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Arriver à Jausiers, ça se mérite.

Il faut d’abord quitter les grands axes. Laisser derrière soi les autoroutes alpines, les vallées industrielles et les stations les plus connues. Puis la route s’engage dans les Alpes-de-Haute-Provence, remonte lentement la vallée de l’Ubaye, traverse Barcelonnette avant de poursuivre vers l’est. Peu à peu, les montagnes se rapprochent. Les sommets dépassent les 3 000 mètres. Les forêts de mélèzes gagnent les versants tandis que la rivière accompagne chaque virage dans un grondement parfois discret, parfois impétueux.

Et soudain, au détour d’une large courbe, apparaît Jausiers.

Le village ne cherche pas à impressionner. Il ne possède ni les façades colorées d’Annecy, ni l’animation de Chamonix, ni la renommée de Barcelonnette. Pourtant, quelque chose attire immédiatement le regard. Peut-être cette vaste plaine qui s’ouvre entre les montagnes. Peut-être cette lumière si particulière des Alpes du Sud. Ou peut-être cette sensation d’être arrivé dans un lieu où toutes les routes semblent conduire vers une nouvelle aventure.

Car Jausiers est un véritable carrefour alpin.

D’ici partent la spectaculaire route de la Bonette, le col de Larche ouvrant les portes du Piémont italien, le col de Vars rejoignant le Guillestrois, tandis que la haute vallée de l’Ubaye s’enfonce vers Saint-Paul-sur-Ubaye et Maljasset, au pied des plus hauts sommets du massif du Chambeyron.

Mais réduire Jausiers à une simple étape serait une erreur.

Le village raconte une histoire étonnante, celle de familles parties conquérir le Mexique avant de revenir bâtir d’élégantes demeures au cœur des Alpes. Il dévoile un patrimoine religieux remarquable, des paysages d’une diversité exceptionnelle et une atmosphère où la Provence rencontre déjà la haute montagne.

À Jausiers, chaque route est une promesse de découverte.

Pourquoi visiter Jausiers ?

On pourrait presque considérer Jausiers comme le point d’équilibre de la vallée de l’Ubaye.

À l’ouest, Barcelonnette concentre l’animation, les commerces et une partie de la vie culturelle de la vallée. À l’est commencent les grands espaces. Les villages deviennent plus rares. Les vallées s’élargissent avant de se refermer brusquement sous les sommets de plus de 3 000 mètres. Les cols prennent des allures de haute montagne et les routes semblent s’élancer vers le ciel.

Jausiers occupe précisément cette transition.

Son altitude, proche de 1 220 mètres, lui confère un climat agréable en été, tandis que son vaste plateau offre une respiration inattendue dans une vallée souvent encaissée. Les prairies entourant le village contrastent avec les pentes abruptes des montagnes. Les mélèzes montent progressivement jusqu’aux alpages, puis laissent place aux éboulis et aux crêtes minérales qui annoncent déjà les paysages du Mercantour et du massif du Chambeyron.

Cette situation privilégiée explique pourquoi Jausiers est devenu, au fil des siècles, un important lieu de passage entre la Provence, le Dauphiné et le Piémont italien. Marchands, pèlerins, militaires et voyageurs ont tous emprunté ces itinéraires, laissant derrière eux une histoire particulièrement riche.

Aujourd’hui encore, rares sont les villages des Alpes françaises qui offrent autant de possibilités d’excursions dans un rayon d’une trentaine de kilomètres.

Découvrir Jausiers, entre patrimoine et douceur de vivre

Contrairement à certains villages alpins entièrement reconstruits après les guerres ou modernisés par le tourisme, Jausiers a conservé une véritable identité.

Ici, les maisons traditionnelles côtoient d’imposantes demeures bourgeoises. Les petites rues convergent vers une place animée où cafés et commerces rappellent que le village reste vivant toute l’année. Les fontaines, les jardins et les vieux murs témoignent d’un art de vivre montagnard où l’eau a toujours occupé une place essentielle.

Le meilleur moyen de découvrir Jausiers consiste simplement à flâner.

Chaque rue réserve un détail architectural, une ancienne ferme soigneusement restaurée ou une perspective inattendue sur les montagnes environnantes.

Quelles curiosités voir à Jausiers ?
L’église de Jausiers

L’église Saint-Nicolas-de-Myre

Dominant discrètement le village, l’église Saint-Nicolas-de-Myre rappelle l’importance ancienne de Jausiers dans la vallée.

Reconstruite au XIXᵉ siècle sur des bases plus anciennes, elle impressionne par ses dimensions et la sobriété de son architecture. À l’intérieur, la lumière met en valeur un décor élégant où se mêlent retables, peintures et mobilier religieux témoignant de la prospérité passée de la vallée.

En sortant de l’église, le regard s’échappe immédiatement vers les montagnes. Peu de villages offrent une telle proximité entre patrimoine bâti et paysages alpins.

Le Fil de l’Ubaye, mémoire de l’industrie locale

L’histoire de Jausiers ne se résume pas aux cols et aux paysages. Le village fut également un centre économique actif grâce à l’industrie textile. C’est ici que la famille Laugier-Arnaud développa, au XIXᵉ siècle, une importante filature de soie connue sous le nom de Fil de l’Ubaye ou Filature Arnaud. Alimentée par les eaux abondantes de l’Ubaye, cette manufacture employa une partie de la population locale avant que plusieurs membres de la famille ne partent tenter leur chance de l’autre côté de l’Atlantique.

Cette filature constitue en quelque sorte le premier chapitre de l’épopée mexicaine. Avant les grandes fortunes réalisées à Mexico ou à Puebla, c’est ici, au pied des montagnes, que s’est forgé l’esprit d’entreprise qui allait transformer durablement la vallée.

Aujourd’hui encore, quelques bâtiments rappellent cette aventure industrielle discrète mais essentielle pour comprendre l’histoire de Jausiers.

Où sont nés les frères Arnaud premiers Barcelonnettes ?
Maison de naissance des frères Arnaud à Jausiers

Les villas mexicaines, une histoire née à Jausiers

Beaucoup associent les célèbres villas mexicaines à Barcelonnette.

Pourtant, l’une des plus belles pages de cette incroyable aventure commence ici, à Jausiers.

Au début du XIXᵉ siècle, plusieurs jeunes habitants de la vallée choisissent de tenter leur chance outre-Atlantique. Parmi eux figurent les frères Jacques, Dominique et Marc-Antoine Arnaud, originaires de Jausiers. Après un premier passage par la Louisiane, ils s’installent au Mexique où ils développent un important commerce de textiles. Leur réussite devient rapidement un modèle pour toute la vallée.

Des dizaines, puis des centaines d’Ubayens suivent leur exemple.

Au fil des décennies, ces entrepreneurs bâtissent de véritables empires commerciaux avant de revenir dans leur vallée natale. Avec leurs fortunes nouvelles, ils construisent d’élégantes demeures inspirées des villas européennes autant que des influences découvertes au Mexique.

À Jausiers, plusieurs de ces villas jalonnent encore les rues du village. Plus discrètes que celles de Barcelonnette, elles témoignent pourtant du même âge d’or économique. Derrière leurs grilles en fer forgé apparaissent des façades raffinées, des jardins arborés et une architecture qui surprend au cœur des Alpes.

Moins discrète que les autres car dominant tout le paysage, la bâtisse du Château des Magnans, d’un blanc éclatant résume la folie éclectique de cette épopée d’aventuriers.

Cette histoire singulière fait de Jausiers l’un des villages les plus originaux des Alpes françaises.

Que sont les villas mexicaines? L'exemple du château des Magnans
Le château des Magnans à Jausiers

Les paysages autour de Jausiers, un condensé des Alpes du Sud

Il suffit de quitter le village de quelques centaines de mètres pour comprendre pourquoi tant de voyageurs tombent sous le charme de Jausiers.

Contrairement à d’autres vallées alpines, souvent encaissées entre deux versants abrupts, l’Ubaye s’élargit ici en une vaste plaine d’altitude. Les prairies s’étendent autour du village, ponctuées de haies, de granges et de petits canaux d’irrigation qui rappellent l’importance historique de l’agriculture de montagne. Au printemps, les fleurs envahissent les prés tandis que les sommets conservent encore leurs derniers névés. En automne, les mélèzes prennent cette couleur dorée si caractéristique des Alpes du Sud et illuminent les versants jusqu’aux premières neiges.

Cette lumière constitue d’ailleurs l’une des signatures de l’Ubaye.

Protégée des influences océaniques, la vallée bénéficie d’un climat particulièrement ensoleillé. Les journées d’été sont souvent chaudes, presque provençales, mais les nuits retrouvent rapidement une agréable fraîcheur grâce à l’altitude. Cette rencontre entre climat méditerranéen et haute montagne donne naissance à une végétation étonnamment variée où les lavandes des basses pentes côtoient les vastes forêts de mélèzes et les pelouses alpines.

Depuis Jausiers, plusieurs promenades permettent de rejoindre les hameaux environnants ou de prendre un peu de hauteur sur le plateau. Sans difficulté particulière, elles offrent déjà de magnifiques vues sur le massif de la Bonette, les crêtes frontalières et les sommets du Chambeyron qui ferment l’horizon vers l’est.

Mais le véritable intérêt de Jausiers réside peut-être ailleurs.

Le village constitue le point de départ idéal pour explorer toute la haute vallée de l’Ubaye, l’un des territoires les plus sauvages des Alpes françaises.

L'Ubaye à Jausiers au debut de l'été
L’Ubaye à Jausiers au debut de l’été

Explorer la haute vallée de l’Ubaye

Au départ de Jausiers, chaque route raconte une histoire différente.

L’une grimpe vers les plus hauts cols routiers d’Europe. Une autre franchit la frontière italienne en suivant d’anciens itinéraires commerciaux. Une troisième remonte patiemment la vallée jusqu’aux portes du Parc national du Mercantour, entre forts militaires, villages d’altitude et montagnes dépassant les 3 000 mètres.

Plutôt que de multiplier les allers-retours, le mieux est de considérer Jausiers comme un camp de base à partir duquel rayonner chaque jour.

Le fort de Tournoux, la « Versailles militaire » des Alpes

À peine quelques kilomètres séparent Jausiers de l’impressionnant fort de Tournoux.

Accroché à la montagne entre 1 300 et près de 1 800 mètres d’altitude, cet ensemble militaire est souvent surnommé la « Versailles militaire des Alpes ». En découvrant ses casernes superposées, ses galeries, ses escaliers vertigineux et ses ouvrages creusés dans la roche, on comprend immédiatement pourquoi.

Construit au XIXᵉ siècle pour protéger la frontière italienne, le fort contrôlait l’ensemble de la vallée de l’Ubaye. Depuis ses différents niveaux, les panoramas sont spectaculaires. Le regard embrasse toute la vallée, les routes venant du col de Larche et les sommets qui entourent Jausiers.

Même sans visiter l’intérieur des ouvrages, le site mérite largement le détour pour son architecture militaire exceptionnelle et son implantation audacieuse dans la montagne.

Randonnée au vallon du Lauzanier
Le vallon du Lauzanier

La Redoute de Berwick, gardienne de la frontière

En poursuivant vers l’est, la vallée révèle un autre témoin de son passé militaire : la Redoute de Berwick. Plus modeste que le fort de Tournoux mais tout aussi stratégique, cette fortification complétait le système de défense imaginé pour verrouiller les accès à la haute Ubaye. Aujourd’hui encore, ses murs se fondent dans le paysage et rappellent combien cette vallée fut longtemps une frontière sensible entre la France et le Piémont, puis l’Italie.

La visite permet également de mesurer l’ingéniosité des ingénieurs militaires qui surent utiliser chaque relief pour contrôler les routes et les passages alpins.

Saint-Paul-sur-Ubaye, le dernier grand village de la vallée

Après La Condamine-Châtelard, la route s’élève progressivement au milieu des prairies, des mélèzes et des torrents. Peu à peu, les montagnes se referment autour de la vallée jusqu’à l’arrivée à Saint-Paul-sur-Ubaye, à plus de 1 450 mètres d’altitude.

Dernière véritable commune avant les hautes montagnes, Saint-Paul-sur-Ubaye possède un charme authentique. Les maisons de pierre aux toits de lauzes semblent avoir trouvé naturellement leur place dans ce décor minéral. Ici, la montagne impose encore son rythme. Les hivers sont longs, les étés courts mais lumineux, et la vie s’organise toujours autour des alpages.

Le village constitue un excellent point de départ pour découvrir les vallons sauvages qui rayonnent vers les crêtes frontalières. Les randonneurs viennent y chercher le silence, les grands espaces et cette impression de bout du monde qui caractérise la haute Ubaye.

Maljasset, aux portes de la haute montagne

Quelques kilomètres plus loin seulement, la vallée atteint l’un de ses plus beaux villages : Maljasset.

Blotti à près de 1 900 mètres d’altitude, ce petit hameau marque presque la fin de la route. Les sommets dépassant les 3 000 mètres ferment désormais l’horizon de toutes parts. Le Bric de Rubren, l’Aiguille de Chambeyron et les nombreuses cimes environnantes, dépassant les 3000 mètres d’altitude, composent un paysage d’une rare majesté.

Maljasset est depuis longtemps un haut lieu de l’alpinisme et de la randonnée. De nombreux itinéraires rejoignent les lacs d’altitude, les cols frontaliers et les refuges du massif du Chambeyron. Pourtant, même sans enfiler les chaussures de marche, il suffit de parcourir les ruelles du hameau ou de s’installer au bord de l’Ubaye pour apprécier toute la beauté du site.

Lorsque le soleil disparaît derrière les crêtes, le silence devient presque absolu. Seul le bruit du torrent accompagne la tombée du jour.

Le col de Larche, entre France et Piémont

Depuis Jausiers, la route du col de Larche s’engage vers le nord-est en suivant fidèlement l’Ubaye.

Contrairement aux grands cols spectaculaires des Alpes, cette ascension reste relativement douce. Les prairies s’étendent largement de part et d’autre de la route avant de laisser progressivement place aux alpages et aux pentes rocheuses.

À 1 991 mètres d’altitude, le col marque la frontière avec l’Italie. Depuis l’Antiquité, voyageurs, marchands, armées et pèlerins ont emprunté ce passage naturel reliant la vallée de l’Ubaye au Piémont. Aujourd’hui encore, il conserve une atmosphère paisible, loin de l’effervescence de certains cols plus célèbres.

Le vallon du Lauzanier, un joyau du Mercantour

Quelques kilomètres avant le col de Larche, une petite route conduit au vallon du Lauzanier, l’un des plus beaux espaces naturels de la vallée.

Protégé au sein du Parc national du Mercantour, ce vaste vallon déroule une succession de prairies alpines, de torrents, de zones humides et de lacs d’altitude dominés par les crêtes frontalières. Au printemps et au début de l’été, la flore y est exceptionnelle : gentianes, linaigrettes, orchidées sauvages et edelweiss colorent les pelouses d’altitude. En automne, les mélèzes dorés lui donnent une ambiance féérique.

La randonnée menant au lac du Lauzanier reste accessible à un large public et constitue l’une des plus belles balades familiales de toute la vallée de l’Ubaye. Les marmottes sifflent à l’approche des promeneurs, tandis que les chamois ne sont jamais très loin sur les pentes environnantes.

Ce paysage résume à lui seul toute la richesse des Alpes du Sud : une montagne encore sauvage, lumineuse et profondément préservée.

Traversée du col de la Bonette
La caserne Restefond sur la route du Col de la Bonette

La route de la Bonette, vers le toit des Alpes françaises

S’il est une route qui symbolise Jausiers, c’est bien celle de la Bonette.

À la sortie du village, la vallée s’efface progressivement. La route s’élève dans une succession de lacets parfaitement dessinés, franchit les derniers mélèzes avant de pénétrer dans un univers de plus en plus minéral. Les torrents deviennent plus fougueux, les alpages se couvrent de marmottes et les premiers sommets dépassant les 3 000 mètres apparaissent sur l’horizon.

Chaque kilomètre change de décor.

Les pâturages cèdent peu à peu la place aux pierriers, tandis que les fleurs d’altitude s’accrochent aux moindres replats. Plus l’on monte, plus le paysage devient immense. Les vallées semblent s’éloigner, les crêtes se multiplient et l’on comprend pourquoi cette route est considérée comme l’une des plus spectaculaires d’Europe.

Le col de la Bonette, à 2 715 mètres d’altitude, constitue déjà une étape exceptionnelle. Mais la plupart des voyageurs poursuivent jusqu’à la Cime de la Bonette, accessible par une boucle routière qui atteint 2 802 mètres, faisant de cette route goudronnée l’une des plus hautes d’Europe.

Là-haut, le panorama est vertigineux.

Vers le nord apparaissent les Écrins et le massif du Chambeyron. À l’ouest, les vallées de l’Ubaye s’étendent jusqu’aux portes de la Provence. Au sud se dressent les sommets du Parc national du Mercantour, tandis qu’à l’est les Alpes italiennes semblent se succéder jusqu’à l’horizon.

Même en plein été, il n’est pas rare d’apercevoir quelques névés accrochés aux pentes les plus ombragées. Le vent souffle souvent avec vigueur, rappelant que la haute montagne impose ici ses propres règles.

Pour les cyclistes, l’ascension depuis Jausiers est devenue une véritable légende. Plus de vingt kilomètres de montée régulière permettent de gagner près de 1 600 mètres de dénivelé, dans un décor qui devient toujours plus spectaculaire à mesure que l’on approche du sommet. Les amateurs de grands cols alpins considèrent souvent cette montée comme l’une des plus belles de France.

Le col de Vars, entre Ubaye et Queyras

En quittant Jausiers vers l’ouest, une autre route mythique mérite le détour : celle du col de Vars.

Moins austère que la Bonette, cette ascension traverse d’abord les villages de la moyenne vallée avant de rejoindre les forêts de mélèzes qui annoncent les hauts alpages. À 2 108 mètres d’altitude, le col ouvre soudain une fenêtre sur un autre visage des Alpes du Sud.

D’un côté s’étend la vallée de l’Ubaye. De l’autre commence le Guillestrois, porte d’entrée vers le Queyras. Cette position stratégique explique l’importance historique du passage, longtemps emprunté par les voyageurs et les commerçants reliant la Provence au Dauphiné.

Aujourd’hui, le col de Vars est surtout connu des amateurs de cyclisme. Régulièrement inscrit au programme du Tour de France, il offre une montée exigeante mais variée, ponctuée de panoramas toujours plus vastes sur les sommets environnants.

Pour le voyageur, il constitue surtout une magnifique excursion à la journée depuis Jausiers. En poursuivant la route, il devient possible de rejoindre Guillestre, les villages du Queyras ou encore le lac de Serre-Ponçon avant de revenir par Barcelonnette, dessinant ainsi une superbe boucle au cœur des Alpes du Sud.

Que faire près de Jausiers
Barcelonnette

Barcelonnette, l’élégante voisine

À moins de dix kilomètres de Jausiers, Barcelonnette constitue la principale ville de la vallée de l’Ubaye.

Ses places animées, ses commerces, son marché provençal et ses terrasses en font une halte agréable, idéale pour découvrir l’atmosphère si particulière de la vallée. Fondée au XIIIᵉ siècle par le comte de Provence Raymond Bérenger V, elle conserve un centre ancien élégant où les influences alpines et méridionales se mêlent naturellement.

Barcelonnette est également célèbre pour ses nombreuses villas mexicaines, construites par les Ubayens revenus fortunés du Mexique à la fin du XIXᵉ siècle. Cette étonnante histoire mérite à elle seule une visite approfondie et fait aujourd’hui de la ville l’un des ensembles architecturaux les plus originaux des Alpes françaises.

Depuis Jausiers, quelques minutes suffisent pour rejoindre Barcelonnette, profiter de son animation, visiter ses musées ou flâner dans ses rues avant de retrouver le calme de la haute vallée.

Un article spécifique y est dédié et nous vous laissons le découvrir dans son intégralité.

Que faire à Jausiers ? Les plus belles activités en toute saison

Jausiers possède une qualité devenue rare dans les Alpes françaises : le village vit toute l’année.

Bien sûr, l’été attire les randonneurs, les cyclistes et les amateurs de grands cols. L’hiver voit revenir les passionnés de ski nordique ou de raquettes. Mais les saisons intermédiaires révèlent également une vallée étonnamment paisible, où la lumière change chaque semaine et où les paysages semblent se réinventer sans cesse.

À Jausiers, on ne vient pas seulement visiter un village.

On vient vivre la montagne.

Randonner au cœur de paysages préservés

Depuis Jausiers, les possibilités de randonnée semblent infinies.

Les marcheurs occasionnels pourront rejoindre les chemins qui parcourent le vaste plateau entourant le village, longer les canaux d’irrigation ou gagner les premiers belvédères dominant la vallée. Ces itinéraires offrent déjà de magnifiques panoramas sur les sommets de l’Ubaye sans présenter de difficulté particulière.

Les randonneurs plus expérimentés prendront rapidement la direction du vallon du Lauzanier, de Maljasset ou de la vallée du Bachelard, où les sentiers conduisent vers des lacs d’altitude, des cols frontaliers et plusieurs refuges réputés. Chaque itinéraire traverse un environnement différent : vastes forêts de mélèzes, pelouses alpines couvertes de fleurs, torrents aux eaux cristallines puis paysages minéraux de haute montagne.

Au fil des kilomètres, les rencontres avec la faune deviennent fréquentes. Marmottes, chamois, bouquetins et parfois aigles royaux accompagnent discrètement les marcheurs dans ces espaces encore largement préservés.

Que voir autour de Jausiers
La campagne à la sortie de Jausiers

Le paradis des cyclistes

Pour beaucoup de passionnés de vélo, Jausiers évoque immédiatement la Bonette.

Mais limiter le village à cette ascension mythique serait réducteur.

Le col de Vars, le col de Larche, les routes de la haute Ubaye ou les petites boucles reliant les différents villages offrent des itinéraires d’une diversité exceptionnelle. Les cyclistes alternent longues montées régulières, descentes rapides, traversées de forêts et passages en balcon dominant toute la vallée.

L’ensoleillement généreux des Alpes du Sud permet d’ailleurs de pratiquer le vélo pendant une période particulièrement longue, souvent d’avril jusqu’aux premières neiges d’automne.

Il n’est pas rare de croiser, au détour d’un lacet, quelques-uns des meilleurs grimpeurs européens venus reconnaître les cols rendus célèbres par le Tour de France.

Découvrir l’Ubaye autrement

L’eau est partout présente autour de Jausiers.

Née au pied des sommets de la haute vallée, l’Ubaye accompagne le voyageur tout au long de son séjour. Son caractère change au fil des saisons : paisible au printemps dans les larges prairies, elle devient plus fougueuse lors de la fonte des neiges avant de retrouver une belle transparence en fin d’été.

Cette rivière est aujourd’hui l’un des hauts lieux français des sports d’eau vive.

Rafting, kayak, hydrospeed ou canoë permettent de découvrir la vallée sous un angle totalement différent. Les descentes alternent rapides, passages plus calmes et paysages spectaculaires dominés par les montagnes.

Même les visiteurs qui ne pratiquent aucune activité sportive apprécient les nombreux espaces aménagés au bord de l’eau, parfaits pour une pause ou un pique-nique durant les journées estivales.

Un hiver entre neige et soleil

L’hiver transforme profondément Jausiers.

Les grandes prairies disparaissent sous la neige tandis que les mélèzes se couvrent de givre. Les sommets qui dominent le village prennent une dimension encore plus imposante dans la lumière froide des matinées de décembre ou de janvier.

Le village possède un agréable domaine de ski nordique ainsi que plusieurs itinéraires de raquettes, particulièrement appréciés sur le plateau de Jausiers ou dans les vallées voisines.

Pour le ski alpin, plusieurs stations se trouvent à quelques minutes seulement :

  • Pra Loup, l’un des plus grands domaines skiables des Alpes du Sud ;
  • Le Sauze – Super Sauze, station familiale dominant Barcelonnette ;
  • Sainte-Anne-la-Condamine, réputée pour son enneigement naturel et ses panoramas.

Cette proximité permet de profiter de plusieurs ambiances au cours d’un même séjour tout en retrouvant, le soir, le calme du village.

Comment venir à Jausiers ?

En voiture

La voiture reste le moyen le plus simple pour rejoindre Jausiers et découvrir l’ensemble de la vallée.

Depuis Gap, il faut compter environ 1 h 45 en passant par le lac de Serre-Ponçon puis Barcelonnette.

Depuis Aix-en-Provence ou Marseille, le trajet dure environ 2 h 45 à 3 heures, selon l’itinéraire emprunté.

Depuis Nice, plusieurs possibilités existent : par les gorges du Var puis le col de la Cayolle en été, ou par Digne-les-Bains et Barcelonnette lorsque les cols sont fermés.

Les automobilistes doivent toutefois garder à l’esprit que plusieurs grands cols — notamment la Bonette et la Cayolle — ferment généralement entre la fin de l’automne et le printemps en raison de l’enneigement.

En train

Jausiers ne possède pas de gare ferroviaire.

Les gares les plus proches sont Gap, Embrun et Aix-en-Provence TGV. Depuis ces villes, des autocars régionaux permettent de rejoindre Barcelonnette puis Jausiers.

Même si le trajet demande une correspondance, cette solution permet de découvrir la vallée sans voiture.

En bus

Le réseau régional Zou ! dessert quotidiennement la vallée de l’Ubaye.

Des lignes régulières relient notamment Gap, Embrun, Marseille, Digne-les-Bains et Barcelonnette à Jausiers. En été, ces liaisons sont particulièrement appréciées des randonneurs et des cyclistes qui souhaitent parcourir les grands cols sans reprendre leur véhicule.

Une fois sur place, quelques lignes locales permettent également de rejoindre plusieurs villages de la haute vallée, même si la voiture reste préférable pour explorer l’ensemble du territoire.

Quelle est la meilleure saison pour visiter Jausiers ?

Chaque saison révèle un visage différent de la vallée.

Le printemps voit refleurir les grandes prairies autour du village tandis que les sommets restent enneigés. Les contrastes sont magnifiques, même si certains cols demeurent encore fermés.

L’été est la saison idéale pour parcourir les routes mythiques de la Bonette, du col de Vars ou du col de Larche. Les journées sont longues, très ensoleillées, mais l’altitude garantit des nuits fraîches et agréables.

L’automne constitue sans doute la plus belle période pour les amoureux de photographie. Les mélèzes prennent des teintes dorées qui embrasent littéralement les montagnes, tandis que la fréquentation diminue fortement.

L’hiver offre une ambiance beaucoup plus paisible. La neige transforme les paysages, les stations voisines retrouvent leur animation et les vallées deviennent un terrain privilégié pour le ski nordique, les raquettes ou tout simplement les promenades dans un silence presque absolu.

Pourquoi choisir Jausiers ?

Certains villages sont célèbres pour leurs monuments.

D’autres pour leurs stations de ski ou leurs paysages.

Jausiers possède quelque chose de plus rare : une situation exceptionnelle.

Ici, chaque route ouvre un nouveau monde. Celle de la Bonette grimpe vers les plus hautes altitudes routières d’Europe. Celle du col de Larche franchit les Alpes vers le Piémont italien. La haute vallée conduit jusqu’aux portes du massif du Chambeyron, tandis que le col de Vars ouvre l’accès au Guillestrois et au Queyras.

Entre ces itinéraires se niche un village qui a su préserver son identité. Son étonnante histoire tournée vers le Mexique, son patrimoine discret, ses grandes prairies, sa lumière incomparable et l’accueil chaleureux de ses habitants lui confèrent une personnalité singulière.

On vient souvent à Jausiers pour gravir la Bonette.

On y revient pour tout le reste.

Parce qu’au fil des jours, on découvre qu’il ne s’agit pas simplement d’une étape au cœur des Alpes du Sud, mais d’un lieu où les montagnes racontent autant d’histoires que les hommes qui les ont traversées. Et lorsque l’on reprend la route, il suffit de jeter un dernier regard vers les sommets qui entourent le village pour comprendre que Jausiers n’est pas seulement un point de passage : c’est une destination à part entière.

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