Autour d’Avoriaz de nombreuses randonnées permettent de profiter de magnifiques paysages. Mais il y en a une que je vous conseille tout particulièrement car elle est longue, parfois panoramique, parfois confidentielle et elle alterne des moments où vous éprouverez le sentiment d’être « seul au monde » et d’autres au cours desquels vous profiterez de la convivialité.
Cette randonnée, en boucle autour d’Avoriaz, passe donc par des étapes, qui peuvent être, chacune séparément, autant d’objectifs de randonnée si vous sentez que c’est trop long à faire en une fois.
Vous passerez par :
- la pointe du Fornet
- la pointe de Chavanette
- la cascade des Brochaux
- le village des Lindarets
- le col de la Joux Verte
Il y en a pour une journée entière, en partant tôt le matin. Et il vaut mieux la faire dans ce sens car la remontée du vallon des Brochaux vers Cuboré serait trop longue et désagréable dans la partie centrale du parcours.

Les crêtes frontalières d’Avoriaz.
Le matin, direction la frontière. Oui, la crête au-dessus de laquelle se lève le soleil le matin, c’est la frontière avec la Suisse. Et c’est dans cette direction qu’il vous faudra partir en longeant le lac d’Avoriaz. Sur la droite vous resterez au frais et à l’ombre des Hauts-Forts dont le sommet accessble est le point culminant du Chablais (2466m) : c’est le meilleur plan pour débuter la journée.
Direction la pointe du Fornet
En bas du télésiège du Fornet, vous allez retrouver le sentier qui à travers les pelouses alpines parsemées de myosotis et de gentianes bleues vous fera gravir les 500 mètres de dénivelés pour atteindre les 2300 mètres de la Pointe du Fornet. Les derniers mètres après la gare supérieure du télésiège sont une véritable aventure aérienne. La pente est très forte et la sensation de vertige augmente en apercevant le fort dénivelé abrupt entre le sommet des Hauts-Forts et le fond de la Vallée de la Manche (dont le célèbre lac des Mines d’Or est un joli point d’arrivée d’une balade depuis Morzine). Plus de 1200 mètres de vide devant vous, par-delà le col du Fornet, que vous venez de quitter. De l’autre côté, vous commencez à apercevoir la crête frontalière vertigineuse qui sépare la France de la Suisse d’une barrière infranchissable. Plus loin la Pointe de Vorlaz, qui domine Avoriaz s’érige telle un rempart bien protégé. Vu d’ici le plateau d’Avoriaz semble bien encaissé, et pourtant il est tellement plat et ensoleillé ! Mais ce n’est pas fini, ce n’est qu’aux abords du sommet, que vous allez faire la rencontre tant attendue. A l’horizon, par ciel dégagé, le Mont Blanc surmonte de sa blancheur tous les sommets. Et ce sera votre récompense pour cette première étape.

Ensuite le long des crêtes vers la pointe de Chavanette
Pour la suite, direction, la Pointe de Chavanette, par le sentier sur la crête ou par les chemins tracés pour entretenir les pistes de ski. Moins pittoresque, mais efficace. Le sentier monte fort jusqu’à la Pointe de Chavanette, à 2200 mètres d’altitude, à partir de laquelle vous pourrez apprécier le paysage vertigineux qui s’offre à vous : les Dents du Midi (au-delà de 3200m) et les Dents Blanches (2700 mètres environ). Ces dernières dépassent de la crête frontalière lorsque vous l’observez de la station d’Avoriaz.
Les Dents du Midi, pointues, acérées, font penser à un paysage de Tolkien, et elles surplombent un paysage bucolique fait de fermes, pâturages et forêts… tout ce qu’il y a de plus suisse ! On entend résonner les cloches des vaches lorsque le vent tourne du bon côté, et on peut s’amuser à les repérer dans la pente en suivant de l’oreille le tintement.
Si haut au-dessus du paysage, on ressent une grande légèreté et une grande liberté. La tentation est forte de rester là et profiter de cet instant méditatif, mais le chemin est encore long. Il faut y aller.

Deuxième étape: la descente du Vallon des Brochaux
Laissez derrière vous les crêtes frontalières et dirigez-vous vers le Col de Cuboré. On quitte ici la vallée d’Avoriaz pour rentrer dans une vallée qui se termine au Lac de Montriond. La bonne nouvelle, c’est que vous entamez ici une longue descente. La première pente, dans le vallon de Cuboré est assez marquée et demande une certaine vigilance. En hiver, orientée au Nord, cette pente est souvent verglacée et demande aux skieurs novices beaucoup d’attention avant de pouvoir atteindre la longue piste de l’Abricotine, véritable promenade qui suit le parcours du chemin que vous allez parcourir en été.
Laissez la Pointe des Mossettes dont le sommet se trouve en Suisse alors qu’à mi-pente on est toujours en France et descendez en suivant le lit d’un petit torrent. Petit à petit, vous recommencerez à apercevoir des arbres, des forêts, des lieux où vous pourrez vous reposer à l’ombre. Car plus haut, c’est assez dégarni. Dégarni, mais très vert, le climat du Chablais étant relativement plus humide que d’autres régions des Alpes du Nord. Une fois l’altitude de 1600 mètres atteinte, vous arriverez à un ancien hameau entièrement rénové, Les Brochaux, où vous pourrez vous arrêter pour une pause rafraîchissante dans un café-restaurant. A quelques mètres, par un terrain traversé par les méandres d’un petit torrent, vous pourrez admirer une petite cascade, lieu de rendez-vous des touristes de la région. Ne vous attendez pas une cascade au débit impressionnant ; c’est surtout un havre de fraîcheur, idéal pour une pause après la longue marche.

Les Lindarets, le village des chèvres
Continuez quelques centaines de mètres dans le sens de la descente, et vous tomberez sur le ravissant (et très touristique) du village des Lindarets. Ce village est connu par son surnom : « le village des Chèvres », car un troupeau d’une quarantaine de chèvres s’y promène en liberté au milieu des tables de restaurant, des voitures, des passants et des étals des boutiques.
On remarquera l’architecture des maisons en pierres, aux balcons en bois et aux toits recouverts de tavaillons, de petites tuiles plates en bois, typiques de la Haute-Savoie et de Suisse, que vous retrouvez dans l’architecture plus verticale d’Avoriaz.
Ancien village jusqu’au début du XXème siècle, il s’est dépeuplé et dans les années 50 il ne restait plus qu’un hameau avec des maisons délabrées, utilisé par les bergers qui menaient leurs animaux en alpage dans le vallon. Aujourd’hui, en saison (hiver et été) c’est « the place to be » pour acheter des produits d’artisanat local, et des produits du terroir.
Après ce retour à la civilisation, il est temps de remonter à Avoriaz par le col de la Joux Verte.

Le retour à Avoriaz par le Col de la Joux Verte.
Le mot « Joux » signifie « Forêt ». Et en effet, c’est par une belle forêt de conifères, ombragée et fraîche que l’on remonte des Lindarets (1408m) au Col de la Joux Verte (1760m) . Comptez deux heures pour profiter de cette promenade de 8 kilomètres environ.
Cela vous laissera le temps de contempler la flore très abondante qui égaye la forêt. Notamment les épilobes, hautes et roses qui font un beau contraste avec le manteau sombre des forêts de sapins.
Pour remonter vers le col, vous commencerez par parcourir les lacets de la route carrossable, jusqu’au lieu-dit « l’Envers ». Un sentier part alors sur la droite et s’enfonce dans la Joux Verte, la forêt. Vous arriverez après 2,5 km de ce sentier boisé en corniche, à une bifurcation. Si vous avez encore les jambes vous pouvez descendre une centaine de mètres de dénivelé (et les remonter ensuite) jusqu’au belvédère sur le très vert lac de Montriond qui occupe le fond de la vallée 600 mètres plus bas. C’est très beau et photogénique. Sinon, vous prenez à gauche et vous remontez les pentes de la montagne de Seraussaix jusqu’à atteindre une crête boisée et jonchée de myrtillers qui vous ramènera vers le petit café du Col de la Joux Verte, surplombant le Golf d’Avoriaz, en face des sommets des Hauts-Forts et de la Pointe de Ressachaux, au-dessus des hameaux du vallon des Ardoisières.

Un dernier effort vous conduira à la chapelle d’Avoriaz, œuvre moderne de Novarina, et la station va enfin apparaître devant vos yeux.
Cette randonnée de plus d’une vingtaine de kilomètres vous permet de découvrir les paysages du Chablais. Les sommets ne sont jamais inatteignables, les alpages sont agréables et ensoleillés, les troupeaux de vaches égayent les pentes du son de leurs cloches, les ruisseaux et torrents coulent au fond des vallées vers des lacs aux eaux pures. Les paysages sont vastes, l’air et frais, surtout dans les forêts tapissées de fleurs.
Cette randonnée autour d’Avoriaz est un concentré de tout cela. Mais si vous préférez vivre chaque expérience séparément, rien ne vous empêche de la découper à votre guise en plusieurs sorties.

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