vallée, composée de nombreux hameaux dispersés sur les versants. La vie ne s’est jamais concentrée dans un seul bourg : elle s’est adaptée aux terres cultivables, aux forêts, aux points d’eau et aux routes menant aux cols.

Le musée ladin permet d’approfondir cette histoire. Mais la simple promenade dans les villages suffit déjà à montrer une autre facette du territoire. Les granges, les maisons en bois et en pierre, les petits sanctuaires et les prairies racontent un monde qui a longtemps vécu presque en autonomie, avant que le tourisme et les sports d’hiver ne transforment profondément l’économie locale.

Le château d’Andraz/Ciastel d’Andrac

Plus bas dans la vallée, le château d’Andraz/Ciastel d’Andrac surgit d’un bloc rocheux comme s’il avait poussé avec lui. Construit autour de l’an mille, l’édifice contrôlait les routes commerciales reliant l’Agordino, le Tyrol et les cols dolomitiques. Il devint l’un des principaux centres administratifs de la vallée de Fodom.

Sa situation est spectaculaire. Les murs épousent la roche et dominent un paysage de forêts et de prairies. Le château fut longtemps lié aux princes-évêques de Bressanone/Brixen et joua un rôle stratégique dans le contrôle des échanges. Après une importante restauration, il accueille aujourd’hui un musée consacré à son histoire et au territoire.

La visite permet de sortir un instant de l’univers du ski et des grands panoramas pour retrouver celui des routes médiévales, des droits de passage, des mines et des rivalités politiques. Arabba semble aujourd’hui au centre d’un réseau touristique ; le château rappelle qu’elle se trouvait déjà, bien avant les remontées mécaniques, au carrefour de plusieurs vallées.

Le Col di Lana, montagne de mémoire

Le Col di Lana, culminant à 2 452 mètres, domine le secteur méridional de Fodom. Sa silhouette n’a pas la verticalité du Sella ni l’altitude de la Marmolada, mais elle est l’un des lieux les plus chargés d’histoire de toute la région.

Pendant la Première Guerre mondiale, la montagne fut âprement disputée entre les armées italienne et austro-hongroise. Les combats culminèrent en avril 1916 lorsque les forces italiennes firent exploser une mine sous le sommet. Une partie de la montagne fut pulvérisée et des centaines de soldats perdirent la vie.

Aujourd’hui, des itinéraires historiques permettent de parcourir les anciennes positions, les tranchées et les lieux de mémoire. Marcher sur le Col di Lana offre une expérience très particulière. Les paysages sont magnifiques, mais les traces de guerre donnent au silence une profondeur inhabituelle. Les sommets environnants apparaissent comme ils apparaissaient aux soldats, mais le sens du paysage a changé.

Visiter le château de Andraz
Le château de Andraz

Les plus belles découvertes autour d’Arabba en été

Porta Vescovo, grand balcon sur la Marmolada

La montée vers Porta Vescovo constitue l’une des expériences essentielles d’un séjour à Arabba. Les remontées estivales permettent de gagner rapidement l’altitude, puis les sentiers se déploient au-dessus du village dans un paysage minéral.

Depuis les hauteurs, la Marmolada occupe presque tout l’horizon. Son glacier, le Lago di Fedaia et les pentes du Padon apparaissent avec une précision remarquable. À l’ouest, le massif du Sella se dresse à proximité. Vers le nord, on distingue la Val Badia et les cols qui encerclent le massif.

Le secteur est traversé par le sentier géologique d’Arabba, itinéraire consacré aux particularités de Porta Vescovo et aux formations rocheuses de cette partie des Dolomites. Le contraste entre les roches volcaniques sombres et les calcaires voisins permet de comprendre pourquoi les paysages d’Arabba semblent parfois différents de ceux des vallées environnantes.

Les marcheurs peuvent organiser des boucles de difficulté variable, rejoindre les refuges du secteur ou poursuivre vers le Passo Padon. Les distances paraissent parfois courtes sur la carte, mais le terrain d’altitude, le vent et les variations météorologiques demandent une préparation sérieuse.

Le Viel dal Pan, face à la Reine des Dolomites

Le Viel dal Pan est probablement l’une des plus belles randonnées panoramiques des Dolomites. L’itinéraire suit un ancien chemin d’altitude entre le secteur du Passo Pordoi et le Passo Fedaia. Pendant une grande partie du parcours, la Marmolada reste en face du marcheur.

Le sentier évolue autour de 2 400 mètres d’altitude, sur des pentes herbeuses dominant la Val di Fassa. Le Lago di Fedaia apparaît progressivement sous le glacier, tandis que le massif du Sella reste derrière soi. La marche ne présente pas de difficulté technique majeure par conditions normales, mais la longueur, l’altitude et certains passages exposés exigent de bonnes chaussures et une météo stable.

Depuis Arabba, il est possible d’utiliser les remontées ou les transports pour organiser une traversée plutôt qu’un aller-retour. Le chemin constitue une manière idéale de contempler la Marmolada sans chercher à la gravir. La montagne change d’apparence à chaque courbe : tantôt longue et massive, tantôt découpée en plusieurs sommets, tantôt presque entièrement cachée par un nuage.

Le Passo Pordoi/Jou de Pordoi et le Sass Pordoi

À 2 239 mètres, le Passo Pordoi/Jou de Pordoi relie Arabba/Rèba à Canazei/Cianacei et à la Val di Fassa/Fascia. Depuis Arabba, la route grimpe en une succession de lacets sous les parois du Sella. Les cyclistes connaissent chaque virage, mais le paysage mérite aussi d’être parcouru lentement en voiture ou à pied.

Au col, un téléphérique monte au Sass Pordoi, à près de 2 950 mètres. L’arrivée donne accès à ce que l’on surnomme parfois la terrasse des Dolomites. Le regard plonge sur le massif du Sella, la Marmolada, le Sassolungo et les grands sommets environnants.

Le terrain est ici entièrement minéral. Même en été, le vent peut être glacial et des plaques de neige subsistent parfois. Une promenade vers le Rifugio Forcella Pordoi permet de goûter à l’atmosphère de haute montagne, tandis que les itinéraires plus longs traversent le plateau du Sella vers le Piz Boè, culminant à 3 152 mètres.

Le plateau de Cherz

À l’opposé des paysages minéraux de Porta Vescovo, le plateau de Cherz offre une montagne plus douce. Situé entre Arabba et le Passo Campolongo, il est parcouru de prairies, de chemins et de petites forêts. Les vues s’ouvrent sur le Sella, le Col di Lana, le Settsass et les sommets de la Val Badia.

Le secteur se prête aux promenades familiales, aux sorties en VTT et aux haltes dans les refuges. Une boucle en VTT permet notamment de parcourir le plateau dans un paysage ouvert et pastoral.

À la fin de l’été, l’herbe prend des teintes blondes et les chalets semblent isolés au milieu des prairies. Le contraste avec les falaises du Sella, toutes proches, est saisissant. Cherz constitue une excellente alternative pour ceux qui souhaitent découvrir les environs sans entreprendre une randonnée très exigeante.

Enneigement à Arabba
Arabba sous la neige

Arabba en hiver : une station pour les skieurs passionnés

Un domaine d’altitude au cœur de Dolomiti Superski

Arabba possède une réputation particulière parmi les skieurs. Le village n’est pas seulement une étape de la Sellaronda : il se trouve au centre de l’un des domaines les plus élevés et les plus sportifs des Dolomites.

Les sources officielles locales annoncent environ 62 à 63 kilomètres de pistes dans le secteur Arabba–Marmolada, intégrés au réseau Dolomiti Superski. L’altitude élevée, les expositions et les installations modernes permettent généralement de conserver de bonnes conditions sur une longue partie de la saison.

Deux secteurs partent directement du village. D’un côté, les remontées conduisent vers Porta Vescovo et le Passo Padon, avec des pistes souvent soutenues. De l’autre, elles rejoignent le Passo Pordoi, le Passo Campolongo et les liaisons de la Sellaronda.

La piste noire Fodoma est souvent citée parmi les plus difficiles des Dolomites. Sa pente, son mur central et son exposition demandent une bonne technique. Les descentes de Porta Vescovo vers Arabba sont également réputées pour leur caractère sportif, particulièrement lorsque la neige devient dure.

La liaison avec la Marmolada

Depuis Arabba, les remontées du Passo Padon permettent de basculer vers Malga Ciapela et la Marmolada. Cette liaison donne accès au téléphérique qui monte jusqu’à Punta Rocca, à plus de 3 200 mètres, puis à la longue piste Bellunese.

La descente depuis la Marmolada représente l’une des grandes expériences du ski dolomitique. Le parcours combine haute montagne, glacier, longues pistes et près de 1 800 mètres de dénivelé jusqu’à Malga Ciapela. Le retour vers Arabba s’effectue par les remontées et pistes du Padon.

Cette excursion demande une bonne gestion du temps. Les files peuvent être importantes au téléphérique de la Marmolada et les liaisons ferment à une heure précise. Il est donc préférable de partir tôt, surtout pendant les vacances.

Raquettes, ski de randonnée et activités hivernales

Arabba ne se limite pas au ski alpin. Des itinéraires de raquettes parcourent les forêts et les secteurs plus tranquilles autour du village, de Pescoi, de Roncat et du Passo Pordoi.

Le ski de randonnée trouve également un terrain exceptionnel dans les massifs environnants, mais plusieurs itinéraires traversent des zones exposées aux avalanches et demandent une solide expérience. La montagne hivernale autour d’Arabba est plus exigeante qu’elle ne le paraît depuis les pistes balisées.

Les promeneurs peuvent aussi profiter des chemins hivernaux préparés, des refuges accessibles et de certaines activités telles que les sorties en motoneige ou en fatbike, proposées selon les saisons.

La Sellaronda à ski : faire le tour du Sella en une journée

Quatre cols, quatre vallées et environ quarante kilomètres

La Sellaronda est l’un des itinéraires à ski les plus célèbres des Alpes. Elle permet de faire le tour complet du massif du Sella en empruntant pistes et remontées mécaniques à travers quatre vallées : Fodom autour d’Arabba, Alta Badia, Val Gardena/Gherdëina et Val di Fassa/Fascia.

Le circuit mesure environ 40 kilomètres, dont une partie est parcourue sur les pistes et une autre par les remontées. Il franchit quatre cols : le Passo Campolongo/Ju de Ćiaulunch, le Passo Gardena/Ju de Frara, le Passo Sella/Jou de Sela et le Passo Pordoi/Jou de Pordoi.

Arabba constitue l’un des meilleurs points de départ. Le village se trouve directement sur le circuit et permet de choisir entre les deux sens : orange, généralement dans le sens horaire, ou vert, dans le sens antihoraire.

Une journée de ski qui ressemble à un voyage

La magie de la Sellaronda vient moins de la difficulté des pistes que de la sensation de déplacement. En une journée, on traverse plusieurs vallées, plusieurs ambiances et plusieurs cultures. Les panneaux changent de langue, les paysages se transforment et le massif du Sella montre successivement chacune de ses faces.

Au départ d’Arabba, le circuit peut commencer vers le Passo Campolongo et Corvara. Les pistes traversent alors les paysages ouverts de l’Alta Badia avant de monter vers le Passo Gardena. On bascule ensuite dans le Val Gardena, sous les parois du Sella et du Sassolungo, puis on rejoint le Passo Sella et la Val di Fassa. Le Passo Pordoi ramène enfin vers Arabba.

Dans l’autre sens, l’ordre des paysages s’inverse, mais la sensation reste la même : celle d’effectuer une véritable boucle alpine plutôt qu’une simple succession de descentes.

Il faut partir tôt, maîtriser les pistes rouges et surveiller l’heure. Les dernières liaisons peuvent fermer avant les remontées du domaine local. La météo et le vent peuvent également interrompre certains passages, rendant le tour impossible. Il convient donc de vérifier l’ouverture complète du circuit avant de partir.

La Sellaronda à vélo : quatre cols mythiques des Dolomites

Un circuit d’environ 50 kilomètres

En été, lorsque la neige a disparu, la Sellaronda devient l’un des grands parcours cyclistes d’Europe. La boucle routière mesure approximativement 50 à 55 kilomètres, pour un dénivelé positif proche de 1 600 à 1 800 mètres, selon le point de départ et la trace retenue.

Depuis Arabba, le parcours franchit successivement les mêmes quatre cols que le circuit à ski : Campolongo, Gardena, Sella et Pordoi. Les montées ne sont pas extrêmement longues prises séparément, mais leur enchaînement demande une excellente endurance.

Le Passo Campolongo constitue généralement la première difficulté dans le sens antihoraire. La route descend ensuite vers Corvara avant de grimper au Passo Gardena, sous les falaises du Sella. Une descente rapide mène au Val Gardena, puis le Passo Sella offre l’une des plus belles montées du parcours, face au Sassolungo. Après la Val di Fassa, le Passo Pordoi ramène finalement vers Arabba par une longue descente.

Le Sellaronda Bike Day

Plusieurs fois par an, le Sellaronda Bike Day permet aux cyclistes de parcourir la boucle sur des routes fermées à la circulation motorisée. L’événement attire des milliers de participants, mais il ne s’agit pas d’une compétition. Chacun roule à son rythme, s’arrête aux cols et profite d’un environnement normalement très fréquenté par les voitures et les motos.

L’expérience est remarquable. On entend seulement les chaînes, les roues, le souffle des cyclistes et les cloches des troupeaux. Les lacets se remplissent de couleurs tandis que les Dolomites dominent la route.

Même lorsque les routes sont fermées, la boucle reste exigeante. L’altitude, les changements de température et les quatre ascensions successives demandent une préparation sérieuse. Il faut emporter de l’eau, des vêtements pour les descentes et de quoi réparer une crevaison.

Arabba, base idéale pour les cyclistes

Arabba se trouve également sur le parcours de la Maratona dles Dolomites, l’une des grandes cyclosportives alpines, et sur plusieurs itinéraires empruntés par le Giro d’Italia. Le Passo Pordoi possède une place particulière dans l’histoire de la course italienne, tandis que Campolongo, Falzarego et Giau permettent de composer de nombreuses boucles.

Pour un cycliste, séjourner à Arabba signifie pouvoir partir directement vers plusieurs cols sans effectuer de longs transferts. Cette centralité a toutefois un revers : la circulation peut être importante en été. Les départs matinaux sont donc préférables, tant pour la tranquillité que pour éviter les orages de l’après-midi.

Les Dolomites du Sellaronda vues depuis la Marmolada
Sellaronda au coeur des Dolomites

La Sellaronda en voiture : une route panoramique au cœur des Dolomites

Une boucle spectaculaire, mais à parcourir lentement

La Sellaronda se découvre aussi en voiture. Le circuit routier suit les quatre cols autour du Sella et traverse Arabba, Corvara, Selva di Val Gardena/Sëlva et Canazei/Cianacei.

La distance totale reste relativement courte, mais il serait absurde de vouloir la parcourir rapidement. Les arrêts sont nombreux : belvédères, cols, refuges, villages et départs de promenade. Sans pause, la boucle peut demander deux à trois heures selon la circulation ; pour la découvrir réellement, il faut lui consacrer une journée complète.

Depuis Arabba, on peut commencer par le Passo Campolongo, descendre vers Corvara puis monter au Passo Gardena. La route traverse ensuite Selva di Val Gardena avant d’escalader le Passo Sella. Après Canazei, la montée du Passo Pordoi ramène vers Arabba.

Les paysages changent à chaque col

Le Passo Campolongo est le plus doux des quatre. Ses prairies et ses pentes arrondies ouvrent la route vers l’Alta Badia. Le Passo Gardena est plus spectaculaire, serré entre le Sella et les aiguilles des Cir. Le Passo Sella donne l’impression de passer directement entre les falaises du massif du Sella et le Sassolungo. Le Passo Pordoi, enfin, déploie une succession de lacets dans un paysage de plus en plus minéral.

La route permet de comprendre la structure des Dolomites. Chaque vallée possède son architecture, sa langue et son atmosphère. On passe de la Vénétie ladine de Fodom au Südtirol ladin de la Val Badia et du Val Gardena, puis au Trentin de la Val di Fassa.

En haute saison, la circulation peut toutefois être très dense. Les cols attirent voitures, motos, autocars et cyclistes. Pour préserver le plaisir du trajet, il faut partir tôt, éviter les week-ends les plus fréquentés et ne jamais stationner hors des emplacements autorisés.

Comment rejoindre Arabba/Rèba ?

Par la route depuis les principales vallées

Arabba se trouve à la jonction de plusieurs provinces et de plusieurs grands cols. Cette position centrale dans les Dolomites ne signifie pas que l’accès soit rapide : les routes sont sinueuses, les distances se mesurent moins en kilomètres qu’en temps.

Depuis Corvara, en Alta Badia, il faut franchir le Passo Campolongo. Le trajet demande environ vingt à trente minutes lorsque la route est dégagée.

Depuis Canazei/Cianacei, on rejoint Arabba par le Passo Pordoi en environ quarante à cinquante minutes.

Depuis Cortina d’Ampezzo/Anpezo, l’itinéraire passe généralement par le Passo Falzarego et le secteur du Col di Lana ; il faut compter autour d’une heure.

Depuis Belluno, la route remonte l’Agordino et demande environ une heure trente.

Depuis Bolzano/Bozen, il faut généralement prévoir entre deux heures et deux heures trente selon l’itinéraire et la circulation. Depuis Venise, comptez environ trois heures.

Ces durées peuvent augmenter fortement en été, pendant les grands événements cyclistes ou les week-ends d’hiver. Plusieurs cols peuvent également fermer temporairement à cause de la neige, du vent ou d’un risque d’avalanche.

Venir en transports publics

Arabba peut être rejointe en bus, mais le voyage demande de vérifier soigneusement les horaires et les correspondances.

Depuis la province de Belluno, le réseau Dolomitibus dessert la vallée de Fodom et relie les principaux centres de l’Agordino. Depuis le Südtirol, des lignes saisonnières relient Corvara, le Passo Campolongo et Arabba. Une desserte relie également Arabba au Passo Pordoi selon les périodes. Les horaires correspondants sont proposés dans les documents de l’office de tourisme d’Arabba.

La gare ferroviaire la plus pratique dépend du point de départ. Depuis le sud, Belluno constitue un nœud utile. Depuis le nord, on peut rejoindre Brunico/Bruneck ou Bressanone/Brixen, puis continuer en bus par la Val Badia. Depuis Trente ou Bolzano, des bus desservent la Val di Fassa, avec correspondance vers Arabba en saison.

Le réseau étant réparti entre plusieurs provinces, un trajet peut nécessiter des billets distincts. Il est préférable d’utiliser les applications des réseaux régionaux et de vérifier le dernier retour avant de partir.

Pourquoi Arabba fait rêver ?

Arabba ne possède pas la vie urbaine de Cortina d’Ampezzo, les rues commerçantes d’Ortisei/Urtijëi ni les grands hôtels historiques de certaines stations alpines. Son charme vient d’ailleurs.

Il tient à sa petite taille face à l’immensité des montagnes.

Le matin, le massif du Sella domine les toits encore dans l’ombre. À midi, les terrasses s’animent tandis que les télécabines disparaissent vers Porta Vescovo. Le soir, les cyclistes reviennent des cols, les derniers randonneurs descendent des sentiers et la lumière s’attarde sur les falaises.

Arabba est un village où l’on ressent constamment que plusieurs routes sont possibles. On peut monter vers la Marmolada, basculer dans la Val Badia, rejoindre le Val di Fassa, traverser le Passo Falzarego ou simplement marcher dans les prairies de Cherz. Chaque direction conduit à un autre paysage, une autre vallée et souvent une autre langue.

L’hiver, la Sellaronda transforme le village en point de départ d’un grand voyage à ski. L’été, les mêmes cols deviennent un défi pour les cyclistes et une route panoramique pour les voyageurs. Entre les saisons, Arabba retrouve un silence presque total, comme si les montagnes reprenaient possession des lieux.

C’est sans doute cela qui rend le village si attachant. Arabba ne cherche pas à rivaliser avec les sommets qui l’entourent. Elle reste simplement là, au fond de la vallée, petite, compacte et profondément alpine.

Un village de rêve, non parce qu’il serait irréel, mais parce que tout y semble plus intense : la lumière, le froid, l’altitude, le silence et cette sensation grisante d’être arrivé au centre même des Dolomites.

Crédit Photos:

Arabba été: Pavel Špindler, CC BY 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b3/Arraba_-It%C3%A1lie-_panoramio.jpg

Arabba hiver: Alexander Hoernigk, CC BY 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/25/Arabba_2002-09-26_08.05.18.jpg

Neige à Arabba: Zoran Kurelić Rabko, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/41/Arabba_-View_to_church-_panoramio.jpg

Sellaronda: kallerna, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f4/Marmolada_%2B_Sellaronda_tour_43.jpg

Castello di Andraz: Remo.lanzoni, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons // https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/Castello_di_Andraz.jpg

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